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Quel avenir pour la CDEC?

Économie, Vie de quartier
Les membres, partenaires, entrepreneurs, citoyens et élus étaient conviés mardi à la célébration des 30 ans de la CDEC.
Les membres, partenaires, entrepreneurs, citoyens et élus étaient conviés mardi à la célébration des 30 ans de la CDEC. (photo : Sylviane Robini Photographe, courtoisie de la CDEC CSPMR)

C’était une fête aux allures de bilan qui se tenait mardi dans les locaux de la Corporation de développement économique communautaire Centre-Sud/Plateau-Mont-Royal (CDEC CSPMR).

C’était en effet la dernière assemblée générale de la CDEC telle qu’on la connaît, dans le contexte de la fusion annoncée au début de l’année.

La députée fédérale Hélène Laverdière, qui était de passage à Montréal pour l’occasion, affirme avoir rencontré « beaucoup de gens tristes de voir disparaître une institution » de développement local comme la CDEC CSPMR, qui était active depuis 30 ans dans sa circonscription. Si les mandats de la CDEC sont maintenus, les nouvelles structures devront desservir un plus grand territoire avec moins de ressources, déplore la députée de Laurier-Saint-Marie, qui rappelle que l’Agence de développement économique du Canada dispose de surplus dans un fonds de plusieurs dizaines de millions de dollars qui pourraient être investis dans le réseau des CDEC.

« C’est très inquiétant », confirme une jeune femme ayant bénéficié des services de la CDEC, qui dit craindre « un appauvrissement du quartier ». La centralisation des services risque de se traduire par « une perte d’accompagnement individuel », déplore la résidente du Mile-End, qui souligne l’importance de ce genre de services pour l’intégration des entrepreneurs immigrants comme elle.

Des retombées à célébrer

Depuis 1986, ce sont plus de 7000 entreprises qui ont été accompagnées par la CDEC CSPMR et plus de 600 entreprises qui ont été soutenues financièrement, à auteur de près de 16,5 millions de dollars. L’organisme en estime les retombées à 85 millions de dollars. Au-delà des services de placement, de formation et de réseautage, ainsi que les services de première ligne aux entrepreneurs en démarrage ou en expansion, ou encore des programmes de bourses et de subventions, c’est toute une expertise de développement local qui risque d’être affaiblie par la fusion.

Face à l’incertitude qui plane sur l’avenir de la CDEC, de nombreux intervenants ont souligné les succès qui jalonnent les 30 ans d’action locale et de concertation communautaire.

« Il y a beaucoup de créativité dans ce milieu », constate Céline Charpentier, une ancienne directrice de la CDEC qui dirige aujourd’hui le Comité sectoriel de main d’œuvre économie sociale et action communautaire (CSMO-ESAC), qui invite à « garder le bébé et ne pas le jeter avec l’eau du bain ».

Gilles Trépanier, ancien conseiller à l’économie sociale à la CDEC, rappelle le rôle clé joué par cette dernière dans la préservation des espaces dans les quartiers centraux en soutenant les efforts d’Ateliers créatifs pour la sauvegarde de l’usine Grover. Plus récemment, la CDEC a également été impliquée dans la négociation de l’entente entre le regroupement Pi2 et Allied Properties pour le maintien d’ateliers d’artistes dans le secteur Saint-Viateur Est du Mile-End.

Marise Guidon, représentante citoyenne au conseil d’administration de la CDEC, souligne pour sa part l’importance de maintenir une « communauté mobilisée, engagée » autour d’institutions de développement local « capables de marier développement économique et développement social » et de mener à bien des projets de réaménagement urbain comme celui de l’échangeur des Pins.

La mobilisation locale, « c’est l’âme de la CDEC », ajoute la conseillère de direction au CSSS Jeanne-Mance, récemment intégré au CIUSSS Centre-Est-de-l’Ile-de-Montréal.

L’implication citoyenne ne disparaîtra certainement pas avec la CDEC CSPMR, comme en témoigne la forte mobilisation autonome autour du réaménagement des abords de la voie ferrée dans le nord du Mile-End, mais le directeur général Luc Rabouin sortant s’inquiète néanmoins de l’impact qu’aura la fusion sur le « travail de concertation et de soutien à des projets structurants dans nos quartiers plus dévitalisés ou en redéveloppement », tels que la revitalisation du Plateau Est ou la reconversion des grands sites hospitaliers comme l’Hôtel-Dieu.

Malgré la fusion, le concours Entrepreneurs audacieux recherchés qui vise à « promouvoir les opportunités d’affaires, soutenir des entreprises structurantes et accompagner des entrepreneurs audacieux » est maintenu. La date limite de mises en candidatures est le 30 août et la prochaine rencontre d’information obligatoire pour les participants se tiendra le mardi 14 juillet.

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