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Le documentaire social dans un parc près de chez vous

Culture, Vie de quartier
Cinéma urbain
Depuis 2010, Cinéma sous les étoiles propose des projections de documentaires à caractère social dans les parcs de la ville (photo : Funambules Médias)

C’est incontestable : regarder un film à la belle étoile est désormais une habitude estivale pour plusieurs Montréalais. L’un des précurseurs de la tendance : le Cinéma sous les étoiles qui, pour une sixième édition consécutive, propose des projections de documentaires à caractère social dans les parcs de la ville.

« Depuis le début, notre objectif est clair : diffuser des films engagés pour promouvoir la justice sociale et provoquer l’action citoyenne, explique Nicolas Goyette, co-coordonnateur du projet.

Présenté par Funambules Médias, une coopérative d’artisans du cinéma documentaire, Cinéma sous les étoiles cherche aussi à élargir les publics et à insuffler une seconde vie à des documentaires qui n’ont pas réussi à rejoindre une grande audience.

« Beaucoup de gens croient à tort qu’il faut être un cinéphile pour apprécier les documentaires à caractère social et politique, se désole le coordonnateur. Ce n’est donc pas un hasard si l’on a choisi d’appeler le projet Cinéma sous les étoiles ; on voulait ratisser large et rendre le documentaire plus accessible ».

L’initiative a fonctionné. Certains soirs, son équipe et lui parviennent à attirer des centaines de personnes de tous les âges pour assister à des longs-métrages, tantôt sur les Premières Nations, tantôt sur la question de l’exploitation du territoire.

« La plupart du temps, les gens ont aussi un fort intérêt pour les discussions avec les réalisateurs ou les intervenants engagés qui suivent les projections », précise Nicolas Goyette.

En juin dernier, le philosophe et sociologue Alain Deneault a d’ailleurs attiré les foules en animant une discussion sur la problématique des paradis fiscaux.

Réappropriation des espaces publics

Cinéma sous les étoiles, qui a débuté en 2010 dans le parc Laurier, se déploie aujourd’hui dans dix arrondissements de la métropole. Au total, c’est près d’une cinquantaine de documentaires réalisés aux quatre coins du monde qui sont présentés aux Montréalais cet été.

« On a même une collaboration avec une ferme dans les Laurentides et plusieurs villes ont aussi manifesté leur intérêt », lance Nicolas Goyette, qui espère voir le projet se développer à l’échelle de la province.

Au-delà du documentaire, c’est aussi l’aspect de la réappropriation des espaces publics que le coordonnateur souhaite mettre de l’avant. « On invite les gens à réinvestir les parcs, pas seulement pour boire de la bière, mais aussi pour discuter de problématiques sociales et amener un débat permanent », indique-t-il avec un clin d’oeil aux nombreuses contraventions données récemment pour la consommation d’alcool dans les parcs de l’arrondissement.

La chasse au financement

 Même si le projet ne cesse de se développer, la question financière est loin d’être réglée. « On a un peu plus de fonds publics qu’avant, mais on ne reçoit aucun soutien financier pour le fonctionnement de Cinéma sous les étoiles », explique le coordonnateur.

À défaut d’un financement récurrent, son équipe et lui doivent appliquer pour des subventions à chacun des projets, et ce, sans aucune garantie. « Par conséquent, on est très vulnérable et à chaque année, tout est à recommencer », conclut-il.


Le Cinéma sous les étoiles est le seul festival francophone destiné au documentaire social en Amérique du Nord et se poursuit jusqu’au 8 septembre. Pour voir la programmation 2015, c’est ici.

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