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Le Plateau discute de l’industrie pétrolière au Québec

Culture, Environnement
Ian Jaquier
Le réalisateur Ian Jaquier (à gauche) a discuté des enjeux de l’industrie pétrolière au Québec avec des résidents de l’arrondissement (photo : Les productions du Rapide-Blanc)

Sommes-nous prêts à sacrifier le Golfe du Saint-Laurent pour les promesses de l’or noir? C’est la question centrale du documentaire L’or du golfe, projeté à la Maison d’Aurore lundi soir dernier en présence du réalisateur Ian Jaquier.

2011. La levée du moratoire québécois sur l’exploitation d’hydrocarbures dans les eaux du Golfe du St-Laurent ouvre grand la porte à une chasse au pétrole. Du jour au lendemain, les pétrolières ont « envahi » la province malgré les inquiétudes des citoyens.

En Gaspésie, par exemple, les habitants se sont farouchement opposés aux puits de forage de la compagnie Pétrolia, installés trop près de leurs maisons et de leurs sources d’eau potable. Le chanteur et comédien Kevin Parent, qui vit sur les rives de la baie des Chaleurs, s’est senti personnellement interpellé par le conflit et s’est associé au réalisateur pour mieux comprendre les enjeux de l’exploitation pétrolière au Québec.

Une industrie profitable?

« Le but de notre film, c’est de générer un débat et de mettre en évidence les fausses promesses des compagnies pétrolières et des politiciens, explique le réalisateur Ian Jaquier. La course au pétrole n’est pas un projet de société, mais celui d’une poignée d’actionnaires ».

Un exemple évocateur dans le documentaire : le Dakota du Nord, l’un des États américains les moins peuplés et qui s’est jeté tête baissée dans l’exploitation du pétrole de schiste. La ruée vers l’or noir a attiré des travailleurs de partout en Amérique, séduits par cet « eldorado ». En contrepartie, elle a aussi provoqué d’immenses problèmes sociaux : flambée du prix des logements, augmentation de la criminalité et une population locale traitée en citoyens de seconde classe, entre autres.

Dans la salle, une vingtaine de résidents étaient présents pour partager leurs commentaires et leurs inquiétudes avec le documentariste. Rapidement, la problématique de l’acceptabilité sociale a été soulevée.

« Les compagnies pétrolières n’ont jamais demandé aux Québécois s’ils étaient en accord ou non avec leurs projets de forage, indique Ian Jaquier. Depuis des années, ces entreprises consacrent temps et argent pour faire disparaître toute forme d’opposition ».

La discussion s’est aussi orientée sur l’opération charme de l’industrie pétrolière, qui promet plusieurs emplois dans les régions concernées.

« Les habitants des régions – qui sont les véritables protecteurs du Golfe du St-Laurent – sont malheureusement prêts à faire des gros sacrifices pour stimuler le création d’emplois et ça, les pétrolières et les politiciens l’ont très bien compris, souligne le réalisateur. Le gouvernement s’en fout de rembourser la dette ou non; tout ce qu’il souhaite, c’est de se faire réélire aux prochaines élections ».

Les commentaires des citoyens dans la salle sont sans équivoque : avant de se laisser berner et d’assister à une nouvelle marée noire, comme celle qui a contaminé les côtes des Îles-de-la-Madeleine en 1970, il est peut-être temps de s’attaquer à notre dépendance au pétrole en développant des nouvelles technologies.

Une lueur d’espoir

« J’ai beaucoup voyagé au Québec pendant le tournage du film et j’ai constaté que dans chaque petit village, il y a des groupes de résistance qui sont en train de se former, se réjouit Ian Jaquier. C’est un phénomène que l’on remarque moins à Montréal, et plus que jamais, il faut des actions pour mobiliser la conscience citoyenne et encourager les Québécois à s’informer ».


La Maison d’Aurore, située rue Garnier à l’angle de la rue Gilford, est un centre de regroupement et d’action communautaire qui organise régulièrement des événements autour d’enjeux locaux et régionaux. Pour les personnes intéressées, une version abrégée du documentaire L’or du golfe est disponible sur le site de Radio-Canada.

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