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Tu es une caricature

Culture, Vie de quartier

Quand Stéphane, le rédacteur en chef de Pamplemousse, m’a approché pour me demander de blogguer sur les français du Plateau, ma première réaction fut de refuser net.

« Je manque de temps », « Je n’écris pas bien », « Pourquoi moi plutôt qu’un autre ? », autant d’excuses dont je me suis servies pour tenter de décliner son offre. Le problème c’est qu’au fond de moi, le challenge m’attirait beaucoup … C’est un sujet épineux donc passionnant. Qui plus est, je pense pas mal maîtriser le dossier. Mais je devais être raisonnable. J’ai déjà trop de choses à faire donc ce n’est pas le moment de me charger encore plus la mule. Ce sera non.

Puis Stéphane me répondit : « Pourquoi toi? Et bien tout simplement parce que tu es une caricature.

Comment ça une caricature ?

Mais oui, no offense, mais tu es le parfait stéréotype! Tu es arrivé à Montréal pour faire tes études en 2009, puis t’es tombé en amour avec une québécoise et résultat ça fait maintenant 6 ans que tu habites sur le Plateau sans avoir moindrement l’intention d’en partir. Tu étais aux HEC Montréal, tu travailles dans une start-up techno, tu connais le Plateau comme ta poche et vis les différences franco-québécoises au quotidien. Et je suis sûr que tu as une Canada Goose… Maudit toi, tu es mon français parfait ! »

Puis j’y ai réfléchi et c’est vrai que je suis sans doute une caricature qui représente finalement bien cette nouvelle classe sociale. Celle qu’on nomme avec un soupçon de dédain « Les français du Plateau ».

Alors j’ai accepté de relever le défi.

Excité par cette nouvelle aventure qui débutait, j’ai commencé à réunir mentalement tout un tas de sujets dont je pouvais potentiellement parler. Moi qui pensais que j’allais manquer d’inspiration, ce fut tout le contraire! Les idées se bousculèrent dans ma tête. Quand je pensais avoir trouvé le parfait sujet, un autre surgissait, encore meilleur, plus typique, plus piquant et donc plus savoureux. Ce ne fut pas le syndrome de la page blanche dont je souffris mais celui de l’embarras du choix. Plutôt bon signe, me suis dis-je.

Alors quels étaient finalement ces sujets ? Il y a en de toutes sortes à vrai dire. Il y a tout d’abord les grands classiques, qui méritent sans doute d’être mieux documentés, mieux expliqués afin de démystifier tout un tas d’idées reçues. Puis il y a les sujets plus méconnus, ces petites différences que seul un œil bien aiguisé sera à même de noter. Et enfin, il y a ces sujets un peu plus profonds, ceux pour lesquels il est nécessaire de faire un retour dans le passé, parfois lointain, afin de bien comprendre les racines de ces deux nations qui tentent de cohabiter tant bien que mal. Alors par où commencer ?

Ces réflexions m’ont donc amenées à structurer ce que j’allais écrire. Comment distraire et éduquer en même temps ? Puisque c’est finalement le but. Ma réponse à cela fut de me dire qu’il fallait partir des petits détails de la vie du quotidien. Ces petites réflexions que l’on se fait, d’un côté comme de l’autre, lorsque l’on se murmure « Ils sont quand même étranges ces gens là ». Car en partant de ces petites anecdotes, souvent drôles, puis en prenant du recul, on arrive finalement à comprendre l’essence de ces différences. Une fois décortiquées et exposées au grand jour, nos différences ne nous opposent plus. Au contraire, elles deviennent une vraie force.

Ainsi démarre donc cette (grande) aventure que j’ai décidé de signer de mon nouveau nom d’auteur amateur voulant préserver son intimité : « Le Plateau parle Français » ou LPPF pour les intimes. Parce que oui les Français sont des cons. Mais, croyez-moi, les Québécois aussi !

Vous allez donc bouffer de la poutine au foie gras, une fois toutes les deux semaines, et ce, jusqu’à épuisement des sujets. Ou de l’auteur. Autant vous dire que ce n’est pas pour tout de suite !

– Le Plateau parle Français

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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