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AirBnB complique la vie des locataires à faibles revenus

Économie, Immobilier
Rue du Plateau Mont-Royal
AirBnB a un tel pouvoir d’attraction que certains propriétaires se débarrassent de leurs locataires pour profiter de la manne. (Photo: Wikipedia)

Le problème d’abordabilité des logements sur le Plateau est aggravé par un « effet spéculatif », lié notamment aux activités de location touristique illégale par le biais de plateformes comme AirBnB, dénonce Richard Ryan, conseiller du Mile-End.

Selon une enquête réalisée par Radio-Canada à la fin de l’année dernière, le Plateau est le royaume du AirBnb avec pas moins de 1 300 logements mis en location par des particuliers. Ce nombre représente environ 2 % de l’ensemble des logements du Plateau. « Ce n’est pas anecdotique », lance Richard Ryan. Le conseiller rappelle que la Ville de Montréal s’est engagée en juin dernier à établir des règles visant l’encadrement des plateformes de location de logements entre particuliers, en collaboration avec le gouvernement du Québec.

Lors de la période de questions au conseil d’arrondissement de la semaine dernière, Monique Ronsenfarb, une résidente sur la rue Henri-Julien, disait constater la multiplication des locations et sous-locations à court terme autour du Carré Saint-Louis. « Cela nous inquiète, cette mainmise sur les logements », avait-elle ajouté en soulignant les nuisances causées par les locations touristiques.

Une autre résidente disait pour sa part s’inquiéter du phénomène des évictions de locataires par des propriétaires qui souhaitent louer leurs logements sur AirBnb ou d’autres plateformes similaires. « Je pense que c’est un phénomène assez récurrent », a déclaré Christiane Fabrigue.

« Ça met de la pression pour évincer les locataires », confirme Richard Ryan, qui note cependant que davantage d’évictions sont liées à des projets de rénovation ou de conversion en condo.

Le problème, c’est qu’il est compliqué pour l’arrondissement d’intervenir pour mettre fin à la pratique des locations touristiques illégales. « C’est très difficile d’avoir des preuves », note Richard Ryan, qui explique que les ressources des inspecteurs sont insuffisantes pour monter des dossiers assez solides pour poursuivre les locateurs.

« Ça mériterait qu’il ait une commission qui se penche là-dessus », conclut le conseiller de Ville. Le gouvernement du Québec a annoncé son intention d’encadrer l’hébergement touristique illégale, mais les mesures législatives annoncées se font toujours attendre.

Lire également notre texte sur l’abordabilité des logements.

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