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Élections 2015: les candidats répondent à nos questions (2 de 4): le développement commercial

Économie, Politique
Les vitrines de ce local qui abritait une succursale du détaillant de vêtements Mexx sur Saint-Denis sont placardées.
Les vitrines de ce local qui abritait une succursale du détaillant de vêtements Mexx sur Saint-Denis sont placardées. (photo : Simon Van Vliet)

Il y a plusieurs jours, nous avons envoyé un questionnaire détaillé, portant sur plusieurs thèmes chers aux électeurs du Plateau, à tous les candidats dans le comté de Laurier—Sainte-Marie.

Les candidats à l’élection fédérale du 19 octobre prochain devaient réagir à chaque question par une réponse de 100 mots maximum, histoire de ne pas créer de déséquilibre entre les réponses d’un candidat à l’autre et… de ne pas tester vos nerfs de lecteurs!

Quatre thèmes ont été abordés : logement, développement commercial, transport, soutien à l’action communautaire. Aujourd’hui, nous abordons le deuxième : le développement commercial. Les réponses seront livrées par ordre alphabétique du nom de famille du candidat. Ont répondu les candidats des partis vert, bloquiste, néo-démocrate, communiste et marxiste-léniniste; pas ceux des partis libéral, conservateur et rhinocéros.

Le développement commercial

Ottawa dispose de nombreux programmes de soutien à l’entrepreneuriat. Ils sont souvent méconnus de nos entrepreneurs. D’autre part, le quartier souffre de la spéculation foncière, qui se traduit par de nombreux locaux vides.

Comment soutenir l’entreprise indépendante, principal employeur au pays?

Gilles Duceppe, Bloc Québécois

Le Bloc veut créer des outils financiers pour favoriser l’investissement et la modernisation des entreprises et ainsi augmenter leur productivité : Mettre en place un programme de prêts et de garanties de prêts pour aider les entreprises à se moderniser. La mise en place de ce programme permettrait de diminuer les taux d’intérêts payés par les entreprises qui investissent parce qu’elles ne paieraient plus de prime de risque.

Pierre Fontaine, Parti communiste

Comme vous dîtes, il existe déjà de nombreux programmes pour soutenir les PME. Le Parti communiste veut faire du plein emploi et de la création d’emplois à temps plein une priorité absolue, mais surtout en élaborant une stratégie globale basée sur des investissements publics massifs pour augmenter les emplois à valeur ajoutée dans le secteur manufacturier et dans le secteur industriel secondaire, pour reconstruire et moderniser les infrastructures publiques et municipales du Canada, construire des écoles et des collèges de meilleure qualité, renforcer les programmes sociaux, investir dans les services publics, établir un système de garderie universel au Canada, investir dans la protection de l’environnement, et construire des logements sociaux. Par ailleurs, nous ferions une augmentation générale des salaires et fixerions le salaire minimum à 20 $ de l’heure. Nous augmenterions aussi les pensions, les prestations de chômage, etc., ce qui en stimulant la consommation contribuerait au développement des petites entreprises

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

Au cours des dernières années, le gouvernement a utilisé le régime fiscal pour favoriser les grandes sociétés. Le taux d’imposition du Canada des plus grandes et plus riches sociétés sur la Terre est maintenant la moitié de celui payé par les sociétés aux États-Unis. Les députés verts rétabliront les taux d’impôt sur le revenu des sociétés, sauf les petites entreprises, au niveau de 2008. L’effet de balancier doit se faire au profit des plus petits.

Serge Lachapelle, Parti marxiste-léniniste du Canada

La question pour nous n’est pas Ottawa. La question est de voir à un développement harmonieux de notre économie et l’entreprise commerciale peut y jouer un grand rôle. Il faut restaurer le processus décisionnel souverain en matière d’économie et faire du secteur manufacturier une priorité en utilisant les ressources naturelles pour satisfaire aux besoins de la population au lieu de les vendre aux enchères. Il faut mettre fin à la dilapidation et à la privatisation des avoirs publics. Sans partir des faits de base, sans les reconnaître et tirer les conclusions qui s’imposent, l’économie est laissée au hasard. Laisser l’économie au hasard signifie accepter le chômage, la destruction du secteur manufacturier et d’industries complètes et surtout accepter que les êtres humains ne puissent avoir de contrôle sur leur existence. Nous sommes en période de récession. L’économie dans son ensemble a connu un déclin durant la première moitié de 2015, ce qui a des conséquences pour tous les Canadiens, surtout pour ce qui est de la sécurité d’emploi et de la viabilité des entreprises….L’austérité appliquée par la plupart des gouvernements et préconisée par les partis cartellisés dans cette élection n’a pas de sens dans des conditions de récession. Ce sont ceux qui produisent les richesses dans cette société qui doivent décider de son orientation pour renverser la vapeur du programme d’austérité et de destruction nationale. Il y a une alternative.

Hélène Laverdière, Nouveau parti démocratique

Les entrepreneurs sont le moteur de notre économie et permettent à nos communautés de prospérer. Les petites entreprises génèrent 40 % de l’économie du pays. Contrairement aux conservateurs, qui ont offert des centaines de milliards de dollars en cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, le NPD s’affairera à aider les PME en créant un crédit d’impôt à l’innovation pour les entreprises pour stimuler l’innovation. Nous réduirons également leur taux d’imposition de 11 % à 9 % pour mieux soutenir ce secteur de l’économie, qui crée près de 80 % de tous les nouveaux emplois dans le secteur privé au Canada. Dans Laurier—Sainte-Marie, c’est évidemment un des principaux éléments de notre développement économique local.

Alors que Québec coupe dans ses propres programmes de soutien à l’entreprise, Ottawa devrait-il prendre la relève?

Gilles Duceppe, Bloc Québécois

Quant à la participation du fédéral en raison du désengagement de l’État québécois, le Bloc est d’avis qu’il y a un déséquilibre croissant entre le fédéral et le Québec. Afin de mieux refléter les recettes fiscales perçues au pays, nous croyons que le fédéral doit faire sa part et augmenter les transferts au Québec créant ainsi une plus grande marge de manœuvre à l’État québécois.

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

Le Parti vert est le parti des petites entreprises. Les petites entreprises emploient la plupart des Canadiens, et les répercussions économiques de leur réussite demeurent premièrement au Canada – en faisant circuler l’argent dans les économies locales. Sans pour autant se substituer au provincial, il faudrait mettre à la disposition des petites collectivités un système intégré et facile d’accès pour la création et le développement d’entreprises afin d’instaurer un climat d’affaires propice à l’investissement dans les entreprises locales.

Hélène Laverdière, Nouveau parti démocratique

Le gouvernement fédéral investit déjà via l’Agence de développement économique du Canada (DEC) pour les régions du Québec, dont le mandat est d’appuyer la création d’emploi. Les organismes de proximité comme les Corporations de développement économique communautaire (CDEC) et les Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) comptent sur ces sommes pour aider au développement économique local et rehausser le niveau de vie. Malheureusement, en faisant des recherches, le NPD a découvert qu’entre 2010 et 2014, le ministre de DEC, Denis Lebel, a laissé 130 millions de dollars des budgets disponibles dormir dans les coffres. Seulement en 2013-14, c’est 38,5 millions des sommes disponibles au budget de DEC qui sont restées inutilisées. Cette austérité détournée fait du tort à nos jeunes entrepreneurs et nos petites entreprises.

Ottawa devrait-il financer l’occupation de ces locaux par des PME en démarrage, organismes culturels, communautaires, de l’économie sociale?

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

Financer l’occupation de ces locaux serait faire le jeu des spéculateurs fonciers. Au niveau local, l’arrondissement pourrait plutôt dissuader les propriétaires demandant des loyers exorbitants en leur imposant des pénalités lorsque des locaux commerciaux restent trop longtemps inoccupés et donnent un air sinistre aux artères commerciales. Le résultat de ces pénalités pourrait justement servir à soutenir ces PME et organismes dans une approche d’économie sociale.

Les autres thématiques de cette série:

Le logement

Le transport

Le communautaire

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