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Les 65 parcs du Plateau (1 de 7)

Culture, Environnement, Histoire
Les compagnons de Saint-Laurent en 1944. De gauche à droite : Jean Coutu, Bertrand Gagnon, Yves Vien, Félix Leclerc, Andrée Vien, Guy Provost, Hélène Loiselle, George Groux, Lucille Cousineau, Denise Vachon, le père Émile Legault, Thérèse Cadorette.
Les compagnons de Saint-Laurent en 1944. De gauche à droite : Jean Coutu, Bertrand Gagnon, Yves Vien, Félix Leclerc, Andrée Vien, Guy Provost, Hélène Loiselle, George Groux, Lucille Cousineau, Denise Vachon, le père Émile Legault, Thérèse Cadorette. Le parc est situé rue Carier, entre Mont-Royal et Marie-Anne, tout près de l’École Jeanne-Mance. (Photo: archives de l’arrondissement de Saint-Laurent)

L’arrondissement du Plateau Mont-Royal compte 65 parcs et places publiques. D’où viennent leurs noms?

Le Plateau compte deux des parcs les plus célèbres et courus de la métropole : le parc Lafontaine, qui fait partie du réseau des grands parcs de Montréal, et le Carré Saint-Louis. L’arrondissement est bordé par un autre parc célèbre, celui du Mont-Royal, et son extension sur le territoire du Plateau, le parc Jeanne-Mance. Un autre espace vert vénérable se trouve sur son territoire : le parc Laurier. La place Roy et le Champ des possibles ont également atteint une grande notoriété ces dernières années.

Le Plateau a toujours eu le cœur politique à gauche et abrité de nombreux artistes. La toponymie de ses parcs reflète pleinement cette réalité. On vous révèle l’origine du nom de tous les parcs, en ordre alphabétique, en sept volets.

1— des Açores (entre de l’Hôtel-de-Ville et de Bullion, au sud de Rachel) 2201 m2

Cet espace vert souligne le 50e anniversaire du début de la vague d’immigration portugaise dans le quartier. Près de 50 000 Portugais ont immigré à Montréal, une majorité venant de l’archipel volcanique des Açores, une région autonome du Portugal située au large de Maroc, découverte en 1427 par l’explorateur Diogo de Silves. Fait à noter, le premier facteur au Canada, Pedro da Silva, un Portugais, assurait la livraison des lettres et des colis entre la ville de Montréal et la ville de Québec entre les années 1640 et 1660. Les parents de la chanteuse Nelly Furtado sont nés aux Açores.

2— Albert-Saint-Martin (rue de Bienville, entre Berri et Pontiac) 1514 m2

Albert Saint-Martin (1865-1947) fut un militant du Parti ouvrier indépendant, puis en 1904, du Parti ouvrier. En 1906, il organise la toute première manifestation du 1er mai à Montréal. Polémiste, il a fondé la Coopérative Espéranto, l’Université ouvrière et une maison d’édition coopérative qui porte son nom. Le parc comprend une aire de jeu.

3— Alphonse-Télésphore-Lépine (avenue de Gaspé, au bout de la rue Fairmount) 4184 m2

Typographe, Alphonse-Télésphore Lépine (1855-1943) est élu premier secrétaire du Conseil central des métiers et du travail de Montréal en 1886. Deux ans plus tard, il devient le premier député ouvrier à siéger à la Chambre des communes. Il y siégera pendant huit ans. Il s’est battu pour des idées comme la limite de huit heures de travail par jour ou l’interdiction de travail pour les enfants de moins de quinze ans. Il a contribué à l’établissement du système de conciliation et d’arbitrage et à la nationalisation de certains services publics. Le parc comprend une aire de jeux et des jeux d’eau.

4— des Amériques (angle Saint-Laurent et Rachel) 1911 m2

Cette place publique souligne la présence des Latino-Américains de Montréal. On y trouve des motifs latino-américains et des dessins inspirés de la culture maya, selon le design de Carlos L. Martinez. Le parc rappelle la première vague d’immigrants latino-américains, qui débute dans les années 1970, dont une majorité sont des réfugiés politiques, notamment du Chili, qui fuient la dictature du général Pinochet en 1973. Pendant les années 1990, les immigrants latino-américains viennent surtout du Mexique ou de la Colombie.

5— de l’Aréna Saint-Louis (rue Bernard, entre Saint-Dominique et Casgrain)

Ce parc plus ou moins bien identifié se situe en face du Champ des possibles, en plein cœur de la Côte-Saint-Louis, un village créé en 1846, devenu ville en 1890. En 1861, ce village sera morcelé pour créer celui de Saint-Jean-Baptiste et, en 1878, celui de Saint-Louis-du-Mile-End. La Ville de Côte-Saint-Louis sera annexée à Montréal en 1893. Le parc jouxte l’aréna de Saint-Louis et comporte plusieurs magnifiques arbres matures.

6— Baldwin (entre les rues Fullum et Chapleau; section nord entre les terrasses Guindo et Mercure; section sud entre Rachel et Sherbrooke) 56 588 m2

Célèbre la mémoire de Robert Baldwin (1804-1858), avocat et chef des réformistes du Haut-Canada, dont il était membre du Conseil exécutif. En 1842, il s’associe avec L.-H. La Fontaine pour asseoir définitivement le principe de la responsabilité ministérielle. Le répertoire toponymique de Montréal précise que, de 1901 à 1907, du temps du village de Lorimier (annexé le 29 mai 1909), la partie nord-ouest du parc Baldwin était occupée par une piste de course appelée le parc de Lorimier. Cet hippodrome était situé entre les rues Parthenais, Franchère et Rachel, et l’avenue du Mont-Royal. De 1908 à 1930, on retrouve cette même piste de course entre les rues Masson et Fullum, l’avenue des Érables et le boulevard Saint-Joseph. Le 7 août 1909, la Ville changea le nom du parc de Lorimier en celui de parc Baldwin. Il comprend une aire de jeux, des jeux d’eau, une pataugeoire, une patinoire, une piscine, un terrain de soccer et une aire d’exercice canin.

7— Berri–Saint-Joseph (Métro Laurier sud, angle Berri et Saint-Joseph) 657 m2

Ce petit espace vert fut créé en 1966, lors du parachèvement des premières stations de la ligne orange du Métro de Montréal, à temps pour l’exposition universelle de 1967. En 1963, on a utilisé une petite place qui faisait le lien entre la rue Gilford et le boul. Saint-Joseph, pour construire l’édicule actuel du métro Laurier. La station Laurier a remporté un prix orange des constructions nouvelles de Sauvons Montréal. Le métro Laurier se rapporte à la rue du même nom, qui fut baptisée en l’honneur de Sir Wilfrid Laurier (1841-1919), premier ministre du Canada de 1896 à 1911.

8— du Carmel (angle Henri-Julien et du Carmel) 2769 m2

Le parc rappelle la présence de la communauté des Carmélites, installées dans leur monastère érigé en 1896 par l’architecte A. Préfontaine sur un terrain cédé en 1892 par W.E. Blumhart, fondateur du quotidien La Presse, juste au nord. Les Carmélites se sont installées à Montréal en 1875 à l’invitation de Mgr Ignace Bourget (1799-1885), après avoir été inspirées par une jeune Québécoise, Hermine Frémont (1851-1873). En 1939, Montréal achète le terrain pour en faire un parc, mais revend sa partie nord en 1987. Le monastère est classé monument historique en 2006. Trois ans auparavant, la quinzaine de Carmélites qui habitent encore au monastère songent à déménager. Elles décident de rester sur place après une immense controverse entourant la possible conversion de leurs installations en un complexe de condominiums. Le parc du Carmel comprend une aire de jeux, fonction qui a mené à sa création.

9— Place Charles-de-Gaulle (dans le parc La Fontaine, rue Sherbrooke) 1087 m2

Face à l’hôpital Notre-Dame, la Ville de Montréal a inauguré cette place 1992 en l’honneur de Charles-André-Joseph-Marie de Gaulle (1890-1970), général de l’armée française, chef de la France libre et président de la République française de 1958 à 1969. La place abrite un obélisque du peintre et grande figure de l’abstraction, Olivier Debré. Charles de Gaulle a marqué l’histoire de France durant la Deuxième Guerre mondiale, la libération, mai 68, la guerre d’Algérie. Chez nous, il est surtout connu pour son voyage au Québec de 1967, qui culmina par un discours prononcé au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, où il prononça les mots « Vive le Québec libre! », qui galvanisa les forces souverainistes québécoises et se traduisit par une intense crise diplomatique entre la France et le Canada, qui teinte encore aujourd’hui les relations entre les deux pays.

10— Claude-Jutras (angle Prince-Arthur et Clark) 450 m2

Cette toute petite place publique honore la mémoire d’un des plus grands cinéastes de l’histoire du Québec. Après avoir étudié la médecine, Claude Jutra (1930-1986) devient comédien puis cinéaste. Après avoir réalisé quelques courts-métrages avec Michel Bralut, il entre à l’Office national du film en 1954 où il travaille avec le cinéaste oscarisé Norman McLaren. Il remporte, en 1970, un énorme succès populaire avec « Mon oncle Antoine », désigné en 1984 comme le meilleur film de toute l’histoire du cinéma canadien. En 1984, il reçoit le prix Albert-Tessier. En 1999, les prix Jutra sont créés par Québec Cinéma et décernés lors d’un gala du même nom. Ils remplacent les prix Guy-L’Écuyer, créés en 1987 par les Rendez-Vous du cinéma québécois.

Avec le Répertoire historique des toponymes de Montréal

Les autres textes de la série:

11 à 20, 2 octobre 2015

21 à 30, 9 octobre 2015

31 à 40, 16 octobre 2015

41 à 50, 23 octobre 2015

51 à 60, 30 octobre 2015

61 à 65, 6 novembre 2015

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