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Les différents visages de la rue Saint-Denis

Culture, Histoire
Rue St-Denis
Jusqu’au 8 novembre, la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal propose des visites gratuites pour faire découvrir le patrimoine historique de la rue Saint-Denis (photo : Philippe Du Berger)

Grâce à quelques promoteurs avec du flair, le territoire aujourd’hui traversé par la rue Saint-Denis est passé de campagne à banlieue victorienne vers la fin du 19e siècle, avant de se métamorphoser au fil des décennies.

« Ça peut nous sembler invraisemblable, mais l’ancien pensionnat Saint-Basile [qui abrite aujourd’hui la bibliothèque et la maison de la culture du Plateau Mont-Royal] était autrefois situé en pleine campagne où il faisait bon respirer l’air pur », indique Huguette Loubert, administratrice et vice-présidente de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal.

« La construction de la rue Saint-Denis a été ralentie par des zones marécageuses entre les rues Rachel et Marie-Anne, qui ont dû être drainées par les promoteurs », précise-t-elle à la vingtaine de curieux venus assister à une visite historique de l’artère commerciale.

Jusqu’au 8 novembre, la Société d’histoire propose des balades dominicales pour faire découvrir le patrimoine historique de la rue Saint-Denis depuis la rue Roy jusqu’à l’avenue du Mont-Royal.

En s’arrêtant à l’angle de la rue Marie-Anne, Huguette Loubert pointe l’ancienne maison de Robertine Baril, la première femme à avoir exercé le métier de journaliste au Québec. « C’était une femme très cultivée qui tenait souvent salon dans son domicile, souligne-t-elle. C’est ici que les écrivains, les poètes et tout le gratin intellectuel se rencontraient pour discuter ».

Il fut un temps où la rue Saint-Denis était une rue résidentielle bourgeoise, comme en témoigne encore aujourd’hui la richesse architecturale de certains de ses immeubles. La portion de la rue située entre le boulevard René-Lévesque et la rue Sherbrooke était d’ailleurs considérée comme le centre de l’élite intellectuelle canadienne-française.

« L’une des filiales de l’Université Laval se trouvait sur la rue Saint-Denis, mais lorsque les propriétaires ont décidé de déménager et de construire l’Université de Montréal sur le flanc du mont Royal en 1941. Le secteur s’est complètement transformé, explique la vice-présidente de la Société, la bourgeoisie étant partie s’installer à Outremont ».

Des temps plus durs

Pendant les décennies suivantes, le visage de la rue Saint-Denis s’est entièrement métamorphosé. Certaines maisons bourgeoises ont été converties en maisons de chambres, ce qui a attiré une population plus modeste. C’est d’ailleurs dans ce contexte économique que Michel Tremblay a campé les personnages de ses œuvres littéraires. Né à Montréal en 1942, le dramaturge a grandi dans un appartement du Plateau logeant trois familles.

Puis, vers la fin du siècle, les commerces et les restaurants sont devenus omniprésents sur la rue. C’est le cas du restaurant Toqué! qui a ouvert ses portes en 1993 sur la rue Saint-Denis avant de déménager dans le Vieux-Montréal en 2004. « Devant leur succès, le propriétaire des locaux a décidé d’augmenter le prix du loyer à un point tel que les restaurateurs ont préféré partir », se désole-t-elle.

La vice-présidente met aussi en évidence l’architecture de certains édifices qui a été malmenée dans les dernières décennies. Dans le document remis aux visiteurs pendant la balade sur l’artère commerciale, la Société écrit qu’ « une bonne majorité de bâtiments est caractérisée par des rez-de-chaussée surélevés et des escaliers plus monumentaux », mais que malheureusement, « ces caractéristiques sont souvent incompatibles avec une fonction commerciale qui souhaite une grande visibilité et surtout un accès très facile pour la clientèle ».


La Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal, qui célèbrera son dixième anniversaire l’an prochain, organise ses balades bimensuelles gratuites jusqu’au 8 novembre dans le cadre du programme d’animation de la Grande Terrasse Rouge. Pour plus de détails et pour connaître l’horaire des visites, c’est ici.

Comme les places sont limitées, il faut réserver au (514) 691-7505 ou par courriel à [email protected]

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