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Sur la route des pow-wow

Culture
Jusqu’au 27 septembre, l’exposition Le Pow wow – Modernité de dignité chez les Premiers Peuples est présentée à l’Espace Lafontaine, en plein cœur du parc Lafontaine (photo : Richard Geoffrion)

Mettre en valeur la beauté et la dignité des Premiers Peuples, c’est l’objectif que s’est lancé le photographe Richard Geoffrion avec sa dernière collection de portraits, dont une quarantaine est exposée à l’Espace Lafontaine jusqu’au 27 septembre.

« On sent que les Premières Nations émergent d’une très grande noirceur », indique-t-il en référence à la nouvelle génération d’artistes autochtones engagés et au regain de popularité des pow-wow, ces grands rassemblements festifs qui permettent aux Autochtones de partager leur héritage culturel.

Sur ses photographies, la première chose qui saute aux yeux est l’exubérance des regalia, ces vêtements ancestraux portés par les Amérindiens pendant les danses. Encore plus étonnant, sur certaines d’entre elles, des enfants arborent des écussons d’Hello Kitty ou de Superman.

« Les Autochtones ont un tronc traditionnel très fort, mais ils n’hésitent pas à y greffer leur identité personnelle. Ce n’est donc pas rare que les danseurs empruntent des éléments à la culture contemporaine afin de les intégrer à leur tenue », explique Richard Geoffrion.

« Une femme, qui portait une regalia entièrement jaune, m’a expliqué que c’était en référence à la couleur de l’autobus scolaire qui l’amenait au pensionnat », ajoute-t-il.

Jusqu’en 1995, des milliers d’enfants autochtones ont été arrachés de force à leur famille pour être conduits dans des pensionnats où l’on cherchait à éradiquer leur culture amérindienne.

Idée de départ

Lors du vernissage, Richard Geoffrion a raconté que l’idée de son exposition est née d’un malaise qu’il avait ressenti en Bolivie, il y a deux ans, alors qu’il était bénévole pour une association d’art indigène dans les Andes.

« J’avais offert mes services de photographe pour monter un catalogue de photos et en contrepartie, la directrice du projet m’avait proposé de partir faire un reportage sur une communauté indigène à deux jours de marche dans les montagnes », détaille-t-il.

Alors qu’il attendait en vain le guide qui devait l’accompagner, une anthropologue chilienne qui collaborait aussi avec l’association s’est approchée pour lui demander s’il avait déjà photographié les peuples autochtones du Canada.

« J’ai éprouvé un immense malaise en lui donnant une réponse négative, évoque-t-il. Je me suis demandé ce que je faisais en Bolivie à vouloir absolument photographier les peuples autochtones alors que je pouvais le faire chez moi ».

Ne faisant ni un ni deux, Richard Geoffrion a parcouru plusieurs milliers de kilomètres à travers le Québec et l’Ontario dans les deux dernières années pour participer à 18 pow-wow, périple duquel il a ramené près de 9 000 portraits.

« Au-delà de la photographie, mon projet est une façon de s’ouvrir aux réalités auxquelles sont confrontés les Amérindiens, propose-t-il. Comme une majorité de Québécois, j’étais ignorant de ces cultures millénaires qui sont si près de nous… mais si loin en même temps ».

Il souhaite que les Québécois réussissent à dépasser leur colonialisme paternaliste et à créer une nouvelle citoyenneté autochtone québécoise. « À travers mon exposition, je veux montrer les Autochtones tellement beaux et dignes que les gens les aimeront. Parce que le seul malheur qu’ils ont eu, c’est d’être ici avant nous », dit-il.


L’exposition Le Pow wow – Modernité et dignité chez les Premiers Peuples est présentée à l’Espace Lafontaine, en plein coeur du parc Lafontaine, jusqu’au 27 septembre.

Pour les personnes intéressées à en apprendre plus sur les Premières Nations et le déroulement des pow-wow, le photographe Richard Geoffrion sera présent les 26 et 27 septembre, entre 13h et 16h, pour échanger avec le public.

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