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Une balade aux abords de la voie ferrée

Culture, Histoire
Entrepôt Van Horne
Depuis 2014, l’entrepôt Van Horne, situé dans le Mile End, fait partie de la liste des dix sites patrimoniaux menacés selon Héritage Montréal (photo: Claudia Vachon)

« Je le sais que c’est difficile à imaginer, mais le Mile End [anciennement le village de Saint-Louis du Mile-End] était autrefois recouvert d’une forêt où les citadins allaient à la chasse au petit gibier », explique Annie-Pier Beaulieu-Bastien.

Depuis 2010, la diplômée en architecture est guide bénévole pour Héritage Montréal, un organisme qui s’efforce de mettre en valeur le patrimoine des quartiers de la métropole. Pour souligner son 40e anniversaire, l’organisation a décidé d’offrir ses huit visites guidées d’ArchitecTours les plus populaires, pour inspirer les Montréalais à découvrir les nombreux bâtiments historiques de la ville sur lesquels on oublie trop souvent d’arrêter le regard.

Parmi les circuits proposés, figure celui de la Petite-Patrie et du Mile End, qui permet d’explorer les personnalités distinctes des deux quartiers, situés de part et d’autre de la voie ferrée. « L’arrivée du chemin de fer a entraîné une industrialisation, mais elle a aussi créé une cicatrice en plein cœur de la ville », souligne la guide.

Cicatrice post-industrielle

Au point de départ de la visite, une cinquantaine de curieux attendent de parcourir à pied le passé des deux quartiers. « Encore aujourd’hui, il y a plusieurs bâtiments industriels, mais la Ville s’efforce de leur donner une seconde vie et, par le fait même, de revitaliser la Petite-Patrie et le Mile End », fait valoir Annie-Pier Beaulieu-Bastien.

C’est d’ailleurs le cas de l’entrepôt Van Horne et de son immense château d’eau qui trône à son sommet. Depuis sa construction, en 1924, le bâtiment est devenu un emblème du paysage montréalais. « Il y a quelques années, il y a eu un projet de revitalisation de l’entrepôt, qui se serait malheureusement fait au détriment de son architecture », se désole-t-elle. Depuis 2014, le bâtiment figure donc sur la liste des dix sites patrimoniaux menacés à Montréal.

La visite met aussi en évidence la revitalisation du Mile End, qui s’est faite beaucoup plus rapidement que celle de la Petite-Patrie, situation à laquelle la guide d’Héritage Montréal formule une hypothèse.

« Au début des années 2000, le CHUM [Centre Hospitalier de l’Université de Montréal] convoitait le terrain à l’angle de la rue Saint-Denis et du boulevard Rosemont, ce qui a apporté des grands espoirs pour le quartier, raconte-t-elle. Le fait que le centre hospitalier ait décidé de s’implanter ailleurs a certainement entraîné un ralentissement au niveau du redéveloppement du secteur ».

Juste de l’autre côté de la voie ferrée, l’arrivée de géant Ubisoft, en 1997, a contribué à la revitalisation du Mile End, qui souffrait du départ de l’industrie du textile. « Située dans une ancienne usine à chaussures, l’entreprise de jeux vidéo a participé à l’embourgeoisement du quartier, qui a malgré tout réussi à conserver son caractère culturel », note Annie-Pier Beaulieu-Bastien.

L’apport des citoyens

Le dynamisme du Mile End n’est évidemment pas seulement attribuable aux entreprises privées. La visite guidée se termine d’ailleurs au Champ des possibles, une ancienne friche industrielle qui a été laissée à l’abandon pendant une quarantaine d’années et qui est aujourd’hui autogérée par des citoyens.

« Le site appartenait autrefois au Canadian Pacific, mais il a été racheté par la Ville en 2009, suite à un soulèvement populaire, dit-elle. Même si c’est compliqué d’obtenir des autorisations de la compagnie ferroviaire, il y a plus que jamais une volonté de créer un lien avec le quartier de la Petite-Patrie par-dessus la voie ferrée».


La prochaine visite Petite-Patrie/Mile End – un chemin de fer, deux quartiers aura lieu le 19 septembre, à 14h. Héritage Montréal propose aussi des visites guidées (offertes en français et en anglais) un peu partout dans la ville toutes les fins de semaine jusqu’au 20 septembre. Pour tous les détails ou pour jeter un coup d’œil aux huit parcours proposés, c’est ici.

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