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Une terrasse évincée par une saillie sur Laurier

Économie
Des travaux ont forcé la démolition d'une terrasse devant un restaurant sur Laurier Est.
Des travaux ont forcé la démolition d’une terrasse devant un restaurant sur Laurier Est. (photo : Simon Van Vliet)

Une erreur administrative a forcé ce matin un restaurateur de la rue Laurier à démolir sa terrasse qui sera remplacée par une saillie de trottoir.

Comme la rapportait La Presse, un restaurateur du Plateau-Mont-Royal a appris récemment qu’il devrait démanteler sa terrasse pour laquelle il avait pourtant obtenu un permis plus tôt cette année.

Lors de notre passage sur place ce matin vers 10 h 15, la terrasse avait déjà été démolie devant la succursale de Frite Alors et des ouvriers s’affairaient à construire des saillies au coin de Laurier et Garnier.

 

La conseillère d’arrondissement pour le district De Lorimier, Marianne Giguère, explique qu’il s’agit d’une erreur administrative, résultat d’une forte demande pour les permis de terrasses dans l’arrondissement et d’un manque de concertation entre les différents services. Le commerçant n’aurait jamais dû obtenir son permis de terrasse étant donné que la construction de saillies de trottoir était déjà prévue à l’intersection où est situé le restaurant.

Selon Michel Tanguay,responsable des communications à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, l’employée du Bureau des permis qui a accordé le permis savait qu’une saillie étaient prévue, mais n’avait pas noté qu’il s’agissait d’une saillie sur-dimensionnée.

Cet imbroglio n’est pas sans faire écho à certaines questions qui avaient été soulevées lors de la période de questions au conseil du 8 septembre. Alexandre Wolosiansky, le propriétaire du Whisky Café, avait reproché aux élus le manque de constance dans les directives concernant la construction des terrasses. « Vous changez le cadre normatif à toutes les années », s’était indigné le tenancier du bar situé au coin Saint-Laurent et Bernard en déplorant le fait que l’arrondissement de forçait ainsi les commerçants à modifier leurs terrasses d’une année à l’autre.

« On assume les frais de vos erreurs » avait pour sa part déploré Richard Holder, propriétaire de la Brasserie Bernard et du Bar Waverly dans le Mile-End, qui affirmait pour sa part avoir débours près de 10 000 $ en permis.

Dans le cas du Frite Alors sur Laurier, l’arrondissement assure qu’il va corriger le montant facturé pour l’occupation du domaine public. Michel Tanguay précise cependant que le commerçant devra assumer lui-même les frais encourus, estimés à 15 000 $, pour faire autoriser, construire et détruire la terrasse. Il pourra par la suite présenter une réclamation à la Ville. [Rectificatif : dans la première version de cet article, il était indiqué que l’arrondissement allait assumer les coûts de démolition estimés à 15 000 $.]

Le Plateau-Mont-Royal est le premier arrondissement à avoir autorisé les cafés-terrasses sur chaussée, rappelait la semaine dernière le conseiller de Jeanne-Mance, Alex Norris, en expliquant qu’il puisse y avoir eu des ratés. Le maire d’arrondissement, Luc Ferrandez, avait pour sa part souligné que les permis d’occupation du domaine public, dont ceux pour les cafés-terrasse, sont l’une des sources de revenus autonomes du Plateau qui permettent à l’arrondissement de faire ses frais malgré la situation financière difficile.

Chose certaine, cette erreur administrative coutera cher politiquement à l’arrondissement qui fait l’objet d’un tir nourri de critiques concernant ses politiques sur le stationnement et la circulation, notamment dans le Petit Laurier.

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