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La face cachée des fonds éthiques ou socialement responsables (1 de 2)

Économie
Un arbre dans la prairie
Les fonds éthiques, ou socialement responsables, font souvent des investissement discutables. (Photo: Dollar Photo Club)

Pendant quelques années, j’ai été un ardent promoteur des fonds dits éthiques ou socialement responsables.

J’avais même lancé le site FondsEthiques.ca. Lorsque l’offre s’est multipliée, je me suis tapé l’ensemble des prospectus et rapports financiers de ces produits. Ce que j’y ai observé m’a jeté une méchante claque au visage. J’ai saisi alors que je m’étais fait berner comme un gamin. Les fonds éthiques ou socialement responsables ne sont pas aussi formidables que les publicités le laissent croire. Ces produits sont loin de ressembler à ce que les investisseurs croient s’être procuré.

La plupart des fonds éthiques ou socialement responsables n’ont pas de dent ni de couille. Il y a quelques exceptions, mais la plupart sont des outils de marketing qui aident à avoir bonne conscience. Je préfère les appeler les cheerleaders de la finance. La plupart agitent des pompons sans impacts significatifs.

Rarement un investisseur obtient ce qu’il croit acheter. Le consommateur allergique aux arachides… ne veut pas de traces d’arachides. Avec les investissements socialement responsables… garder votre «Epipen» près de vous!

Comme vous, j’observe que les valeurs évoluent rapidement. Il y a les valeurs solidement ancrées. Le public ne VEUT PAS encourager :

  • les industries polluantes;
  • les sociétés impliquées dans l’armement;
  • les jeux de hasard;
  • le tabac;
  • les mauvais traitements aux enfants et iniquités sociales ou basées sur le sexe.

Et il y a aussi de nouvelles préoccupations et valeurs:

  • bonis et salaires disproportionnés des hauts dirigeants;
  • sociétés actives dans la spéculation (particulièrement alimentaire, énergie, devises…);
  • on ne veut pas encourager les sociétés qui ne paient pas leurs justes parts d’impôts (comme GE);
  • non aux Paradis fiscaux et stratagèmes qui permettent d’exporter les profits et d’importer les déficits.

Les grands fonds supposément éthiques reposent sur des textes concoctés par l’ONU.

En les retraçant, j’ai compris pourquoi l’investissement responsable a des normes si poreuses. Les grands principes de l’ONU sont vagues, flous et sans cadre rigide. Ils laissent trop de place à l’interprétation.

Page 4 de la brochure française de l’ONU:

«Les principes suggèrent et incitent. Ils ne présentent pas de caractère obligatoire. Au contraire, ses 6 principes fournissent un éventail d’actions possibles pour pouvoir incorporer les questions ESG (environnement, sociales et de gouvernance) au processus décisionnel d’investissement et de pratiques relatives aux biens.»

Notre définition diffère de celle des promoteurs

Pour le public investisseur, la définition d’un fonds éthique est carrément différente de celle d’un faiseur d’image comme les Jantzi et autre consultants de l’investissement responsable. Ce sont les nouveaux «Spin doctors» de la finance.

Les critères qualitatifs de Jantzi sont très simples: Il applique la méthodologie des « Meilleurs de leurs secteurs ». On compare des joueurs d’une industrie entre eux et on retient les plus impliqués dans leurs communautés,  saine gouvernance, bonne relation avec clients et consommateurs, environnement et droits humains.

Ils ont appris avec le temps que pour avoir le maximum de clients et d’honoraires, il ne faut pas appliquer de filtres négatifs, mais simplement SUGGÉRER des comportements. Le public est ensuite berné par un logo, une appellation ou un joli terme comme «Socialement Responsable, Saine Gouvernance ou Environnement». Si on appliquait ce principe à l’élevage, dans un troupeau de bovins malades, on ne retiendrait que les moins malades pour l’abattage. Ça n’a pas de sens.

La semaine prochaine, je vous parlerai des contradictions des fonds dits éthiques.

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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