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Pamplemousse.ca lance un club de lecture!

Culture
Pamplemousse.ca lance son Club de lecture en ligne. Il sera diffusé toutes les trois semaines!

Oprah l’a fait, pourquoi pas nous!

Blague à part, nous nous sommes dit que nous n’étions pas les seuls à se passionner pour la littérature et la bande dessinée. Aussi bien partager notre passion. Nous tenons aussi à remercier l’équipe de la bibliothèque du Plateau Mont-Royal pour nous aider à concocter des suggestions que nous allons vous présenter à chaque trois semaines.

N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur notre page Facebook.

Romans

lovecraft

Suggestion de David Tuffelli-Rail, bibliothécaire à la bibliothèque du Plateau Mont-Royal

La couleur tombée du ciel, de H.P. Lovecraft. Paris : Gallimard. 1991.

Collection romans adultes : LOV

En ce mois d’octobre, thématique Halloween oblige, je voudrais vous faire découvrir (ou redécouvrir) un auteur classique de la littérature d’horreur. H.P Lovecraft est considéré comme un pionnier de ce genre littéraire et réussit à créer des malaises au cours de notre lecture sans utiliser d’artifices sanglants. Tout est dans l’ambiance sombre et lourde.

La couleur tombée du ciel propose quatre nouvelles situées dans les États-Unis du 19e siècle, nous permettant d’avoir un aperçu des thèmes et des ambiances favoris de Lovecraft. La nouvelle La couleur tombée du ciel raconte les impacts dans une petite communauté de la chute d’une météorite qui se met à absorber la couleur de ce qui l’entoure. Dans L’abomination de Dunwich, nous suivons la vie d’un homme-créature cherchant des savoirs dangereux dans des livres interdits. Celui qui chuchote dans les ténèbres nous informe de l’existence de créatures hideuses et sauvages potentiellement d’origine extra-terrestre, vivant dans un bois du Vermont. Enfin, dans Le cauchemar d’Innsmouth, un jeune touriste est confronté à un culte démoniaque. Que ce soit sous la guise de la science-fiction ou du thriller psychologique, les thèmes persistants de la folie et du désespoir nous accompagnent tout au long de la lecture.

Sur ce, joyeux Halloween et « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn »!

Roman québécois

catastrophes

Suggestion de Claudia Vachon, journaliste

Catastrophes, de Pierre Samson, Les Herbes Rouges

Ayant la réputation de publier majoritairement des œuvres marginales, les Éditions Les Herbes Rouges n’ont pas fait exception à la règle avec ce roman de Pierre Samson publié en 2007. L’auteur y dresse un portrait peu reluisant du domaine littéraire et des maisons d’édition au Québec, où il est question de trahison et de compétition malsaine entre les éditeurs.

A priori, le récit est très simple, voire banal. Ivanhoé est un jeune critique ambitieux qui rédige des comptes-rendus sur des romans délaissés de la littérature québécoise pour une revue littéraire. Afin de laisser libre cours à son imagination et de rendre l’un de ses articles à temps, il invente l’existence d’un roman. Inévitablement, le mensonge risque à tout moment d’être dévoilé et d’attirer des conséquences démesurées. Le protagoniste doit choisir : avouer son imposture ou essayer de s’en tirer sans qu’il n’y ait de répercussions sur sa carrière.

Le roman Catastrophes saura plaire aux lecteurs qui en ont marre de lire des romans qui se finissent toujours de la même façon. Et il mérite le détour, ne serait-ce que pour son cynisme cinglant, ses dialogues déconcertants ou tout simplement pour vérifier la véracité de cette critique. À bon entendeur!

Science-fiction

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Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Silo, de Hugh Howey, Actes Sud

J’ai découvert cette série par hasard et je suis incapable de décrocher. Tous mes temps libres y passent. L’auteur s’est auto-publié sur Amazon et a connu un succès incroyable sur le web avant de décrocher un contrat avec une maison d’édition établie. Il a vendu des centaines de milliers d’exemplaires du premier roman de cette série. En entrevue, il a déjà dit qu’il voulait écrire le roman de science-fiction qu’il aurait voulu lire. Le Silo initial a deux suites : « Silo-Origines » et « Silo-Générations ».

La série est une dystopie poignante : dans un futur assez rapproché, le monde doit faire face à une menace ultime à la survie de l’humanité (l’idée, présentée habilement par étapes dans le roman, est très crédible). Un petit groupe de gens très puissants décident de relancer la survie de l’espèce humaine en repartant à zéro : dans le plus grand secret, ils bâtissent une ville souterraine en forme de silo et y réfugient quelques milliers de privilégiés avant de déclencher la guerre nucléaire! Ces gens vivent donc à l’abri d’un monde devenu toxique, selon des codes précis, où chacun a un rôle à jouer prédéterminé selon Le Pacte, qui régit tous les aspects de la vie dans le silo. Ceux qui bravent les interdits, en entretenant notamment l’idée de sortir pour connaître le vaste monde, ou qui commettent des crimes graves, sont condamnés au « nettoyage », c’est-à-dire de récurer les objectifs des caméras qui offrent le spectacle d’un monde inhabitable aux habitants du silo. Ils sortent donc à la surface, mais meurent peu de temps après avoir rempli leur devoir, leur scaphandre rongé par les gaz toxiques. Personne ne sait pourquoi ils font cela, même s’ils se savent condamnés à mort, car tous voient leur cadavre dans le panorama.

Le roman révèle toute une série d’événements et de menaces qui se situent parfaitement dans l’esprit de notre époque, où les théories conspirationnistes abondent, où personne ne semble maître de son destin, et où toute vérité n’est pas bonne à dire. Le roman décrit la vie quotidienne dans le silo avec un tel talent qu’on se prend au jeu de vouloir connaître le destin, souvent tragique, de ces gens qui n’ont jamais existé, mais qui semblent réels!

Bande dessinée

Capture d’écran 2015-06-04 à 23.39.29Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

L’Incal, Jodorovsky – Moebius, Humanoïdes Associés

Je sais, il ne s’agit pas d’une nouveauté. Mais ces six albums constituent probablement la série de science-fiction pour adultes la plus aboutie de la bande dessinée. On parle ici d’un chef d’œuvre. D’une forme d’art.

L’Incal raconte l’incroyable odyssée de John Difool, un détective minable qui vit dans une cité-puits, une mégapole souterraine d’un futur improbable, où l’humanité vit selon des codes et une morale complètement déjantés et décadents. Les auteurs offrent une critique sociale et politique décapante de notre civilisation moderne, en caricaturant à gros traits nos excès sous toutes leurs formes. Difool sera embarqué, malgré lui, dans une enquête qui se transformera en une odyssée initiatique et philosophique au cœur de la conscience humaine. Mais, avant tout, cette quête se déroule alors que bouillonne une révolution influencée par divers courants politiques, mafieux, religieux, économiques et technologiques, qui se transforme en une véritable guerre où tous les coups sont permis. La finesse du récit, du vocabulaire, des dialogues, l’intelligence du scénario, l’humour caustique et l’extraordinaire qualité du dessin font en sorte que vous êtes incapables de décrocher du début à la fin de chaque album.

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