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Plaidoyer solidaire pour l’insertion sociale

Économie
La députée de Gouin, Françoise David, tenait un point de presse le 15 octobre avec des organismes d'insertion à l'emploi dans le locaux des Dîners Saint-Louis.
La députée de Gouin, Françoise David, tenait un point de presse le 15 octobre avec des organismes d’insertion à l’emploi dans le locaux des Dîners Saint-Louis. (photo : courtoisie du bureau de Françoise David)

La députée de Gouin et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, était de passage sur le Plateau jeudi pour dénoncer les compressions budgétaires au programme PAAS Action.

C’est dans les locaux des Diners St-Louis, un organisme d’insertion établi dans l’Est du Plateau, que la députée solidaire a tenu un point de presse où elle s’est portée à la défense du volet action du Programme d’aide et d’accompagnement social (PAAS — Action), qui vise l’intégration sociale de gens qui ont des contraintes lourdes à l’emploi.

Le programme destiné aux bénéficiaires de l’aide sociale permet à des personnes vivant avec des déficiences ou des handicaps de travailler dans des organismes partenaires, comme les Dîners Saint-Louis, à raison de 20 heures par semaine. En retour, leurs prestations sont bonifiées de 130 $ par mois et le gouvernement rembourse leurs dépenses de transport ou leurs frais de garde.

« C’est une bouée de sauvetage », explique Françoise David qui déplore que le programme ait été amputé de deux millions de dollars dans le dernier budget provincial.

Selon le Portrait socioéconomique du quartier Plateau-Mont-Royal réalisé en 2010 par l’INRS pour la Direction régionale d’Emploi-Québec de l’Île-de-Montréal, le Plateau Mont-Royal comptait plus de 1 600 bénéficiaires de l’aide sociale avec des contraintes sévères à l’emploi, soit l’équivalent d’environ 3 % de la population active de l’arrondissement.

« On parle vraiment de gens en difficultés », explique la députée de Gouin. Or, en vertu de nouvelles directives ministérielles, le Centre local d’emploi refuse désormais les dossiers des personnes qui sont sur l’aide sociale depuis plus de 5 ans, parce qu’elles n’ont pas réussi à s’insérer en emploi. « Accéder à l’emploi ne peut pas être le seul objectif », s’indigne Françoise David qui précise que le PAAS est avant tout un programme d’insertion sociale qui vise à améliorer la qualité des vies des bénéficiaires d’aide sociale en augmentant leurs revenus et en les aidant à briser l’isolement.

Elle accuse le ministre Sam Hamad de dénaturer le programme avec ses nouvelles orientations en plus de couper dans l’aide aux plus démunis. « Il aussi ministre de la Solidarité sociale, lance Françoise David. La solidarité sociale, c’est aussi de s’assurer que dans notre société, personne n’est mis de côté. »

Des impacts locaux

« Dans l’ensemble des régions du Québec, le nombre de personnes participantes au PAAS ACTION ne cesse de diminuer, s’inquiétait la directrice générale du Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale de l’île de Montréal (RACOR), Julie Nicolas, dans un appel à l’action. Les derniers chiffres disponibles sur le site du MTESS confirment de nouveau une diminution significative avec 2 617 personnes pour le mois de juillet 2015, soit -21,4 % sur un an. »

Selon des témoignages recueillis par le bureau du député de Mercier, Amir Khadir, plusieurs organismes partenaires du programme sur le Plateau souffrent de ses coupures. À la Maison des Amis, un centre jour qui vient en aide aux personnes seules et démunies aux prises avec des difficultés psychosociales, ce sont quatre participants qui ont été exclus du PAAS cette année.

« Nous n’avons plus personne sur ce programme, écrit pour sa part Mylène C. Archambault, directrice générale du Carrefour Marguerite-Bourgeoys, qui précise que la dernière entente en vertu du PAAS s’est terminée à l’automne dernier. Depuis, je n’ai pas fait de nouvelles demandes, mais, dans le milieu, nous savons que les critères se sont resserrés. »

« J’ai été obligé d’arrêter un atelier (donc de remercier du personnel) qui pourtant avait un impact positif sur les populations que nous desservons, déplore pour sa part Xavier Bonpunt, directeur du Centre d’apprentissage parallèle. Si cela continue, je serai obligé d’en fermer un deuxième, et donc de remercier une deuxième intervenante. Ce qui se passe actuellement est tout simplement catastrophique pour les personnes fragiles que nous aidons et met en danger notre organisme qui rend, depuis 30 ans, des services essentiels à la population. »

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