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Club de lecture: émotions

Culture
couverture du livre Sous le ciel, de Avec Sous le ciel, de Guy Gavriel Kay
Avec Sous le ciel, Guy Gavriel Kay s’éloigne du genre «epic fantasy» pour nous offrir un roman à saveur historique, proche de la Chine. (illustration: Éditions À Lire)

Voici les suggestions de notre Club de lecture cette semaine!

Encore une fois, nous avons demandé à quelques personnalités et à la bibliothécaire du quartier, ainsi qu’aux membres de notre équipe, de suggérer des titres qui les ont séduits, et de nous dire pourquoi, en quelques mots.

N’hésitez pas non plus à nous faire part de vos suggestions, car nous publierons dorénavant à chaque trois semaines!

Roman

sous le cielSuggestion de David Tuffelli-Rail, bibliothécaire à la bibliothèque du Plateau Mont-Royal

Sous le ciel, de Guy Gavriel Kay, Québec, Alire, 2012.

Collection romans adultes : C KAY

Auteur canadien de romans «fantasy», Guy Gavriel Kay s’est fait connaître du grand public avec sa trilogie La trilogie de Fionavar. Avec Sous le ciel, l’auteur s’éloigne du genre «epic fantasy» pour nous offrir un roman à saveur historique, avec sa touche de fantastique bien sûr! Le pays inventé pour trame de fond du roman se rapproche énormément de ce que les historiens rapportent des premières dynasties chinoises.

Jeune soldat de l’empire Kitai, Shen Tai vit le deuil de son père à sa façon. Pour donner le repos à leur esprits, il enterre les squelettes d’une ancienne bataille, indifférent à l’allégeance du décédé. En récompense à ses efforts, le roi d’un pays voisin de l’empire lui offre 250 chevaux de race. Ce cadeau empoisonné met le simple soldat au centre de nombreuses intrigues politiques.

Essai (philosophie)

notre besoin de consolationSuggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, de Stig Dagerman, Actes Sud.

C’est un tout petit livre. Un livret, plus exactement. Vingt-et-une pages de pur délice. Une déclaration toute simple, sans ornement, de la puissance de décider pour soi-même. Une ode à la liberté, mais aussi à la beauté de la condition humaine, même si celle-ci est ternie par l’épreuve ultime qui rend notre passage sur cette terre si absurde, la mort. Dans ce texte sublime, Dagerman oscille entre pessimisme et confiance, nie l’emprise de tous les schémas philosophies, mystiques, politiques et économiques sur notre capacité à prendre des décisions pour nous même, par nous-mêmes. La liberté face à l’oppression humaine, le plaisir ou la retenue, le superficiel ou le sincère, le temps qui nous reste avant notre dernier souffle ou l’éternité : Dagerman se tient debout devant l’inéluctable et se libère de ses tourments en évoquant cette consolation qui vient de l’Autre, pourtant si souvent absent. S’il reconnaît que « Le monde est plus fort que moi », s’il se veut à la fois combatif et désespéré, Dagerman, lucide, place le combat pour la liberté comme la seule forme de rédemption pour les uns, de raison de vivre pour les autres. Stig Dagerman, un des plus grands auteurs suédois, s’est suicidé deux ans après avoir écrit ce texte magnifique, en 1952, comme pour confirmer ce qu’il avait affirmé dans ce texte; que l’espoir n’est qu’illusion. Chacun peut interpréter à sa manière son message ambivalent, mais néanmoins salutaire pour quiconque traverse une crise existentielle : on peut choisir de s’enlever la vie, car le suicide est la forme ultime de liberté et de pouvoir, mais on peut aussi choisir de continuer et d’embellir ce monde par notre talent et notre amour. À lire et à relire.

Classique

3 mousquetairesSuggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Les Trois mousquetaires, de Alexandre Dumas, Le livre de poche

S’il y a un livre qui vous marquera à vie, c’est celui-là. Roman d’aventure, page turner efficace aux multiples rebondissements, au discours chevaleresque suranné et sympathique, Les trois mousquetaires raconte les aventures d’un jeune homme impétueux de 18 ans, d’Artagnan, qui monte à Paris pour faire carrière dans le corps des Mousquetaires, les ferrailleurs d’élite du roi de France. Il se lie d’amitié avec Athos, Portos et Aramis, fines lames et hommes d’honneur, fidèles au roi Louis XIII jusque dans la mort s’il le faut. Nos quatre héros seront rapidement mêlés aux intrigues complexes de la politique européenne de l’époque et celles, encore plus étriquées, de la Cour de France, où le roi et son premier ministre, la Cardinal de Richelieu, se disputent le pouvoir par lieutenants et nobles interposés. Le cardinal peut compter sur de sombres individus, comme le comte de Rochefort et l’intrigante Milady de Winter. Les mousquetaires n’ont que leur courage et leur sens de la justice pour sauver l’honneur de la reine, Anne d’Autriche. Les combats, rebondissements, scène d’amour pudiques, dialogues enflammés, comiques, poétiques et philosophiques, se succèdent à un rythme effréné. On sort de cette lecture essoufflé mais complètement heureux d’avoir lu un vrai de vrai roman de cape et d’épée, qui nous fait sourire à chaque page et, surtout, oublier le temps qui passe ou qu’il fait. Un classique des classiques.

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