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Le Quai des Brumes, 30 ans de luttes sociales (2 de 2)

Culture, Vie de quartier
Depuis 30 ans, le Quai des Brumes adopte une culture à contre-courant (photo : Beatrice Flynn photo)

Depuis sa fondation, le bar-spectacle Quai des Brumes – qui célèbre son trentième anniversaire – s’est non seulement imposé dans le paysage culturel de Montréal, mais aussi sur la scène politique.

« Le Quai des Brumes, c’est un endroit fréquenté par les libres-penseurs depuis toujours, indique Anne-Claude Crépin, qui s’occupe de la programmation des spectacles depuis douze ans. En dehors des musiciens, notre clientèle, ce sont surtout des poètes, des écrivains et des peintres ».

Installée avec ses acolytes Jules Martineau et Jean-Philippe Tremblay à une table du bar, la bookeuse se rappelle de plusieurs mouvements auxquels s’est affilié le Quai des Brumes, à commencer par celui du spectacle Tous contre la Guilde.

En 2002, la Guilde des musiciens du Québec s’était attiré les foudres des propriétaires de bars en imposant un tarif minimal fixe pour tous les musiciens, ce qui mettait en péril l’existence de scènes pour la relève musicale de Montréal.

« Il y avait tellement de monde au Quai des Brumes ce soir-là qu’on diffusait aussi le show sur un écran au Central [aujourd’hui le bar La Rockette, situé à l’étage du dessus], explique-t-elle. On avait demandé aux spectateurs de taper des pieds et on a vraiment cru que le plafond du bar allait s’effondrer ».

[Lire : Le Quai des Brumes souffle ses 30 bougies]

Le mouton noir

Le temps passe, mais les choses ne changent pas toujours. Selon le barman Jean-Philippe Tremblay, le militantisme fait encore partie intégrante de l’identité du bar situé rue Saint-Denis à l’angle de l’avenue du Mont-Royal.

« Inutile de te dire que pendant la grève étudiante de 2012, les policiers sont souvent venus nous visiter, rigole-t-il. D’ailleurs, ce n’était pas rare que les manifestations se terminent dans le bar ».

Lorsque le député Amir Khadir s’est fait passer les menottes lors d’une manifestation à Québec, l’équipe du Quai des Brumes – qui le connaît bien puisqu’elle a accueilli le lancement de sa première campagne politique – s’est empressée de mettre son grain de sel dans la tourmente.

« Sur la page Facebook du bar, on a invité les gens à venir bloquer la rue Saint-Denis le lendemain, rapporte le barman. Finalement, plus d’un millier de personnes ont répondu à notre appel, au grand dam des policiers ».

Les irréductibles Gaulois

 Jules Martineau reprend peu à peu le flambeau allumé par André, son père et fondateur du bar. Depuis plusieurs années, il remarque qu’à la différence des régions, les bars et les petites salles de spectacles de la métropole ne bénéficient d’aucune aide financière.

« Récemment, on a aussi l’impression que la Ville fait la guerre aux salles de spectacles concernant le bruit, déplore-t-il. Dans le cas du Divan Orange, c’est comme si une voisine était plus importante que toute une communauté ».

Pour la petite histoire, le Divan Orange a failli mettre la clé sous la porte en décembre dernier à cause d’une locataire qui se plaignait constamment du bruit. À l’époque, leurs amendes cumulées atteignaient 17 000$.

De son côté, Jean-Philippe Tremblay explique que le bouillonnement culturel est la raison pour laquelle les gens s’installaient sur le Plateau à une certaine époque, mais que les résidents sont de plus en plus nombreux à s’en plaindre et compromettre les initiatives culturelles.

Au point de s’en inquiéter? « Pas vraiment, répond-il. Plutôt que des tapes dans le dos, c’est des amendes qu’on reçoit. Par contre, on est un grand clan qui s’entraide ; ça fait tellement longtemps qu’on s’arrange de notre bord qu’on a aucune inquiétude pour l’avenir du Quai des Brumes ».


Les festivités pour le 30e anniversaire du Quai des Brumes se prolongent jusqu’en juin 2016. Les évènements seront annoncés régulièrement sur leur site web, restez à l’affût!

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