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Le Quai des Brumes souffle ses 30 bougies (1 de 2)

Culture, Vie de quartier
Quai des Brumes
Le Quai des Brumes, situé rue Saint-Denis à l’angle de l’avenue du Mont-Royal, célèbre son trentième anniversaire (photo : Claudia Vachon)

Un peu malgré lui, le bar-spectacle Quai des Brumes s’est imposé dans le paysage musical de la métropole. En trente ans d’existence, un nombre étourdissant de musiciens a foulé la petite scène de la rue Saint-Denis.

« Presque tous les musiciens de Montréal sont passés par le Quai des Brumes. C’est simple : nommes-en un et il y a de fortes chances qu’il ait joué ici », lance Jules Martineau, qui reprend petit à petit le flambeau allumé par André, son père et fondateur du bar.

Depuis 1985, Richard Desjardins, Lhasa de Sela, Bernard Adamus, Lisa LeBlanc et les regrettés Dédé Fortin et Ève Cournoyer y ont tous mis les pieds à leurs débuts. Le fondateur était d’ailleurs loin de se douter que l’endroit se transformerait en une vitrine pour les artistes de la scène locale.

« Mon père m’a raconté qu’à l’époque, les musiciens n’avaient nulle part où se produire dans le quartier, indique le gestionnaire. Avec des associés, il a donc fondé le premier bar-spectacle dans le coin et l’engouement a été immédiat ».

Le bar de la première chance

Contrairement au visage du Plateau-Mont-Royal, qui s’est complètement métamorphosé au fil du temps, celui du Quai des Brumes est resté intact, avec le succès qu’on lui connaît encore aujourd’hui.

Anne-Claude Crépin en sait quelque chose, étant donné qu’elle s’occupe de la programmation des spectacles depuis douze ans. Lorsqu’elle est arrivée en poste, elle était convaincue qu’il fallait laisser les artistes s’approprier la scène tous les jours, et non plus quelques fois par semaine.

« Je n’arrivais pas à imaginer que la petite scène du Quai des Brumes puisse rester inoccupée certains soirs, avoue-t-elle. Il faut constamment que le micro soit ouvert pour les artistes qui ont quelque chose à dire ».

De son côté, Jean-Philippe Tremblay passe le plus clair de ses soirées derrière le comptoir, à servir des bières et discuter avec les clients. Dans les dernières années, il a vu plusieurs musiciens se retrouver sous le feu des projecteurs.

« Quand Lisa LeBlanc est arrivée à Montréal, elle venait régulièrement au bar, mais ce n’est qu’au bout d’une année qu’elle m’a avoué qu’elle faisait de la musique, raconte le barman qui s’occupe de la programmation des Dimanches déplogue. On lui a offert de venir jouer quelques tounes un dimanche après-midi et on ne l’a absolument pas regretté ».

Un autre exemple éloquent : Keith Kouna, un artiste qui s’est installé régulièrement sur la scène du Quai des Brumes pour monter son spectacle et qui s’est retrouvé en nomination au gala de l’ADISQ, diffusé dimanche dernier.

Un sentiment de communauté

Jean-Philippe Tremblay ne s’étonne plus de voir certains musiciens débarquer au bar avec une valise dans chaque main. « Comme à la maison, rigole-t-il. En revenant d’une tournée à l’étranger, ce n’est pas rare que les musiciens s’arrêtent d’abord ici pour boire une pinte ».

Anne-Claude Crépin se réjouit quant à elle que la plupart des artistes qui ont fait la renommée du Quai des Brumes aient accepté de revenir se produire sur la scène pour célébrer le trentième anniversaire.

« Trente ans de découvertes musicales, c’est beau et on veut que ça continue », ajoute-t-elle.


Les festivités pour le 30e anniversaire du Quai des Brumes se prolongent jusqu’en juin 2016. Les évènements seront annoncés régulièrement sur leur site web, restez à l’affût!

À lire dans quelques jours : Le Quai des Brumes, 30 ans de luttes sociales 

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