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Club de lecture: lectures d’hiver

Culture

Voici les suggestions de notre Club de lecture cette semaine!

N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur notre page Facebook, car nous publions ce Club toutes les trois semaines!

Romans

Barcelo
Suggestion de David Tuffelli-Rail, bibliothécaire à la bibliothèque du Plateau Mont-Royal

J’haïs les vieux, de François Barcelo, Québec, Coups de tête, 2013. 

Collection romans adultes : C BAR

Pour combattre la grisaille morale du début de l’hiver, rien de tel qu’un peu de littérature humoristique. François Barcelo, auteur québécois, nous offre une bonne dose d’humour noir dans le court roman J’haïs les vieux. Bien qu’il soit lui-même âgé de 86 ans, Armand déteste les vieux. Déteste leur obsession pour la mort et les maladies. C’est pourquoi il vit en ermite dans sa chambre d’un appartement pour retraités. Lorsqu’on le contacte pour qu’il annonce un prix Alys en chanson et décide de mentir sur la gagnante, il voit son quotidien bouleversé par une série d’événements incluant meurtres, vengeances et (horreur) contact prolongé avec des vieux.

Pour les amateurs d’humour cynique, ce roman à la première personne nous plonge dans le cerveau d’un personnage atypique et délicieusement détestable. Avec seulement 110 pages, on le dévore et en redemande. Heureusement, car l’auteur nous offre aussi J’haïs les bébés et J’haïs les anglais.

Polars

ombres de katyn

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Les ombres de Katyn, par Philip Kerr, éditions du Masque, 2015

Je ne suis pas un grand fan de polars, mais je me suis laissé prendre par la série d’intrigues historiques de Philip Kerr basée autour de son personnage fétiche, le policier Bernie Gunther, emporté comme tous les Allemands dans la folie meurtrière du nazisme et de la Deuxième Guerre mondiale. Paradoxalement, si vous aviez à lire un des bouquins de Kerr, choisissez plutôt « La Mort entre autres » ou « Un requiem allemand ». Le genre de bouquin qui vous fait oublier le temps qui passe. Littéralement.

Kerr place donc ses histoires autour de son personnage principal, un enquêteur futé et un brin macho, qui pratique l’humour et le cynisme en désordre, et qui se trouve à être au mauvais moment de l’histoire compte tenu de ses opinions politiques. Car Gunther est républicain et déteste les nazis. Mais le gars des vues (Kerr) fera en sorte que les circonstances jetteront Gunther dans les pattes des plus hauts dirigeants nazis (Goebbels, Göring, Hess, Heydrich, Heichmann, Himmler), ceux qui gravitent autour d’Adolph Hitler lui-même, pour enquêter sur des crimes qui feront le bonheur (ou le malheur) de ses patrons de circonstances. Kerr s’inspire souvent d’événements et de personnages réels, qu’il mélange à ses mises en situation fictives, mais vraisemblables.

Ainsi, pour « Les ombres de Katyn », l’auteur situe l’action en mars 1943, juste après la chute de Stalingrad. Le moral est au plus bas chez les Allemands et Joseph Goebbels a besoin d’un coup fumant pour stimuler les troupes et relancer la guerre psychologique. Sur le front russe, à Smolensk, occupée par les troupes allemandes depuis 1941, une rumeur d’un massacre de plusieurs milliers de soldats allemands par les troupes russes, dont les corps sont enfouis dans des charniers (un fait véridique), parvient aux oreilles de Goebbels. Celui-ci envoie Gunther faire la lumière, en espérant discréditer ses ennemis. Gunther se retrouve dans la forêt de Katyn pour y exhumer les 4000 corps d’officiers polonais et allemands, une opération qui se transformera en véritable panier de crabes pour le policier, dont la vie est rapidement menacée à chaque tournant.

Littérature jeunesse

Pingouin_Polly_DunbarSuggestion de Ganaëlle intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est

Pingouin, par Polly Dunbar, éditions Kaléidoscope, 2007.

Ben déballe son cadeau et découvre un pingouin! Ben le salue et lui demande à quoi il veut jouer. Pingouin ne répond pas. Ben essaye par tous les moyens de le faire parler : il grimace, le chatouille, lui chante des chansons rigolotes, et l’envoie même dans l’espace sidéral. Mais Pingouin ne dit toujours rien… jusqu’à ce qu’un lion à la crinière bleue surgisse. Le dénouement est étonnant (je vous laisse la surprise)! À la fois amusant et touchant, cet album est accrocheur! Avec humour, il présente l’amitié qui peut se déployer au-delà du langage et en faisant fi des différences. Le texte court et rempli d’actions rythme l’histoire d’une façon qui capte l’attention des enfants. L’arrière-plan des pages est complètement blanc et dirige l’intérêt du lecteur vers le dynamisme et l’expressivité des illustrations. Pour avoir lu Pingouin à de nombreuses reprises auprès d’enfants emballés par l’album, il s’avère être un de mes livres coup de cœur! Il s’anime vraiment bien et avec peu de préparation : le texte se lit facilement tel quel à voix haute, les gestes et les actions de Ben se miment aisément. À vous de le découvrir… L’album est disponible à la Bibliothèque Mercier dans la section « Jeunes – Livres d’images » sous la cote DUN.

BD

papyrus de césar

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Astérix, le Papyrus de César, de Ferri et Conrad, éditions Albert René, 2015

Je voulais vous en parler pour Noël, mais je ne l’avais pas lu à temps. Vous en avez certainement entendu parler : le dernier tome d’Astérix, le deuxième signé par les successeurs de Goscinny et Uderzo, les créateurs de la série (René Goscinny est mort en 1977 et Albert Uderzo a 88 ans bien sonnés). Le Papyrus de César est, disons-le, bien meilleur que l’album précédent (Astérix chez les Pictes), dont le scénario, très mince, et l’humour, plutôt plat, n’a pas su rallier la critique.

Le 36e Astérix donne un nouveau souffle à cette série qui a grandement souffert du décès de son scénariste. S’il était un dessinateur génial, Uderzo était un scénariste très ordinaire. Le dernier album offre toutefois un humour un brin plus cinglant, mais beaucoup plus allumé que les derniers albums. Il m’a franchement fait rire, notamment avec les habituels calembours autour des noms de personnages romains. L’allusion à Internet par cette nouvelle technologie romaine des messages envoyés par pigeons voyageurs fait aussi sourire.

L’histoire est mince, mais de notre temps puisqu’il est question de soigner son image. César veut justement éditer ses souvenirs des guerres des Gaules, mais son conseiller et éditeur Promoplus lui conseille de censurer le passage concernant un certain village d’irréductibles… Évidemment, l’affaire va mal tourner lorsqu’un scribe numide et un journaliste, Doublepolémix, s’emparent des passages censurés. Dans le contexte des attentats de Charlie Hebdo, cette histoire prend un autre tournant. Ça se lit avec bonheur, mais on regrette les vieux albums quand même.

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