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Entrepreneur, mais sans le sou : il y a de l’aide!

Économie
L’entrepreneur en herbe peut bénéficier de deux programmes: formation et financement. (Photo: site web de l’ACEM)

L’aventure de l’entrepreneuriat vous tente, mais vous n’avez pas les moyens de votre rêve? Avez-vous pensé au financement communautaire?

L’Association communautaire du crédit d’emprunt de Montréal (ACEM), dont les bureaux sont situés dans le Plateau, dispose justement d’un fonds de crédit communautaire qui permet à des entrepreneurs de démarrer leur entreprise. « C’est le premier fonds du genre au pays, explique Marc Nisbet, conseiller en crédit communautaire de l’ACEM. Nous mettons ce programme de l’avant non pas pour faire la promotion de l’entrepreneuriat, mais pour lutter contre la pauvreté. En fait, nous permettons à des personnes ayant un faible revenu ou sans actif important (des REER bien garnis ou une maison) de prouver la faisabilité de leur projet d’affaires. »

L’entrepreneur en herbe type, qui fait appel à l’ACEM, réside obligatoirement à Montréal et est un immigrant (70 % des participants). Car ces derniers sont habituellement exclus économiquement parce que leur formation n’est pas reconnue ici. Par exemple, l’examen de pratique en médecine vétérinaire au Québec coûte autour de 8000 $ et moins du tiers des candidats le réussissent. Peu d’immigrants en ont les moyens. La plupart des immigrants ont un historique de crédit qui les défavorise.

Pour bénéficier de l’aide de l’ACEM, on se présente à une séance d’information en contactant l’organisme (on s’informe par courriel ou au 514-843-7296). Si on est éligible, on doit démonter de faibles revenus depuis trois ans (en présentant ses avis de cotisation) et présenter un projet. Celui-ci sera examiné par un comité de l’ACEM qui déterminera sa recevabilité.

L’entrepreneur peut bénéficier de deux programmes : formation et financement. Le premier permet à l’entrepreneur de déterminer si son projet est viable. On l’aidera à rédiger un plan d’affaires, il pourra partager son expérience avec d’autres entrepreneurs, se constituera un réseau de contacts et bénéficiera d’un prêt de prédémarrage ou de démarrage pouvant aller jusqu’à 5000 $. Les ateliers de formation théoriques et pratiques s’échelonnent sur une douzaine de semaines.

Le programme de financement s’adresse plutôt à des entrepreneurs à faible revenu, des entreprises d’économie sociale, des OBNL qui ont un projet ou sont déjà en affaires. Il couvre les coûts de démarrage, d’expansion ou de consolidation. On parle ici d’un prêt allant jusqu’à 20 000 $, ou d’un prêt-pont jusqu’à 50 000 $, portant à intérêts annuels de 10 %, et qui doit être remboursé au bout de trois ans. On exige, évidemment, un plan d’affaires.

« Notre taux de succès est de 70 % chez nos participants, reprend M. Nisbet. Il est de loin supérieur à celui des institutions financières traditionnelles. Cela s’explique par notre encadrement : on suit nos entrepreneurs bien après l’échéance du prêt. Nous les accompagnons dans toutes les facettes de leur entreprise. »

L’ACEM appuie environ 25 projets par année depuis 25 ans. Les entrepreneurs se lancent dans tous les domaines imaginables. Ça va de fabrication de bikinis équitables aux champignons de luxe, en passant par les restaurants, les garderies ou l’importation de beurre de karité responsable. « Beaucoup de projets sont liés à la culture même de l’entrepreneur, qui vient majoritairement de l’étranger. C’est très stimulant pour nous, mais c’est aussi un apport économique essentiel pour Montréal et le Plateau. »

Pour les professionnels immigrants

L’ACEM dispose aussi d’un fonds de 1,5 million de dollars qui lui permet de prêter à des professionnels immigrants qui veulent travailler dans leur domaine d’expertise. Le prêt leur permet de faire reconnaître leurs acquis, les frais d’accréditation ou de formation et les coûts d’examens des ordres professionnels. Il peut aller jusqu’à 10 000 $; l’intérêt est de 4 % par an.

On peut investir dans le crédit communautaire

L’ACEM a aussi un volet pour investisseurs. L’organisme recueille des fonds auprès d’individus, d’institutions ou d’organismes privés. Ces prêts sont garantis à 100 % par l’ACEM et génèrent un rendement entre 1 % et 2 % pour l’investisseur.

Pourquoi prêter à l’ACEM? Pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté, réaliser un placement responsable, financer la création d’emplois, promouvoir le crédit communautaire… On peut aussi effectuer un don, qui est déductible d’impôt.

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