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GoTroo, une nouvelle étape du financement socioparticipatif

Économie
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GoTroo, basée sur le Plateau, permet au grand public de devenir actionnaire d’entreprises par des campagnes de sociofinancement. (Photo: Page d’accueil de GoTroo)

Il y a eu Kickstater, puis Indiegogo. Puis Haricot, Ulule, Fundo et Yolomolo chez les francophones. Le financement socioparticipatif vient de franchir une nouvelle étape avec GoTroo.

Basée rue Masson, sur la Plateau, GoTroo amène ce type de financement à un autre niveau : « La différence entre nous et les autres plateformes, c’est que nous permettons à des particuliers de littéralement devenir un actionnaire de l’entreprise qui récolte des fonds », explique Benoît L’Archevêque, associé et fondateur de GoTroo.

« Prenez la société Oculus Rift. Ils ont recueilli autour de trois millions de dollars auprès de plusieurs milliers de personnes sur Kickstater, reprend-il. Un an plus tard, Facebook achète la société pour deux milliards de dollars. Les partisans de la première heure n’ont rien eu, sauf le produit pour lequel ils avaient payé d’avance. Je trouve ça bien que les gens puissent appuyer une cause avec une campagne de sociofinancement. Mais faire un don à une entreprise privée, c’est autre chose! Les entreprises ne sont redevables à personne sur ces plateformes, qu’ils récoltent l’argent ou non. »

Avec une plateforme conventionnelle, les gens font un don en espérant obtenir le produit par la suite. « Sur GoTroo, ils deviennent actionnaires. Ils prennent un risque, mais participent aussi au succès de l’entreprise si elle atteint ses objectifs », ajoute-t-il.

Investir sans se casser la tête

Il faut être membre de GoTroo pour y investir ou y présenter un projet. Le public investisseur suit un cheminement assez simple. L’entrepreneur, lui, doit franchir quelques étapes imposées par l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a accordé des dispenses à GoTroo pour pouvoir opérer dans cinq provinces : Québec, Manitoba, Colombie-Britannique, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse. L’entrepreneur doit remplir documents, déclarations et conventions en ligne, offertes gratuitement par GoTroo, mais qui valent au bas mot 5000 $.

M. L’Archevêque s’est entouré de quatre actionnaires, Robert Brouillette, ex-dirigeant d’Anges Québec, Philippe Brouillette, informaticien, Pierre Gagnon et Anthony Bryant, cofondateur d’Azzimov, un moteur de recherche cognitif pour produits en ligne accrédité par IBM et offert aux États-Unis, au Canada, en Inde, en Chine et au Moyen-Orient. M. L’Archevêque est aussi cofondateur d’Azzimov. En septembre dernier, Pamplemousse.ca avait inséré Azzimov dans son Top 15 des entreprises techno du Plateau.

Le groupe a planché pendant deux ans pour mettre la technologie de GoTroo au point et la faire approuver par l’AMF. Ils ont eu l’autorisation du régulateur l’été dernier et ont lancé leur plate-forme il y a quelques semaines. La première campagne, celle d’Ubios.co, une société de gestion de risque reliés aux dégâts d’eau, a été lancée hier (24 janvier) et a récolté 92 000 $ en 24 heures. Quelques heures plus tard, Ubios avait dépassé son objectif de 100 000$. Une marque qui a réjoui les dirigeants de GoTroo.

« Nous avons lancé GoTroo pour permettre aux entrepreneurs d’avoir un meilleur accès au capital, reprend M. L’Archevêque. Il y a un problème de financement pour les PME en startup ou établies, qui n’ont pas atteint une certaine masse critique. Elles n’ont pas encore assez de ventes pour séduire les sociétés de capital de risque ou les investisseurs institutionnels comme la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité FTQ ou Investissement Québec. On veut aussi permettre au grand public de soutenir nos entrepreneurs. Pour que ceux-ci puissent former un écosystème qui appuiera leur réussite. »

Deux types de financement sont offerts sur GoTroo : Junior et Pro. Le premier permet à une entreprise de récolter jusqu’à 250 000 $, deux fois par année, chaque investisseur voyant sa mise limitée à 1500 $ par entreprise. Le niveau Pro permet de récolter jusqu’à 1,5 M$ par année. Mais l’entreprise doit recruter un investisseur clé dont la participation représente 10 % de la ronde de financement. Le grand public peut miser jusqu’à 2500 $ par entreprise et des investisseurs qualifiés, jusqu’à 25 000 $.

Un entrepreneur sériel

Benoît L’Archevêque est un entrepreneur basé sur le Plateau qui a fait une carrière de trois décennies en publicité. Il a fondé l’agence Génération Pub, ODE Technologies, la plus grosse boîte de dons en ligne au Québec, Yoyomolo, plateforme de sociofinancement, ainsi qu’Azzimov. Yoyomolo, la seule plateforme multiniveau au monde, a distribué près de 1,6 M$ à ce jour. M. L’Archevêque a aussi acheté, il y a deux ans, une autre plateforme de sociofinancement: Fundo.ca.

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