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Le festival du cône orange se poursuit depuis près de 100 ans

Histoire
Travaux d'infrastructure Montréal il y a 100 ans
On attend le béton avant de remblayer l’excavation. Le chapeau dur de construction est remplacé par de grands feutres ou des casquettes. (Source : Archives de la Vile de Montréal)

On s’émeut de l’impact des travaux d’infrastructures sur la rue Saint-Denis en ce moment. Mais qu’en était-il de ces travaux il y a cent ans?

La photo en introduction à ce texte nous montre des ouvriers à l’œuvre sur l’avenue du Parc en 1933. Ils procèdent à l’enfouissement des fils électriques et de téléphone, qui parcouraient auparavant les rues en gambadant de poteau en poteau. C’est en 1910 qu’est créée la Commission des services électriques de Montréal, dont le principal mandat est justement de voir à la disparition de ces fils aériens. D’ailleurs, les lecteurs qui parcourent sur internet les archives photographiques de la Ville de Montréal peuvent admirer des centaines de photos anciennes de divers coins et quartiers de la ville, car la CSEM a documenté son travail en captant des images avant et après son intervention. Ce sont des témoignages éloquents des bienfaits de faire disparaître poteaux et fils dans nos rues.

Mais revenons à nos vaillants cantonniers et à leurs travaux d’infrastructures. La photo nous montre des travaux sur avenue du Parc à la hauteur de Laurier. On fabrique actuellement des « massifs » de conduits afin d’y faire circuler les fils électriques alimentant les différents immeubles. On est en face du cinéma Regent qui est aujourd’hui une succursale de la librairie Renaud-Bray. Sur la façade, on peut lire : « It’s cool in the Regent »; on peut présumer que c’est pour mettre en vedette une nouvelle technologie dont s’est doté le cinéma; l’air climatisé.

Les très nombreux travailleurs sont à l’œuvre (aujourd’hui, les chantiers fonctionnent plutôt avec deux-trois hommes certains jours et une bonne centaine de cônes oranges qui montent la garde). Il n’y a qu’une seule façon pour que les travaux avancent… c’est de travailler. Enfin! Ça, c’est une autre histoire. Il faut dire que c’est la grande Crise et que les travailleurs sont nombreux.

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On s’affaire devant la marquise du cinéma Regent. L’enseigne du « Patsy candy shop » annonce peut-être déjà la future présence de la fée du même nom dans le Mile-End? (Source : Archives de la Ville de Montréal)

C’est bien certain qu’aménager une ville; y installer égouts et aqueducs; bétonner rues et trottoirs; ne se fait pas en un coup de baguette magique.   Allons voir ce qui se passe dans les cours de voirie de la Ville en 1932. C’est par milliers que l’on retrouve entassées les pierres qui serviront de bordures de trottoir. Elles font facilement deux mètres de longueur par une quinzaine de centimètres d’épaisseur et un peu plus de un mètre de profondeur. On distingue également des milliers de tuyaux d’égout ou de canalisation de drainage.

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Les pierres calcaires des carrières toutes proches attendent d’être mises en place comme bordures de trottoir. Les plus vieux se souviendront que les « chaînes de trottoir » étaient effectivement en grosses pierres comme celles-là. Il en reste quelques-unes bordant les sentiers au parc La Fontaine près de Sherbrooke. (Source : Archives de la Ville de Montréal)

On peut facilement imaginer la somme colossale de travail que représentait l’entretien des rues de la ville, ainsi que l’aménagement de celles des nouveaux quartiers qui se développaient à la vitesse grand V, à ce moment-là. Les ouvriers ne manquaient pas à cause du grand nombre de chômeurs disponibles et les travaux avançaient à bonne allure. Aussi, il faut dire que contrairement à aujourd’hui, les ouvriers ne disposaient pas de téléphones intelligents qui pouvaient les distraire continuellement. Ça aussi c’est une autre histoire!

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Autre extrémité de la cour « Des Carrières » où des carriers taillent des pierres devant vraisemblablement servir dans une construction, car elles sont plus finement travaillées. On distingue au loin la silhouette de l’église Saint-Denis et les édifices de la compagnie Barrett qui fabriquait des produits de goudron angle Christophe-Colomb. Les voies ferrées passent juste derrière la cour. (Source : Archives de la Ville de Montréal)

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