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Marcel Barbeau (1925-2016)

Culture
Une toile de Marcel Barbeau)
Marcel Barbeau est un monument de l’art au Québec et au Canada. (Photo: marcelbarbeau.com)

Le 2 janvier, le Plateau a perdu un de ses fils les plus illustres, Marcel Barbeau, l’un des plus grands artistes québécois de tous les temps.

Peintre automatiste, sculpteur, signataire du manifeste du Refus Global, il a connu une carrière internationale. Il s’intéresse aussi à l’estampe, au dessin, au collage, à la photographie, à la performance et à l’installation. Barbeau incarnait le statut d’artiste transdisciplinaire.

Marcel (Christian) Barbeau est né le 18 février 1925 à Montréal. Fils d’une famille ouvrière, il a longtemps habité le Plateau-Mont-Royal, son quartier d’enfance, où il a vécu jusqu’en 1952. Entre 1942 et 1947, Barbeau a étudié le dessin à l’école du meuble de Montréal, où il rencontre, à 18 ans, le peintre Paul-Émile Borduas, qui dirige l’école et y enseigne. C’est une révélation.

En 1945 et 1946, dans son Atelier de la ruelle, aménagé dans un hangar près de la rue Saint-Hubert, il se lance dans la peinture abstraite en compagnie de son ami, le peintre Jean-Paul Riopelle. Ce sont les premières expériences du genre au Canada. Sa carrière de peintre est lancée.

Il peint « avec spontanéité », une peinture « de notre époque », selon ses propres mots. Il participe à toutes les activités des peintres automatistes du Québec. En 1948, il marie la poétesse Suzanne Meloche et signe, cette année-là, le manifeste du Refus global, considéré comme un des événements fondateurs de la Révolution tranquille. En 1952, Suzanne Meloche plaque Barbeau et ses deux enfants, un événement qui affectera grandement le peintre. Un épisode de la vie du peintre qui est raconté dans le film « Les enfants du Refus global » réalisé par sa fille, Manon.

En 1957, il quitte le Québec, une société trop conservatrice à l’époque pour le genre d’art qu’il pratique. Nomade, il vivra à Vancouver, Paris, New York, en Suisse et en Californie. En 1964, à Paris, où il s’est installé pour une longue période, il expose chez Iris Clert. Puis il migre à New York de 1964 à 1968, année où il rencontre sa deuxième compagne, Ninon Gauthier, qui est historienne de l’art. Il revient au Québec en 1974. Dans les années 1980, il demeurera dans Charlevoix. Dans les années 1990, il partagera son temps entre le Québec et la France.

Reconnu pour sa fougue et son énergie, il aura laissé sa marque comme un artiste multidisciplinaire très animé, curieux de tout, de la science comme des autres formes d’expression, notamment la danse et la poésie. Un film célèbre, tourné par sa fille Manon, le montre peignant en dansant, au son d’une batterie démoniaque.

Sa petite fille, Anaïs Barbeau-Lavalette, a évoqué la vie mouvementée de son grand-père, dans son livre intitulé La femme qui fuit. Barbeau a beaucoup souffert du manque de reconnaissance des institutions canadiennes. La véritable reconnaissance de sa magistrale contribution à l’art d’ici est survenue ces dernières années, alors que, diminué par la maladie, Marcel Barbeau continuait de parler de sa peinture avec passion.

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La toile « Le tumulte à la mâchoire crispée » a fait l’objet d’un timbre, émis en 1998.

 

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Marcel Barbeau travaillant dans son atelier de Sutton (Estrie) au cours d’un séjour prolongé au Québec à l’été 2001. (Photo : Wikipedia)

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