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Eatizz s’attaque aux invendus alimentaires

Économie, Environnement
William Steven
William Steven et son équipe planchent sur Eatizz depuis un an. (Photo: courtoisie)

Eatizz, une startup techno du Plateau, entend lutter contre le gaspillage alimentaire en appliquant le principe de l’économie du partage aux invendus de l’industrie.

« Ça fait un an que nous planchons sur ce projet », déclare William Steven, fondateur d’Eatizz, qui se présente comme un site Internet proposant des promotions de dernière minute concernant des produits des restaurants, cafés, boulangeries et autres commerces alimentaires.

« Ces commerçants n’ont pas de système de promotion pour écouler leurs produits à la veille d’atteindre leur date de péremption, reprend M. Steven. Nous entendons leur faciliter la tâche et, du coup, éviter le gaspillage. Car une bonne proportion de ces aliments finissent à la poubelle. Autrement dit, tout ce qui est vendu avec nous n’est pas jeté! »

Le site Internet d’Eatizz permet aux marchands participants d’y gérer leurs invendus sous la forme de promotion de dernière minute. On parle ici de rabais de 50 % à 90 % du prix initial.

La promotion s’affiche sur l’application pour téléphones intelligents IOS ou Androïd, que les consommateurs peuvent consulter (on télécharge ici ou à partir de l’App Store Apple ou de Google Play). L’application est gratuite. Tout le monde peut aussi consulter la page Facebook d’Eatizz.

L’application géolocalise le consommateur et l’alerte sur les spéciaux dans son périmètre. Le consommateur choisit le produit qui l’intéresse et l’application le guide vers le bon commerçant, où il pourra faire son achat. Tout se passe en temps réel.

eatizz

Pour faire de l’argent, Eatizz entend facturer les commerçants à l’utilisation de son service. Il n’y aura pas de frais fixes ou d’engagement. Les commerçants paient pour un lot d’annonces. Plus il y a d’annonces dans un lot, moins son coût est élevé. Pour le moment, Eatizz offre son service gratuitement. Le système deviendra payant pour les commerçants plus tard ce printemps. Le consommateur, lui, ne paie rien.

Eatizz espère avoir plus de 5000 utilisateurs et 150 commerçants d’ici la fin mai. Déjà, une dizaine de commerces sont au rendez-vous.

Le fondateur a eu l’idée d’Eatizz en faisant ses courses chez son épicier. « J’ai vu des offres de dernière minute sur certains produits alimentaires qui arrivent à date limite de vente comme, par exemple, la viande ou les fruits et légumes, dit-il. Ayant un budget d’étudiant, le calcul était vite fait. Je dépensais moins. Seule contrainte : il fallait cuisiner rapidement ces produits avant qu’ils ne soient périmés. Mais comment savoir si les produits qui m’intéressent étaient disponibles? J’allais souvent chez mon épicier pour rien. » William Steven décide donc d’entamer des études en entrepreneuriat à HEC Montréal avec l’idée d’Eatizz en tête. Il découvre rapidement que les épiceries ne sont pas les seules à gérer des invendus.

Le déploiement du service, qui a commencé ces jours-ci, se limite pour le moment au Plateau. Mais les gens d’Eatizz voient beaucoup plus grand. Ils espèrent élargir leur plateforme à l’ensemble de Montréal d’ici un an.

« C’est une opportunité de marché, certes, mais c’est aussi une façon de devenir un acteur du développement durable », conclut William Steven. En effet, selon des chiffres de 2011 de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO), des quatre milliards de tonnes de nourriture produite chaque année dans le monde, 1,3 milliard finit à la poubelle. Ce gaspillage représente des coûts énergétiques de 990 milliards de dollars US et correspond à la troisième source mondiale de gaz à effet de serre. Selon la firme Value Chain Management, en 2010, 40 % de la production canadienne d’aliments finit à la poubelle, ce qui représente 27 milliards de dollars canadiens; 11 % de ces pertes provenant des commerces.

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