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Camelot, musicien et pile électrique du métro Laurier

Culture, Vie de quartier
Hamid Ouchene sur scène. (photo : Pierre de Montvalon)

Il est le concentré de bonne humeur, le shooter d’énergie de nombreux passagers de la STM. Que ce soit aux stations Laurier, Rosemont ou Henri-Bourrassa, Hamid Ouchene, camelot pour le journal Métro, réveille.

De 6 h 30 à 9 h 30, en plus du quotidien vert, il distribue sourires, rires et bonjours à tout va . Il bouscule les codes : blagues et compliments s’enchaînent, réchauffent le cœur de nombreuses personnes. D’autres, moins sensibles ou inconfortables devant tant d’exubérance, continuent leur trajet, inflexibles.

Cette énergie est indissociable avec une passion pour la musique kabyle. Grand joueur de mandole, instrument typique de la musique traditionnelle kabyle, Hamid Ouchene se produit dès qu’il peut sur scène. Camelot le jour, musicien le soir. Le Journal du Plateau s’est entretenu avec cet homme qui n’arrête pas.

Hamid Ouchene avec une cliente de la STM à la station Laurier (photo : Pierre de Montvalon)

D’où vient cette énergie, cette bonne humeur infatigable? 

Moi, je suis naturel. Les gens me disent : « t’es comme ci, t’es comme ça ». Moi je suis comme ça : j’adore la vie, j’adore les gens. Je suis comme ça de nature.

Que fais-tu pour réveiller les gens? Des blagues?

Des blagues, c’est vrai. Avec les gens. Avant, j’ai fait du théâtre quand j’avais 16-17 ans. Je n’étais pas acteur principal, mais j’étais derrière quand même : un petit rôle à jouer avec le groupe. Mais, ce n’est pas juste grâce à ça. Je ressemble beaucoup à mes parents, à mes frères sur ce point : nous sommes tous des musiciens. De vrais musiciens.

Comment est-ce que les gens réagissent? Sont-ils apeurés, surpris?

Oui, c’est vrai! Au début, c’est normal. Ils sont comme : « C’est quoi ça? »

Après, je te jure, il y a des gens qui m’invitent chez eux. Ils me ramènent du café, qu’ils soient hommes ou femmes. J’ai des amis à Laurier maintenant! Plusieurs fois, je suis invité à prendre des cafés chez eux.

Hamid Ouchene en plein concert (photo : Pierre de Montvalon)

Comment ça?

Ils m’invitent à manger. Par exemple, il y a une Africaine que j’adore et qui est masseuse. Et j’aime bien aussi les massages. Elle m’en a offert un! Elle m’a dit pourquoi : « tu es énergique le matin, tu fais des compliments aux femmes ». Mais je ne demande pas le numéro aux gens : juste un compliment par-ci par-là. Aux hommes aussi. Si quelqu’un a une jolie cravate, je lui dis : « Waow! Quelle cravate mon ami! »

Et qu’en est-il de la reconnaissance de ton employeur, le journal Métro?

Une fois, il y avait un contrôle. L’inspecteur me voit de loin, et découvre que je tape dans le dos des gens, que je joue avec les enfants [rires]. Il m’a dit « Écoute, je n’ai jamais vu ça ». Eux, ils n’aiment pas quand tu approches beaucoup des gens. Lui, il est comme ça, de nature. Mais moi aussi, je suis comme je suis. Je lui dis : « Écoute, si ça pose problème, j’arrête et je change de travail ». Il m’a dit : « Non pas de problème! Personne ne se plaint ». Je continue. S’il y a un problème, je vais régler ça moi-même.

Depuis combien de temps es-tu à la station Laurier?

Depuis un an, un an et demi. Et les autres camelots sont mes copains maintenant! [rires] Des copains!

Hamid Ouchene durant le Festival international Nuits d’Afrique (photo : gracieuseté de l’artiste)

Tu es ici un ambassadeur de la musique algérienne. Quels sont tes prochains concerts? Au Balattou?

Non, cette fois-ci j’ai demandé à jouer durant [le Festival international] Nuits d’Afrique, en plein air. Je leur ai donné mon dossier. Ils m’ont accepté. Parce que j’ai fait les Syli d’Or au Balattou. C’est bien.

Quelle est la relation entre ta passion pour la musique et l’homme que tu es? Es-tu aussi généreux sur scène?

C’est ça! J’adore la scène, j’adore vraiment la scène. Malgré que ce n’est pas facile. Il faut toujours se donner à fond. Mais malgré ça, j’adore chanter, j’adore jouer devant un public. Le prochain spectacle est à Saint-Jean sur Richelieu. Et l’été, en Algérie, pour des mariages, galas et soirées. Es-tu déjà allé à une fête algérienne? On t’invitera!

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