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Regards du Népal, 1 an après les tremblements de terre

Culture, Vie de quartier
Regards du Népal (photo : gracieuseté du photographe)

Regards du Népal : une exposition de portraits à la lunetterie George Laoun sur la résilience des Népalais suite aux tremblements de terre de l’année passée, par Frédéric Séguin.

Avec son exposition Regards du Népal, le jeune photojournaliste nous offre une série de portraits réalisés dans les jours suivants les terribles tremblements de terre survenus en avril 2015. Retour sur le parcours et la vision de ce gradué de HEC Montréal qui a décidé de suivre les traces de Sebastião Salgado et de James Natchwey.

De HEC à ton exposition Regards du Népal, comment ça c’est fait ?

Je fais de la photo depuis sept ou huit ans et j’ai fait HEC pour ne pas être pris dans la photo, pour ne pas être obligé de faire juste ça. En finissant, j’ai fait une spécialisation plus reliée à la collaboration internationale.

J’ai alors fondé une petite ONG : Shoot to Help qui promeut le travail des autres ONG à travers la photo : montrer et suivre leurs projets, faire des petits reportages sur leurs activités.

Regards du Népal (photo : gracieuseté du photographe)

Regards du Népal (photo : gracieuseté du photographe)

Tu te dis photographe de l’espoir…

C’est au Népal que ça a vraiment commencé, cette vision là, cette façon de montrer quelque chose de différent : la résilience et la dignité humaine dans des situations difficiles. J’étais là deux semaines avant les tremblements de terre, dans le cadre d’une mission de Shoot to Help en Inde et au Népal.

Premier tremblement de terre. J’étais loin de Katmandou. Puis c’est après que j’ai décidé d’aller photographier les efforts de soutien des autres ONG, notamment le CECI [Centre d’Études et de Coopération Internationale]. Et c’est là qu’il y a eu le deuxième tremblement de terre.

Qu’as-tu vécu ?

Ça a été vraiment dur. On était dans les montagnes avec l’équipe du CECI. Quand ça a commencé, j’ai vu les montagnes descendre, tomber vers moi : des glissements de terrain, des roches qui arrivent de toutes parts. Puis il fallait courir. J’ai vu une roche plus grande que moi, environ 6 ou 7 pieds, rouler sur la route devant moi et s’écraser dans une maison.

Ça, ça a été un peu plus difficile. Mais à travers toutes ces épreuves, j’ai remarqué que les gens étaient quand même souriants. Devant l’objectif, la plupart des gens étaient positifs, étaient quand même forts dans leur malheur. C’est ça qui m’a touché. C’est ça que j’ai voulu partager.

Ce n’est pas ce qu’on voit d’habitude. Ce qu’on voit dans toutes les photos, dans tous les conflits, dans tous les médias, c’est généralement très négatif. Tout n’est pas toujours positif, c’est sûr, mais il n’y pas juste la partie négative.

Regards du Népal (photo : gracieuseté du photographe)

Regards du Népal (photo : gracieuseté du photographe)

Tu te mets à contrepied d’un photojournalisme sensationnel…

Oui. Au final, je trouve ça plus fort comme image quelqu’un qui sourit à travers des relations que quelqu’un qui pleure, qui est triste comme on s’attend à voir de toute façon. C’est de là que tout a commencé.

As-tu vu le désespoir ?

C’est sûr, c’est sûr… Mes photos montrent surtout le positif, mais en général il y a toujours les deux. La plupart des autres photographes se concentrent sur la partie désespoir. J’aime mieux me concentrer sur la partie espoir, qu’on ne voit pas assez souvent. Et que les gens aimeraient voir plus souvent aussi ! Ça nous rapproche aussi un peu de la tragédie : quand c’est trop dramatique, on tend à s’éloigner, on tend à avoir peur, à s’en détacher.

Quelle sorte de photojournaliste aimerais-tu être ?

Me concentrer sur l’espoir, sur créer des contacts humains. Être en partie photojournaliste du moment, mais toujours me rapprocher des gens, être plus près, créer des connections que l’on voit à travers les photos.

Il y a déjà beaucoup d’excellents photojournalistes ; c’est difficile de se différencier, de sortir du lot. C’est ce que je fais en ce moment : travailler plus avec les personnes. C’est quelque chose aussi que tu découvres au fur et à mesure : ce que tu aimes faire, comment tu aimes agir avec les gens.

Regards du Népal, une exposition de Frédéric Séguin, du 5 au 30 avril à la lunetterie George Laoun.

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