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Annika Parance Éditeur : un tremplin pour auteurs qui démarrent

Culture
L'éditrice Annika Parance lors du lancement du dernier livre paru à AP Éditeur
L’éditrice Annika Parance lors du lancement de Psychoze, dernier livre publié par la maison d’édition (photo : Monick Lanza)

Alors que le monde du livre est en plein évolution, Annika Parance décide de lancer sa propre maison d’édition en 2009 et d’ouvrir une branche littérature en 2012. PSYCHOZE, de Marie-Christine Arbour, est le dernier publié en date. Retour sur le métier d’éditrice :

PIERRE DE MONTVALON : Quel est le travail de votre maison d’édition?

ANNIKA PARANCE : Je choisis de publier des livres coups de cœur d’auteurs qui démarrent. Ce sont des livres que j’aurais aimé lire ou des livres dont le sujet et le style m’apparaissent intéressants. Je travaille avec l’auteur sur son manuscrit afin de le rendre plus abouti.

J’espère ainsi participer à créer une nouvelle génération d’écrivains.

D’où vous est venu l’idée d’ajouter en 2012 une branche littérature à votre maison d’édition, alors que le milieu du livre est dans une passe difficile en ce moment?

Parce que c’est mon métier, c’est ce que j’aime faire. Et puis, j’ai toujours eu envie de publier de la littérature, mais je n’avais jamais l’occasion de publier des livres que je choisissais.

J’ai travaillé pendant cinq ans sur les carnets intimes de Marie Cardinal pour sortir un livre intitulé L’Inédit, un livre inédit et posthume. C’était étonnant : les gens se demandaient comment ça se faisait qu’une si petite maison d’édition publie un livre de Marie Cardinal. Tout le monde s’est demandé pourquoi c’était nous et non pas Grasset, l’éditeur français de l’auteure.

Une toute petite structure pouvait se permettre de passer quatre ou cinq ans – en l’occurrence moi – sur un ouvrage. C’est vrai que c’est un risque de se lancer là dedans sans savoir si ça allait aboutir sur quelque chose et si ça allait être suffisamment rentable.

Combien de livres sortez-vous par année?

En littérature, j’en sors un ou deux par année jusqu’à présent. J’aimerais augmenter à trois voire quatre. Mais je ne veux pas non plus en publier trop pour ne pas avoir un programme éditorial trop important : je veux prendre du temps pour sortir mes livres.

Je valorise vraiment le fait de pouvoir décider à quel moment publier chacun. S’ils ne sont pas prêts, qu’on ne les sorte pas. C’est peut-être une plus grande liberté qu’on a quand on est une plus petite maison d’édition.

Couverture de Psychoze, dernier livre publié par la maison d'édition

Le métier a t-il évolué depuis ces dernières années?

Dans la méthode de travail, je dirais que non, ça n’a pas du tout changé selon moi.

Le travail de l’éditeur est d’accompagner l’auteur. En lui posant certaines questions, en décortiquant certains passages, il s’agit de lui faire réaliser lui-même tout ce qui a été écrit inconsciemment et de l’amener à aller plus loin. Chaque livre est une aventure.

Tout écrivain a publié des premiers livres – qui n’étaient pas des monuments de littérature pour la plupart. Un écrivain, c’est tout une œuvre. Un éditeur travaille avec lui pour la poursuivre et l’accompagner dans cette création qui peut s’échelonner sur toute une vie.

Quelle est cette relation entre écrivain et éditeur?

L’éditeur, c’est un passeur : permettre à un texte d’aller trouver des gens, de mettre en contact un auteur avec ses lecteurs – parce qu’il y a aussi l’aspect commercialisation, promotion du livre et éventuellement vente de droits à l’étranger.

Pour L’Inédit de Marie Cardinal, je suis passée par tout le processus jusqu’à ce que Grasset achète les droits pour le faire revenir en France : le faire revenir aux lectrices françaises qui avaient adoré cette auteure quand elle avait publié Les Mots pour le dire, elle qui représentait les femmes en quelque sorte.

Il y a eu tout le travail d’édition, puis après ça, le livre part. Mais il ne part pas comme ça : il y a beaucoup d’efforts pour le faire connaître, le porter.

Le monde de l’édition au Québec et celui en France, quelle différence?

En France, il doit y avoir encore plus d’écrivains et encore plus de manuscrits!

Il y a beaucoup de gens qui veulent être publiés et beaucoup de gens qui écrivent. De plus en plus, j’ai l’impression.

L’écriture est aussi une forme de thérapie pour beaucoup de monde. C’est un moyen de se poser des questions, d’entrer dans l’univers de quelqu’un d’autre : comprendre comment l’autre personne appréhende ses propres problèmes et découvrir sa vision du monde.

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