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Montréal… ville de congrès

Histoire
On voit ici l'arche installée angle Cherrier et Saint-Hubert. L'immeuble de gauche est toujours debout. (source : collection de cartes postales anciennes de Christian Paquin / Musée Pointe-à-Callières)
On voit ici l’arche installée angle Cherrier et Saint-Hubert. L’immeuble de gauche est toujours debout. (source : collection de cartes postales anciennes de Christian Paquin / Musée Pointe-à-Callières)

On vous parle de religion aujourd’hui !  Pour ceux qui ne le savent pas (et ils sont peut-être nombreux), dans le Québec du début des années 1900, la religion prend une place très importante dans notre société.

L’Église exerce un rôle crucial dans la vie familiale, la vie sociale, la vie politique, et elle tente aussi sa chance dans le domaine économique. Celui-ci étant majoritairement dirigé par l’élite anglo-saxonne, les curés ont moins de succès de ce côté-là.

Par contre, avec la société francophone, l’église tient solidement le haut du pavé. Pour démontrer sa puissance, l’église québécoise décide de marquer un grand coup et convainc Rome de la laisser organiser un premier grand congrès eucharistique international hors de l’Europe. Mgr Bruchési a convaincu le pape en lui disant que Montréal était la plus grande ville catholique de l’Amérique.

À l’automne 1910, Montréal recevait donc le monde entier, pour le XXIe Congrès Eucharistique, le premier donc à se tenir de ce côté de l’Atlantique. C’est une manifestation grandiose, à portée internationale, et il est facile d’imaginer toute l’excitation de l’église montréalaise à cette occasion. Mgr Bruchési, qui dirige le diocèse, doit être convaincant, car toute la population met l’épaule à la roue. On retrouvera tout au long du parcours de la procession de clôture du congrès de grandes et magnifiques arches d’apparat. Elles sont le fruit des efforts de diverses communautés; autant des paroisses de Montréal que d’autres régions du Québec, et l’on retrouve même (angle Saint-Laurent et Rachel) une arche faite de gerbe de blé; offerte par les Canadiens français du Manitoba. Une autre vue de l’arche de la rue Saint-Hubert.

 Vue de l'arche illuminée en soirée. (source : collection Christian Paquin  /  Musée Pointe-à-Callières)

Vue de l’arche illuminée en soirée. (source : collection Christian Paquin  /  Musée Pointe-à-Callières)

Bien sûr, chaque paroisse voudra rivaliser d’audace et de grandeur. On voit plus bas, l’arche située avenue Laval, tout juste au sud de la rue Roy. Comme je n’ai pas fait mon cours classique, je traduirais l’inscription « Ecce Panis Angelorum », que l’on peut voir sur l’arche, par « Voici le pain des Anges». Elle est d’ailleurs justement décorée, par une multitude d’anges aux ailes dressées. La photo nous montre également la magnifique église Saint-Louis-de-France, située sur la rue Roy. Nul doute que ce grand événement a laissé des souvenirs nombreux aux fidèles de cette paroisse.

Arche élevée sur l’avenue Laval tout juste au sud de la rue Roy. Les immeubles de gauche sont également toujours debout. (source : Archives de la paroisse Saint-Louis-de-France)

Arche élevée sur l’avenue Laval tout juste au sud de la rue Roy. Les immeubles de gauche sont également toujours debout. (source : Archives de la paroisse Saint-Louis-de-France)

Le congrès culminait avec une procession majestueuse entre l’église Notre-Dame et le mont Royal. Les annales parlent d’une foule de 100 000 chrétiens qui participèrent à cette procession qui dura sept heures. Une messe fut célébrée par le légat du pape sous un baldaquin, lui aussi, fort élaboré et décoré, qui se dressait au Fletcher’s field, l’actuel parc Jeanne-Mance. D’ailleurs, on dit que c’est le mouvement populaire, qui s’est manifesté lors du congrès, qui a suscité le changement de nom du parc.

Le grand reposoir installé au parc Jeanne-Mance où est célébrée la messe solennelle par le légat papal. (source : collection Christian Paquin  / Musée Pointe-à-Callières)

Le grand reposoir installé au parc Jeanne-Mance où est célébrée la messe solennelle par le légat papal. (source : collection Christian Paquin  / Musée Pointe-à-Callières)

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