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Dialogue philosophique avec des Sauvages au Champ des Possibles

Culture, Histoire
Frontispice des Dialogues avec un Sauvage, où l'Indien foule de ses pieds le sceptre, les lois et la couronne, symboles de la civilisation européenne de l'époque
Frontispice des Dialogues avec un Sauvage, où l’Indien foule de ses pieds le sceptre, les lois et la couronne, symboles de la civilisation européenne de l’époque

À l’occasion du 350e anniversaire de la première « Dispute philosophique publique » au Québec, une trentaine de personnes va échanger quelques répliques des Dialogues avec un Sauvage du Baron de Lahontan dans un cadre convivial au Champ des Possibles, le 2 juillet prochain.

Ces Dialogues mettent en scène Adario, figure du Bon Sauvage aux répliques pleines d’ironie sur les dérives de la civilisation européenne de l’époque. L’écriture de Lahontan nous parle d’une certaine manière de vivre, d’une vision du monde et d’un idéal qui peuvent encore aujourd’hui nous guider.

Une lecture pour tous

Pas besoin d’être philosophe : tous et toutes sont invités à venir porter une des répliques du personnage principal de ce texte majeur du tout début du XVIIIe siècle.

« Il y a toujours de la place pour quelqu’un qui veut s’ajouter aux lecteurs! Pas besoin d’être comédien », annonce Mathieu Parent, instigateur de la lecture publique. « Il a juste à me contacter afin que je fasse parvenir la réplique à lire. »

Des Dialogues annonciateurs

Nous sommes en 1666 dans la future ville de Québec. Jean Talon vient d’être nommé Intendant du Roi. La ville est cosmopolite : métis, colons et tribus amérindiennes s’y côtoient. Les Jésuites, installés depuis déjà quelque temps, organisent alors la première « Dispute philosophique publique » du Bas-Canada.

« J’ai choisi un texte qui nous met dans le contexte du 17e siècle en Amérique : ancré dans des observations et dans des expériences faites ici, mais qui sont critiques de la civilisation française de l’époque », ajoute Mathieu Parent.

Les Dialogues se placent aussi dans l’histoire occidentale puisqu’ils posent des questions qui sont en amont de grandes transformations qui vont avoir lieu en Occident : les révolutions française et américaine qui s’en viennent, ainsi que des textes majeurs de Rousseau ou de Montesquieu.

Affiche des DIALOGUES1666

Créer un espace public

Le but n’est pas de faire une reconstitution de ce débat tricentenaire. « On le lit à plusieurs, on ouvre une place pour le débat tout en acceptant sa dimension politique, sociale et historique. Et c’est ça qui fait la modernité du texte », insiste Mathieu Parent.

« Je veux rappeler la place de la philosophie dans l’espace public. On crée une occasion de réfléchir, de se réfléchir en fait. Ce qui ne va pas de soi. D’ailleurs, il ne faut pas perdre de vu que la philosophie a un sens quand elle s’ancre dans une pratique. »

Le Champ des possibles, espace catalyseur

Cet ancien terrain industriel permet de faire des liens entre les éléments du paysage et les différentes thématiques abordées dans les Dialogues.

« Se trouver près d’un couvent en lisant le dialogue sur la religion, en même temps près d’un site ayant servi à la production industrielle de textile, qui renvoie donc à une certaine idée du bonheur, des manières de vivre de l’histoire récente de Montréal; se frotter à un site qui a des relations conflictuelles avec les instances de la loi : le chemin ferré avec les chemins que les gens ne cessent d’ouvrir et d’emprunter… voilà un environnement parfait pour la lecture des Dialogues », explique Mathieu Parent.

C’est un site chargé d’Histoire qui sera à partir de 14 h l’hôte des répliques d’Adario portées par une trentaine de Sauvages du XXIe siècle. Amener couverture et pique-nique!

Et pour approfondir : un article de Réal Ouellet, professeur de littérature française à l’université Laval, sur le personnage d’Adagio.

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