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Pavé Poésie : de la poésie sous toute ses formes sur l’avenue du Mont-Royal

Culture, Vie de quartier
Jeux de mots, une activité du Pavé Poésie en 2014 (photo : Jean-François Leblanc)

À l’occasion de la troisième édition du Pavé Poésie sur l’avenue du Mont-Royal, de ses spectacles, déambulations et ateliers tous plus poétiques les uns que les autres, rencontre avec Sylvie Dugré, directrice artistique du festival.

PIERRE DE MONTVALON : Pavé Poésie, qu’est-ce que c’est?

SYLVIE DUGRÉ : C’est un évènement consacré à la poésie qui se passe tout au long de l’avenue du Mont-Royal, en même temps que la Foire commerciale de l’Avenue. L’idée est d’amener la poésie près des gens, de l’amener dans la rue.

Le Festival de poésie de Montréal, notre partenaire, se déroule en même temps. Nous avons décidé cette année de mettre nos énergies en commun afin de diffuser la poésie de manière plus large, plus globale pour qu’il y ait un écho poétique considérable dans le quartier.

Toutefois, ce sont deux évènements distincts. À Pavé Poésie, nous faisons ce que nous savons faire de mieux : animer le domaine public, aller vers les gens avec des animations grand public tout en demeurant de qualité.

De quelle manière la poésie va-t-elle à la rencontre des festivaliers?

Un exemple : le parc des Compagnons-de-Saint-Laurent sera transformé en salon de lecture avec des livres recueillis tout au long de l’année chez des éditeurs de poésie.

Or, les adolescents de l’école Secondaire Jeanne-Mance ont l’habitude de « chiller » au parc le midi. Nous les dérangions un peu avec notre Salon de la poésie.

D’emblée, nous leur avons dit : « Vous êtes les bienvenus, mais si vous êtes ici, vous devez lire de la poésie. » Au début, ils hésitaient entre partir ou rester ici et « se taper de la poésie ». Finalement, une médiatrice est intervenue et leur a présenté les différents livres et auteurs. Ils ont trouvé ça cool, et finalement ils ont aimé ça.

De la même manière, nous voulons de la poésie dans les commerces, car nous sommes un acteur commercial. C’est faire en sorte que les deux aspects se joignent. Des petits blocs de poèmes ont été distribués aux commerçants qui en joindront un avec chaque facture. C’est une façon non intrusive d’aller vers les gens!

Un festival pour tous alors!

Nous pensons que tout le monde aime la poésie, c’est juste que les gens ne le savent pas. Ils croient qu’il faut être très cérébral, très intelligent pour l’apprécier.

De la poésie qui parle à tout le monde : c’est la position que nous avons décidé de prendre. Nous avons, par exemple, une activité participative avec Patsy Van Roos : des poèmes en hommage aux victimes de l’attentat de Bruxelles imprimés sur des tee-shirts à promener.

Comment le public réagit-il?

Les gens se sont rendu compte qu’il n’y a pas besoin de lire de la poésie chaque soir pour se sentir concerné. La poésie peut être simple, agréable.

Si on veut s’initier à la poésie, on peut le faire par différents moyens. L’année dernière par exemple, nous avions des jardiniers-poètes qui mettaient des poèmes dans un pot avec une petite pousse et les gens repartaient avec.

Alors, quelle est la nouveauté de cette édition?

Il y en a plusieurs ! Le déambulatoire de Patsy Van Roos, sur trois jours, est assez impliquant; les deux parcours « brouette » accompagnés du poète Baron; CR!ONS, un atelier pour les enfants; la poésie exquise, sur le modèle du cadavre exquis des Surréalistes français. C’est une nouvelle façon de s’adresser à un public jeune.

Dans plusieurs années, comment voyez-vous Pavé Poésie?

La poésie existe toujours et fera toujours partie de notre vie. Il faut l’adapter à la clientèle, au quartier. Il faut juste rester près des gens.

Un coin de lecture au Pavé Poésie en 2014 (photo : Jean-François Leblanc)

Un coin de lecture au Pavé Poésie en 2014 (photo : Jean-François Leblanc)

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