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Notre Terre Jadis : planches de jeunesse devenues BD initiatique

Culture
« Notre Terre Jadis », une bande dessinée de Peter Ricq.
« Notre Terre Jadis », une bande dessinée de Peter Ricq.

Découverte dans le paysage de la bande dessinée nord-américaine : Notre Terre Jadis, de l’artiste canado-allemand Peter Ricq. Celui-ci vient poser ses valises pour quelques jours sur le Plateau. L’occasion de découvrir une très bonne BD — dont la suite est attendue avec impatience! — et son prolifique auteur/musicien/réalisateur/animateur.

Conte post-apocalyptique

Un jeune garçon se réveille un matin de 1832 dans une petite ville du sud de l’Allemagne. Ses parents ont disparu. Un cadeau apparaît devant chez lui : une boîte vide et sans fond. Il décide alors de nouer l’un à l’autre tous les draps qu’il trouve dans la maison et descend explorer la caisse abyssale, alors que les habitants de la ville disparaissent. La deuxième partie suit les aventures d’une jeune survivante dans un monde envahi par des créatures sorties de ces boîtes sans fond.

L’héroïne de « Notre Terre Jadis » face aux monstres envahisseurs

Peter Ricq a décidé de conserver tous les dialogues de ses personnages en allemand. « Ça m’a toujours déplu d’écouter un film dont l’action se situe en Allemagne avec des personnages allemands qui parlent tous en anglais avec un accent très british », explique-t-il. Les dialogues simples ne freinent toutefois pas la narration de l’histoire, aidée par les bulles carrées explicatives, elles, en français.

« Notre Terre Jadis est très visuel : à la manière de Hitchcock, de Star Wars ou de Mad Max, les dialogues ne sont pas l’élément clef de l’œuvre. C’est plus l’univers, ainsi que les personnages évoluant dans cet environnement, qui comptent. »

Introspection familiale

Artiste multidisciplinaire, le cinéma et la réalisation amènent Peter Ricq à faire de la bande dessinée : « Quand tu fais de la BD, tu touches à tout : scénario, décor, costume, univers, maquette, coloriage. Et les planches sont très difficiles à construire. C’est une bonne école pour apprendre à raconter une histoire. »

L’œuvre du peintre et poète romantique Carl Spitweg a bien inspiré Peter Ricq pour façonner son univers. « Un arrière-grand-père de ma mère était le maire d’une petite ville dans le sud de l’Allemagne. Je l’ai visité souvent étant jeune et me suis librement inspiré de celle-ci pour créer la ville où l’action se situe. »

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« J’ai d’abord présenté la première partie de l’histoire à mon frère, alors que j’avais 19 ans. Celui-ci n’a pas cru que c’était moi derrière les 20 planches. Une maison d’édition m’a contacté et de fil en aiguille, j’ai finalement publié moi-même – avec l’aide de nombreux amis – la BD. »
Alors qu’une grosse maison d’édition montréalaise lui propose des droits d’auteur dérisoires, le bédéiste décide d’auto-publier Notre Terre Jadis. C’est un choix que plus en plus de jeunes auteurs font, comme le prouve la place de plus en plus importe des auto-éditeurs dans les festivals de bande dessinée.

Et preuve du succès : toutes les éditions papier ont été écoulées. Mis à part celles que l’auteur apporte avec lui pour sa signature, le vendredi 29 juillet de 18 h à 22 h, au Studio Bliss sur la rue Saint-Laurent. On peut aussi acheter la version PDF sur son site.

 

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