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Shakespeare et son Jules César au Parc Jeanne-Mance

Culture
Marc-Antoine et les conjurés (©Studio Baron Photo)
Marc-Antoine et les conjurés © Studio Baron Photo

La tournée « Shakespeare-in-the-park » du Théâtre Repercussion s’installe dimanche 17 juillet au parc Jeanne-Mance pour une représentation gratuite et en version originale de la pièce Jules César. Joué par une troupe entièrement féminine, ce drame politique plonge au cœur de la lutte entre ambitions personnelles et bien commun.

Réinverser le rôle de la femme 

Jules César est une pièce très masculine. On y trouve seulement deux personnages féminins qui sont tout au long de la pièce synonymes de faiblesse, voire une insulte. « Les femmes de Brutus et de Jules César ont beaucoup de force, mais aucun pouvoir. Elles sont constamment mises au ban par les personnages masculins », note Amanda Kellock, directrice artistique du Théâtre Repercussion.

« Mettre en scène avec une distribution régulière, ça ne m’intéressait pas. Entendre une comédienne lancer d’une voix puissante “Our sufferings are womanish!”, c’est ça que je veux explorer : questionner la manière dont on utilise notre langue pour décrire les sexes. »

Entrée des sénateurs romains ©StudioBaronPhoto

Entrée des sénateurs romains (photo: © Studio Baron Photo)

Pièce éternelle

Une des caractéristiques de l’œuvre de Shakespeare est l’intemporalité de son œuvre. Jules César n’y coupe pas : un dirigeant charismatique essayant d’obtenir plus de pouvoir est finalement tué par ceux dont il veut se débarrasser.

« Assassiner un dictateur, tuer symboliquement un personnage public, ce n’est pas comme ça que l’on détruit une idée. L’idée persiste. Quand Jules César est tué, son fantôme est très présent pour le reste de la pièce. Ces leaders assassinés parce que perçus comme trop puissants : les Che Guevara, JFK, Martin Luther King Jr., tous deviennent des mythes. » 

 

Surmonter la peur du texte

La langue de Shakespeare peut effrayer un certain public qui ne serait pas familier avec celle-ci. « Même des anglophones sont largués ! Certains vont penser qu’ils sont stupides, car ils ne comprennent pas tous les mots. Souvent, ça peut être plus facile pour les personnes dont l’anglais est une langue seconde, parce qu’ils sont justement habitués à ne pas comprendre chaque mot », rassure Amanda Kellock.

Cette année, le Théâtre Repercussion s’est associé avec l’agence Plank Design afin développer une application mobile offrant des sous-titres en français. Une manière d’outiller le public, quelle que soit sa langue natale, pour qu’il puisse se plonger dans la pièce.

« Shakespeare n’est pas fait pour être lu, mais pour être entendu. Si un acteur fait bien sa job, ça doit être plus simple pour l’audience. Beaucoup du sens des dialogues vient des sonorités, du rythme, du mouvement du langage. »

Jules César et le devin © Studio Baron Photo

Jules César et le devin. (photo: © Studio Baron Photo)

Fascination nord-américaine 

Enseigné à tout bout de champ dans les écoles secondaires, joué et rejoué à l’année dans les théâtres du Canada et des États-Unis, avec une myriade de festivals consacrés à son œuvre, Shakespeare est réellement un monument dans la psyché nord-américaine.

Mais loin de cette figure canonique, son œuvre est avant tout drôle, crue, réfléchie, déchirante. « Shakespeare était un homme du peuple. Il écrivait autant pour les petites gens que pour la reine. Il y a beaucoup d’humanité dans son œuvre », conclut Amanda Kellock.

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Jules César, une tragédie de Shakespeare au parc Jeanne-Mance, le dimanche 17 juillet, à 19 h.

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