Publicité

Portrait d’une artiste du Plateau : Dominique Sarrazin

Culture
L’atelier de Dominique Sarrazin. (photo : gracieuseté de l’artiste)
L’atelier de Dominique Sarrazin. (photo : gracieuseté de l’artiste)

En 30 ans de métier, Dominique Sarrazin a une production immense. Graveuse, peintre, « coulographiste », l’artiste explore différents médiums, mais « continue d’utiliser le même type de langage. » Chargée de cours à l’UQAM, elle est aux premières loges de la relève artistique québécoise. Pourtant, elle déplore l’inaccessibilité d’espace où exposer pour des artistes indépendants en fin de carrière.

Son studio est situé dans un îlot de paix et de verdure du Plateau : la rue Lafrance. Entre la grande ruelle et l’espace vert, celle-ci fait partie de ses rues à l’écart des commerces et du trafic, espace de calme et de voisinage, envahi seulement par les herbes sauvages et les enfants.

Son studio appartement est typique de celui d’un artiste : des toiles accrochées aux murs, des toiles posées sur des tables, des toiles entreposées; des bouts de peintures au sol, des tables maculées, des pinceaux, une presse, des pots de peinture. Un joyeux bazar.

L'atelier de Dominique Sarrazin (photo : gracieuseté de l'artiste)

L’atelier de Dominique Sarrazin (photo : gracieuseté de l’artiste)

La fluidité comme langage (démarche)

Ce qui détonne dans l’œuvre de Dominique Sarrazin est la fluidité de ses peintures. C’est un dénominateur commun : « La liquidité est un thème récurrent de mon travail. L’envie de peindre vient avec la spontanéité. J’essaye d’investir le tableau avec les fluides », explique l’artiste.

Et cela peut donner des résultats impressionnants, comme la série de trois tableaux faite à partir d’une même matrice, soit une planche de bois sur laquelle sont marouflées, collées, différentes couches de peintures et de matériau, comme de l’aluminium. Le hasard maitrisé de l’artiste a donné vie à trois figures en croix, trois différentes versions de la Vierge.

Alors que la colographie vient coller matériau et peinture, Dominique Sarrazin explore une variation de cette technique : la « coulographie ». La peinture est « coulée », séchée, ancrée puis imprimée sous presse.

IMG_0486

Différentes œuvres de l’artiste (photo : gracieuseté de Dominique Sarrazin)

Réaffirmer l’importance des artistes séniors (exposition)

« Après 30 ans de métier, je trouve que c’est maintenant que mes œuvres sont les plus abouties. » Pourtant, Dominique Sarrazin a du mal à trouver où exposer. « C’est comme si, dès qu’un artiste passe la cinquantaine, surtout s’il n’est pas représenté par une galerie, il disparait aux oubliettes. Parce qu’on ne fait plus partie de la relève, on n’est plus intéressant? »

L’artiste pointe du doigt le réseau des Maisons de la Culture. « C’est tellement compliqué d’exposer dans leurs réseaux ! Ça en devient frustrant de faire face à tant de difficultés pour montrer mon travail au public », affirme-t-elle.

Affirmer la beauté (processus et rendu)

Qu’est-ce qui fait un bon artiste? « Aller explorer des espaces inconnus », répond l’artiste. Pourtant, le rendu final ne doit pas être sacrifié au nom de la démarche selon l’artiste : « Je crois en l’importance de la beauté, de la subtilité. Pour moi, le rendu doit stimuler. »

Chargé de cours à l’UQAM, Dominique Sarrazin conseille l’exposition annuelle « Paramètre » de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, attendue par les collectionneurs montréalais. « Un grand talent, c’est aussi évident qu’un coquelicot dans un champ de pissenlit. »

Vos commentaires
loading...