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« Pour une métropole en affaires » : les commerçants se réjouissent

Économie
La Grande Terrasse Rouge (photo : Héléna Vallès)
La Grande Terrasse Rouge (photo : Héléna Vallès)

« On sent qu’on écoute enfin les commerçants. » C’est ainsi qu’a réagi Charles-Olivier Mercier à la publication du rapport du Comité de travail sur la fiscalité non résidentielle et le développement économique de la Ville de Montréal.

M. Mercier, qui est directeur général de la Société de développement de l’Avenue du Mont-Royal (SDAMR), accueille très favorablement les recommandations comprises dans le rapport. Il a d’ailleurs siégé sur ce groupe de travail, créé en février 2016 par l’administration du maire Denis Coderre. Le rapport comporte 17 recommandations pour alléger la fiscalité et la bureaucratie montréalaise pour le secteur non résidentiel.

« Montréal a beaucoup à faire afin d’améliorer les conditions favorables au maintien, voire au développement de bonnes entreprises sur son territoire par rapport à sa banlieue et aux autres métropoles. Cela dit, elle peut redevenir assez rapidement compétitive grâce aux mesures du rapport et à la volonté politique de la Ville de Montréal et du Gouvernement du Québec », a déclaré Charles-Olivier Mercier dans un communiqué.

En entrevue avec Pamplemousse.ca, il a précisé que le rapport pose les problèmes frappant le secteur commercial montréalais sur la base des faits, de la taxation, de la fiscalité, des services aux entreprises… « Il faut restaurer la confiance des commerçants face à l’administration municipale, dit-il. Les commerçants veulent une ville qui leur rend service et qui leur déroule le tapis rouge quand ils amènent des projets. Et ils sont en droit de s’attendre à cela. »

À l’heure actuelle, les commerçants se plaignent de la gigantesque lourdeur administrative et fiscale montréalaise. « Quand tu proposes un projet, tu fais face aux 12 travaux d’Astérix. Les formulaires, les délais, la paperasse, les tracasseries, la bureaucratie de Montréal et des arrondissements sont un dédale sans fin. Quand un commerçant de Rosemont veut s’installer également dans le Plateau, c’est comme s’il ouvrait une succursale dans un pays étranger. Montréal a besoin d’harmoniser et de simplifier à l’extrême sa réglementation, ses processus. »

Lourdeur fiscale

« Sur le plan fiscal, il n’y a pas d’équité entre le résidentiel et le commercial à Montréal. Pourtant, le premier consomme beaucoup plus de services que le deuxième, qui paie une part disproportionnée des taxes en fonction de son poids dans l’économie, reprend M. Mercier. À Montréal, le secteur non résidentiel représente 26 % de l’assiette foncière, mais paie 56 % des services. Pour chaque dollar, on paie 4,59 fois plus cher que le secteur résidentiel. C’est aberrant. »

« Le fardeau fiscal est si élevé que nos commerçants peinent à être compétitifs face à la banlieue ou des villes comme Toronto, dit-il. Ça signifie qu’il se perd des emplois ici et que la qualité de vie en est très affectée. »

Pour améliorer les choses, M. Mercier rejette les coupes dans les services. « On a vu les limites des politiques d’austérité chez nous et partout dans le monde, dit-il. Pour réduire la charge fiscale, il faut miser davantage sur l’efficacité et diminuer le gaspillage et la bureaucratie. »

M. Mercier donne l’exemple de l’écofiscalité : il considère que d’avoir abandonné le projet d’installer des compteurs d’eau dans les résidences encourage le gaspillage d’une ressource qui coûte des millions aux Montréalais.

Chantiers

Le rapport s’attarde également sur la gestion des mégachantiers de rénovation d’infrastructures sous les artères commerciales.

« Il faut planifier adéquatement les travaux de grande envergure et éviter d’ébruiter ces chantiers des années à l’avance, pour créer un psychodrame chez les commerçants et la population, reprend Charles-Olivier Mercier. Il faut bien planifier le déroulement des travaux, prévoir des solutions à la poussière, au bruit, au stationnement, corriger les erreurs du passé dans le design urbain, s’assurer d’une efficacité maximale dans le déroulement du chantier, prévoir une communication constante et des mesures de compensation financière pour les commerçants affectés par les travaux. »

Il considère qu’en aidant les commerçants de la sorte, Montréal connaîtra moins de fermetures de commerces. « Chaque fois qu’un commerce disparaît, les quartiers et les rues commerciales perdent une expertise précieuse. Un nouveau commerçant a 30 % de chances de survivre aux trois premières années d’existence de son commerce. A-t-on les moyens de voir ainsi les quartiers perdre une partie de leur âme? »

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