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Voyage dans le Nord sur l’avenue Mont-Royal

Culture
Le photographe Robert Fréchette au côté de ses œuvres situé sur l’avenue Mont-Royal. Il a vécu une quinzaine d’années parmi les Inuits du Nunavik. (photo : Maude Petel-Légaré)
Le photographe Robert Fréchette au côté de ses œuvres situé sur l’avenue Mont-Royal. Il a vécu une quinzaine d’années parmi les Inuits du Nunavik. (photo : Maude Petel-Légaré)

Présentée sur l’avenue Mont-Royal, l’exposition Pérégrinations nordiques de Robert Fréchette donne accès à la vision personnelle d’un photographe ayant séjourné plus d’une quinzaine d’années au Nunavik. Portrait inédit d’une immersion chez les Inuits du nord du Québec.

Entre la rue Fullum et la rue de Bullion sont affichées 53 photographies de Robert Fréchette. Autrefois photojournaliste à temps plein et cofondateur de l’Agence Stock Photo, il s’est établi en 1994 à Kangiqsujuaq et est devenu directeur au développement pour des parcs nationaux du Québec. « Puisque je travaillais en même temps, les photographies que je prenais ne faisaient pas partie d’un projet continu. Je me promenais d’une place à l’autre, d’où le mot “pérégrination” », explique Robert Fréchette. À l’aide de pratiques photographiques diverses (aérienne, animalière et photojournalisme documentaire), il a capté un Nunavik qui lui est propre. « Ce ne sont pas des clichés approfondis. Ils sont forts et représentatifs de ma vision des Inuits », confie-t-il. Aujourd’hui, Robert Fréchette est installé à Montréal comme directeur général de l’institut culturel Avataq.

Nunavik, même province, mais pourtant inconnu

Son exposition reflète une région riche en culture et va au-delà des perceptions habituelles. « Je ne veux pas montrer le misérabilisme qui se trouve là-bas, car tout le monde connaît cette réputation qu’ont les Inuits. Je veux plutôt transmettre ce qu’il a de plus beau », précise-t-il. Ce territoire, qui fait partie du Québec, est pourtant inconnu de la plupart. « Je veux ouvrir l’horizon sur le Nunavik, révèle-t-il. C’est une région extraordinaire; la culture est différente, Ia manière de penser aussi et la plupart des savoirs se traduisent par le mimétisme et par tradition orale, chose fascinante ».

Robert Fréchette et la description de son exposition, également traduite en inuktitut, langue parlée par les Inuits du Nunavik. (photo : Maude Petel-Légaré)

Robert Fréchette et la description de son exposition, également traduite en inuktitut, langue parlée par les Inuits du Nunavik. (photo : Maude Petel-Légaré)

Exposer dans la rue, avantage et désavantage

Ce photographe a rencontré plusieurs contraintes tout au long de la construction de son exposition. « On impose une image au public. Alors, il faut faire attention à ce que l’on montre », divulgue-t-il. Par exemple, même s’il a réalisé plusieurs reportages sur la chasse, il n’a pas pu les afficher sur l’avenue. « Pour moi, les Inuits ont gardé un contact avec la nature qu’on a perdu depuis vraiment longtemps. Ils ont une relation avec le territoire, la nature et les animaux que je n’ai pas pu exprimer dans cette exposition-là, car mes photos de chasse étaient graphiquement trop spectaculaires », développe-t-il. Une autre difficulté qu’il a rencontrée est le manque de ligne narratrice due à la dispersion des œuvres. « Dans une salle d’exposition, on te fait voyager à travers une histoire et une série d’émotions, met-il de l’avant. Sur la rue, il faut avoir une différente approche. » Pour y remédier, il a misé sur des îlots comportant un certain nombre de photos à thématique semblable pour présenter un sujet; les Inuits, le territoire ou la faune arctique.

Cependant, l’exposition dans la rue lui permet de rejoindre un plus grand public. «  J’adore ça. Des dizaines de milliers de personnes observent mes photos et peuvent découvrir le Nunavik d’une tout autre façon », fait-il remarquer.

Après tout, il est satisfait du résultat de son exposition. « De manière générale je suis assez content, réplique-t-il. Ce qui me préoccupait le plus c’était ce qu’allaient penser les Inuits et, heureusement, ils ont été très réceptifs ».

Le vernissage de Pérégrinations nordiques aura lieu le jeudi 1er septembre à 17 h, à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal. Des portraits d’aînés inuits seront affichés et Robert Fréchette y sera présent pour répondre aux diverses questions du public. Cette immersion parmi la culture inuit se poursuivra sur l’avenue Mont-Royal jusqu’au 31 octobre 2016.

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