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Anne Hébert à l’Espace Go

Culture
Clara et Mademoiselle dans la pièce "Clara" d'après l'oeuvre de Anne Hébert (© Marie-Andrée Lemire)
Clara et Mademoiselle dans la pièce « Clara » d’après l’oeuvre de Anne Hébert (© Marie-Andrée Lemire)

Une « transcréation » du roman Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais de l’auteure Anne Hébert est présentée jusqu’au 1er octobre à l’Espace Go. L’occasion de redécouvrir la profondeur des personnages et la poésie de la langue de l’auteure dont on fête cette année le centième anniversaire de sa naissance.

Clara : une pièce nommée désir

Quatre personnages ; quatre essences. Le désir de vivre et d’apprendre de Clara, jeune fille sur ses 15 ans, enfant liquide et sauvage, élevée par un père abattu par la solitude et la terre. Le désir de Mademoiselle d’inculquer dans la jeune fille tout savoir qu’elle possède, avant que la maladie ne vienne la happer. Le désir du Lieutenant anglais, tourmenté par les démons des guerres qu’il porte dans son corps, désir pour la jeune fille – et elle, son désir de jeune femme, pour lui.

Histoire d’amour entre deux personnages pris dans un étau : d’un côté l’envie animale, de l’autre l’effroi face à ce désir aujourd’hui considéré comme monstrueux. « Mon dieu, je ne vous connais pas, mais faites que le Lieutenant ne me prenne pas comme un chat prend une chatte. En lui enfonçant ses crocs dans la nuque. » Ainsi va la supplique de la jeune Clara alors qu’elle va se livrer corps et âme au Lieutenant anglais.

Clara et le Lieutenant anglais (© Marie-Andrée Lemire)

Clara et le Lieutenant anglais (© Marie-Andrée Lemire)

Rester fidèle à l’auteur

La pièce réussit à conserver la langue unique de l’auteur. Poésie et texte ne font qu’un.
« Anne Hébert a cette habilité de décrire des émotions, des lieux, des personnages en peu de mots, en toujours peu de mots » raconte Luce Pelletier, directrice artistique du Théâtre de l’Opsis et metteuse en scène de la pièce.

La pièce reflète ainsi cette économie littéraire. Un lit, quelques costumes, une structure de bois découpant l’espace sont les seuls oripeaux de la scène. Pas de fioriture, pas d’artifice pesant dans la mise en scène. L’auteur omniscient vient habiter à tour de rôle chaque personnage afin de révéler, malgré eux, aux spectateurs leur état enfoui au plus profond d’eux mêmes.

Importations théâtrales

Le Théâtre de l’Opsis tâche de faire découvrir aux spectateurs québécois la dramaturgie étrangère, notamment à travers ses différents cycles. Après quelques années passées à explorer le théâtre étasunien et italien, la troupe s’est dirigée en 2015 vers la Scandinavie, dont le cycle durera jusqu’en 2019.

« Les jeunes auteurs scandinaves sont tellement excitants ! Alors que le théâtre établi n’offre que peu d’aspérité et manque de renouveau, la relève de là-bas est en train de sortir de ce carcan et casse tous les codes ! » explique Luce Pelletier.

On pourra voir dès janvier une adaptation de la fameuse pièce Peer Gynt au Théâtre Quat’Sous, situé sur l’avenue des Pins. Mais en attendant, Clara est à l’affiche à l’Espace Go jusqu’au 1er octobre. Et la Cinémathèque propose une cycle qui réunit les films que Anne Hébert a scénarisé.

Aurélien, le père et le Lieutenant anglais (© Marie-Andrée Lemire)

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