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Aussitôt congédiée, une employée du Frite Alors! Rachel est réembauchée

Économie
Morgane Mary-Pouliot, employée récemment syndiquée du restaurant Frite Alors! Elle porte un macaron à l’effigie de IWW, le Industrial Workers of the World, aussi connu sous le nom de Syndicat industriel des travailleuses et des travailleurs. (photo : Maude Petel-Légaré)
Morgane Mary-Pouliot, employée récemment syndiquée du restaurant Frite Alors! Elle porte un macaron à l’effigie de IWW, le Industrial Workers of the World, aussi connu sous le nom de Syndicat industriel des travailleuses et des travailleurs. (photo : Maude Petel-Légaré)

Depuis la récente syndicalisation de cinq employés du Frite Alors! de l’avenue Rachel, le personnel a recours à des moyens de pression et fait preuve de solidarité pour gagner leur cause.

La matinée du 31 août, Morgane Mary-Pouliot, employée récemment syndiquée chez IWW (Industrial Workers of the World – Syndicat industriel des travailleuses et des travailleurs) du Frite Alors! Rachel s’est fait congédier. En après-midi, plusieurs employés et membres du syndicat ont occupé le restaurant pour contrer cette décision qui, selon Morgane Mary-Pouliot, était liée à l’organisation syndicale. « Cela a été super de voir comment tout le monde était réuni face à cette injustice. Même les clients ne rentraient pas dans le restaurant en acte de solidarité, et la page Facebook était remplie de commentaires engagés », manifeste Morgane Mary-Pouliot.

Le restaurant Frites Alors! de l’avenue Rachel. (photo : Maude Petel-Légaré)

Le restaurant Frites Alors! de l’avenue Rachel. (photo : Maude Petel-Légaré)

Acte de solidarité

Ce moyen de pression a porté fruit : la direction a accepté de réengager Morgane Mary-Pouliot. « On avait déjà fait pression sur la direction à l’aide de pétitions et de rencontres, explique la jeune femme. Toutefois, le dialogue entre l’employeur et le personnel a coupé court, d’où la volonté grandissante de se syndiquer. »

Après plusieurs revendications, cinq employés ont donc décidé de se syndiquer auprès du IWW, qui applique « un modèle syndical basé sur la solidarité de la classe ouvrière et qui lutte contre le patronat ». En réaction à cette syndicalisation, la demande d’augmentation de salaire en cuisine a été acceptée; le salaire minimum des frites Man est passé à 11,50 $ et celui des plaques Man à 12,50 $. Toutefois, plusieurs autres requêtes n’ont pas été abordées, tels que l’augmentation au salaire minimum pour les serveuses et les congés de maladie rémunérés.

« On veut des salaires plus élevés pour les serveuses, car au Frite Alors! Rachel, on a plein de tâches à exécuter qui n’ont aucun lien avec le service », réplique Morgane Mary-Pouliot. La volonté d’avoir une formation universelle et un minimum d’heures garanties font aussi parties des revendications. « Si on forme le personnel à tous les postes, il va avoir une polyvalence, et le travail va se faire beaucoup mieux », commente-t-elle.

Un syndicat sans accréditation

Puisque les employés sont syndiqués avec IWW et qu’il n’y a pas de convention collective, Mme Mary-Pouliot avance que selon la loi, ils n’ont pas de réels droits. Ils misent plutôt sur les moyens de pression pour faire avancer les choses. « Les syndicalistes traditionnels nous on dit que cela n’allait pas fonctionner, car on n’a pas de défense légale, mais on s’est rendu compte qu’on n’en a pas besoin puisqu’on multiplie les actes de solidarité », souligne-t-elle.

Mme Mary-Pouliot est optimiste pour la suite des choses depuis qu’elle a vu de ses propres yeux les résultats de l’action directe. « On s’attend que l’avocat de notre patron nous explique qu’on n’est pas un réel syndicat, car on n’est pas accrédité, confie-t-elle. Si c’est le cas, on va trouver d’autres moyens de pression pour négocier avec lui. »

Selon elle, le personnel n’est pas prêt d’abandonner cette lutte. « La définition même d’un syndicat, c’est des travailleurs et des travailleuses qui s’organisent pour avoir de meilleures conditions de travail, remarque-t-elle. Et, c’est ce qu’on fait! »

Le 8 septembre, un dialogue devrait avoir lieu, et la situation devrait s’éclaircir, menant peut-être vers d’éventuelles négociations, espère Morgane Mary-Pouliot.

Au moment de publier l’article, Pamplemousse.ca n’a pas été en mesure de joindre la direction de Frite Alors! Rachel.

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