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Danse insomniaque sur les travaux de la rue Prince-Arthur

Culture, Vie de quartier
La rue Duluth sur le perron de la Maison Metivier, au coin de Bullion (photo : Pierre de Montvalon)
La rue Prince-Arthur sur le perron de la Maison Metivier, au coin de Bullion (photo : Pierre de Montvalon)

Le projet Insomniaque vient s’installer sur la rue Prince-Arthur pour la durée du chantier. Danse in situ, musique et vidéos sont présentées chaque mercredi et vendredi soir aux passants, jusqu’au 28 octobre.

De la même manière que la Terrasse Rouge sur la rue Saint-Denis, ce projet fait partie des efforts de mitigation des chantiers poussés par l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Rappelons aussi que le réaménagement de la rue Prince-Arthur fait partie du legs du 375e laissé par Le Plateau-Mont-Royal. Les travaux, qui ont débuté officiellement le 22 août dernier, permettront « la création d’allées le long des bâtiments, l’aménagement d’un espace d’animation, la mise en valeur de la fontaine, le remplacement des lampadaires, l’installation de mobilier urbain, la création de saillies de trottoir aux intersections et la plantation de végétaux », peut-on lire dans un communiqué de l’arrondissement. Les coûts sont évalués à près de 3,8 M$ et le chantier devrait être complété au printemps.

Danser dehors…

Insomniaque : cinq jeunes femmes interprètes qui répètent publiquement leur chorégraphie à la croisée du hip-hop et de la danse contemporaine. Chaque mercredi et vendredi soir, de 19 h à 22 h, la troupe s’échauffe, s’entraine et danse pour les passants sur la rue Prince-Arthur, au coin Saint-Laurent.

« J’ai commencé à danser dans les ruelles. J’avais besoin d’espace et d’être connectée à la rue et à son univers, raconte Léa Tremblay Fong, la chorégraphe-interprète à l’origine du projet. Le studio est isolé du monde extérieur et assez aseptisé. C’est moins stimulant. » 

Les répétitions publiques permettent l’échange entre les différents acteurs de la communauté locale avant les représentations de l’aboutissement du projet prévues pour le début du mois d’octobre. « Les danseurs doivent se mettre dans un état mental très différent. Nous nous inspirons de certains passants dont nous imitons la démarche par exemple », explique la chorégraphe.

La médiation culturelle est un aspect important d’Insomniaque, afin de « prendre le pouls de la rue, d’échanger avec les passants, les fêtards et les quêteux qui passent par la rue ». Le collectif va aussi chaque soir à la rencontre des commerçants locaux, « y compris le bar de danseuses! »

… et s’abreuver de la rue et de son histoire

La pratique de Léa Tremblay Fong est au croisement de la danse contemporaine et du hip-hop. « Mon premier projet, Interlope, mélangeait ces deux mouvements : la danse et le street-art, raconte-t-elle. Il y a une tendance assez décorative en danse contemporaine. Ça ne me parle pas tant. Au contraire, j’aime l’aspect revendicateur, direct, combatif du hip-hop. »

Insomniaque vient donc de l’amalgame entre le street art et la danse contemporaine et s’inspire de l’histoire du quartier. « En allant rencontrer les commerçants de la rue, nous avons entendu des histoires intéressantes : Robert Charlebois y a fait ses débuts et la rue a un long le passé criminel. Prostitués, dealers y avaient leur quartier, par exemple. »

Du vivre ensemble : passants, commerçants et artistes

Malgré les initiatives de mitigation, les travaux sont synonymes de baisse importante du chiffre d’affaire, « parfois jusqu’à 70 %! », souligne Joanne, qui travaille à la Maison Métivier. Alors que plusieurs ouvriers en dossard jaune et orange fluo prennent une pause sur le perron de la boutique, celle-ci de s’exclamer : « au moins, ils sont de notre couleur! »

« C’est sûr que ça amène parfois de la friction, confirme Léa Tremblay Fong. Reconnecter ce qu’on fait en tant que danseur à la réalité des gens : en danse contemporaine, ça ne serait pas un luxe. »

La performance d’Insomniaque au festival RU sur l’avenue du Mont-Royal :

Pour plus d’information quant aux répétitions, consulter la page Facebook d’Insomniaque.

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