Publicité

Martin Messier : le Marco Polo de l’électroacoustique à la Maison de la Culture

Culture
"Machine_Variation" par Martin Messier et Nicolas Bernier, à la Maison de la Culture du Plateau le 28 septembre
« Machine_Variation » par Martin Messier et Nicolas Bernier, à la Maison de la Culture du Plateau le 28 septembre

La Maison de la culture du Plateau Mont-Royal accueille mercredi 28 septembre l’artiste Martin Messier et son installation Machine_Variation. À travers ses projets, Martin Messier met en scène bruits et sons, donnant ainsi vie à cette branche quelque fois aride de la musique contemporaine : l’électroacoustique. Explications :

Pierre de Montvalon : D’où vient cette installation ?

Martin Messier : Dans le cas de Machine_Variation, le but était de créer un gros instrument, avec lequel on pourrait jouer physiquement de la musique électronique, pas juste celle qui se fait derrière un ordinateur et des platines.

L’idée que nous avions avec mon partenaire Nicolas Bernier était de rendre une performance physique, où l’on transpire, avec des gestes qu’on peut voir, qui sont facilement perceptibles.

D’où vient l’envie d’aller explorer l’électroacoustique ?

Ça remonte à lorsque j’étais batteur. Un batteur n’a pas le même rapport à la mélodie qu’un autre musicien. On développe un rapport au bruit, au son percuté, au son brut qu’on frappe. C’est impossible de faire des sons tenus avec une batterie. L’électroacoustique, c’est tout le contraire : on peut créer des nappes de sons très ambiants.

Mon déclic s’est fait lorsque que j’ai assisté à un spectacle de Robert Normandeau à l’Excentris. Mon cerveau voulait représenter visuellement tout ce que j’étais en train d’entendre, tous ces sons inconnus. Je voyais toutes sortes de textures abstraites, comme du dripping. C’était une expérience réellement synesthésique, tout en étant parfaitement sobre.

Je me suis rendu compte que c’était quelque chose d’assez ardu, que les gens avaient quand même de la misère à apprécier.

Tu permets justement une approche plus ouverte à ce genre de musique…

C’est le but en effet. Comment mettre en scène la musique électro-acoustique ? Est-ce qu’on va continuer à faire ça juste avec des hauts parleurs ? Ce sont des questions qu’on se posait. Puis, je me suis mis à réfléchir sur ce que je voulais voir sur scène. Une porte s’est ouverte.

Avec Machine_Variation, l’objet lui-même est surréaliste. C’est un instrument avec des baguettes, des leviers qui montent et qui descendent, qui peuvent nous faire penser à plein de choses [un hérisson démoniaque pour l’auteur de cet article]. La machine tourne afin de ne pas être dans un rapport frontal. On a vraiment mis l’accent sur ça. S’obliger à créer cet engin là pour qu’il soit sur roues. Ce sont les deux contraintes qu’on s’est donné : que ça soit gros et que ça soit sur roues.

Europe, Japon, États-Unis : tu tournes internationalement. Pourquoi revenir à la Maison de la culture ?

C’est un projet qui est assez grand public, même lorsqu’on le voit sur vidéo. C’est toujours intriguant. On voit tout de suite qu’est-ce que c’est quand même.

Les gens aiment, je pense, sortir du quotidien et puis se demander c’est quoi cette chose là. On aime être surpris, vivre quelque chose d’inhabituel, de jamais vu.

Le public des Maisons de la Culture est généralement peu familier avec l’électroacoustique. Les personnes ne deviennent pas forcément critiques. Elles peuvent juste être surpris par l’œuvre. Ça fait tout le temps du bien, pour n’importe quel artiste, parce qu’on est habitué par nos pairs à être critiqué, massacrés – ou pas.

Un regard neuf, un regard brut : ça fait beaucoup de bien en tant que performateur, qu’interprète.

Machine_Variation sera présenté le 28 septembre à 19h à la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal

Vos commentaires
loading...