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Claude Jutra aux oubliettes, bienvenue Ethel Stark !

Culture, Histoire, Vie de quartier
Le parc Ethel Stark (photo : Pierre de Montvalon)
Le parc Ethel Stark (photo : Pierre de Montvalon)

Le parc Claude Jutra, situé à l’angle des rues Clark et Prince-Arthur vient d’être renommé en l’honneur de la grande musicienne canadienne, Ethel Stark (1910-2012). Un petit pas pour augmenter la présence féminine dans la toponymie montréalaise.

La musicienne symphonique vient prendre la place du maintenant abhorré Claude Jutra dans ce petit parc un peu à l’écart du croisement Saint-Laurent et Prince Arthur.

Pionnière de la cause féminine

Née sur le Plateau-Mont-Royal d’une famille juive d’origine autrichienne, Ethel Stark est une violoniste virtuose. Elle s’initie à la direction d’orchestre, jusqu’alors déserté par la gente féminine. Elle est dans les années 30 une des premières femmes à devenir soliste pour un orchestre symphonique.

Tout au long de sa carrière, la musicienne a reçu de nombreuses récompenses pour son engagement envers l’affirmation de la présence des femmes dans la musique symphonique. Ethel Stark participe à la création en 1940 de la Symphonie féminine de Montréal, premier orchestre au Canada uniquement composé de femmes qu’elle dirige pendant 28 ans.

Ethel Stark en Israël (crédit : Archives de la Bilbiothèque publique juive de Montréal)

La polémique Claude Jutra

Depuis les révélations en février dernier sur ses tendances pédophiles, le réalisateur, mort il y a 30 ans, est tombé dans l’opprobre et a été graduellement effacé de l’espace public. Outre le parc Ethel Stark, la cérémonie des Jutras, grande fête du cinéma québécois, est devenue le Gala Québec Cinéma où les récompensés se verront remettre « l’Iris » et non plus le « Jutra », la salle Claude Jutra de la Cinémathèque quant à elle s’est transformée en salle de projection principale.

Le programme Toponym’Elles de la Ville de Montréal

La Ville de Montréal a mis en place depuis quelques mois le programme Toponym’Elles : une banque de 375 noms de femmes afin d’augmenter leur nombre dans la toponymie montréalaise. En effet, les femmes ne représentent que 6% des noms de la toponymie totale de Montréal. Les personnages masculins, eux, forment 50% de la toponymie montréalaise. Le reste étant des noms de fleurs, d’endroits, d’objets etc.

Cependant, la Ville ne dispose d’aucun plan d’action précis afin de diminuer l’écart homme-femme dans la toponymie. Aucun objectif en terme de pourcentage de femmes à atteindre dans la toponymie montréalaise n’a été établi.

La Ville pige dans cette banque afin de nommer les nouveaux espaces, dont la plupart sont situés dans des quartiers périphériques tels que Pointes-aux-Trembles ou Rivière des Prairies. Les perspectives d’avenir pour une amélioration significative de représentation de la femme dans la toponymie de Montréal restent donc plutôt bouchées.

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