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Les Rambos de la Gaspésie à l’Espace La Fontaine

Culture, Environnement
"La guerre des Panaches" par Nicolas Mesly à l'Espace Lafontaine (photo : Pierre de Montvalon)
« La guerre des Panaches » par Nicolas Mesly à l’Espace Lafontaine (photo : Pierre de Montvalon)

Mais que se passe t-il dans les forêts de Gaspésie? L’exposition « La guerre des panaches » du reporter Nicolas Mesly à l’Espace La Fontaine dévoile une réalité méconnue des citadins : la forêt gaspésienne est gangrénée par des guéguerres entre chasseurs d’orignal.

Le photographe-reporter est allé accompagner un garde-chasse à la rencontre des chasseurs victimes – et parfois coupables – d’une loi du plus fort qui sévit dans la forêt. « C’est la guerre des boutons en moins rigolo » résume Nicolas Mesly. Cinq ans après la publication du reportage dans L’Actualité, rien n’a changé.

« C’était la chasse, maintenant c’est la guerre »

« Sans institutions solides, l’homme est un loup pour l’homme et on retombe à l’âge de pierre » rappelle le photographe. Campements de chasse dévastés à coup de bonbonnes de gaz transformées en chalumeaux géants, panneaux de bric et de broc menaçants, arbres tronçonnés bloquant l’accès à un route de terre : autant de forme d’intimidations qu’a photographiées Nicolas Mesly.

L’exposition met en scène une vingtaine de photographies au total, témoignages visuels de cette situation critique en Gaspésie, mais dont la problématique se retrouve aussi en Abitibi et aux Îles de la Madeleine.

"intimidation" et "Entraves" par Nicolas Mesly (photo : Pierre de M)

« Intimidation » et « Entraves » par Nicolas Mesly (photo : Pierre de M)

Chasser l’orignal après avoir chassé l’étranger

Cible favorite : les étrangers. Qu’ils soient touristes américains ou cols bleu en vacances, ils ne sont pas la bienvenue et se le font signifier. Pourtant, René Lévesque avait aboli en 1976 les clubs privés de chasse et pêche, détenus en majorité par des intérêts américains, et ce, pour un très noble motif : redonner la forêt publique aux Québécois. Trente-cinq ans plus tard, c’est la zizanie. « Les chasseurs habitent généralement le même village. C’est peut-être pour eux une occasion de régler leurs comptes, explique le photographe. Comme dit le dicton : ‘petits villages, grands enfers’. »

Les conflits viennent saboter cette activité, pourtant chère à 285 000 chasseurs québécois et plusieurs milliers d’étrangers (1). « Il y a un problème de budget au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs : il y a 380 agents de protection de la faune pour couvrir l’ensemble des forêts publiques. Le ministère, dans le contexte actuel, ne compte pas en augmenter le nombre » déplore t-il.

Agronome de formation, Nicolas s’intéresse aux questions agroalimentaires et environnementales. « C’est un sujet fondamental. Quoiqu’il arrive, l’homme doit se nourrir trois fois par jour. Il s’agit donc de toujours se questionner sur qui produit et comment. » Tout en faisant soi la maxime de l’écrivain Georges Simenon : « Comprendre et ne pas juger »

« La guerre des panaches », une exposition de Nicolas Mesly à l’espace La Fontaine jusqu’au 13 novembre.

(1) source : Nicolas Mesly

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