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Airbnb dans la mire du comité logement

Immobilier
Au pic de la saison touristique de l'été 2015, ce sont près de 3000 annonces qui étaient listées sur la populaire plateforme de location, ce qui équivaut à 5 % de l'ensemble des logements du Plateau et environ au tiers du total des logements offerts à Montréal.
Au pic de la saison touristique de l’été 2015, ce sont près de 3000 annonces qui étaient listées sur la populaire plateforme de location, ce qui équivaut à 5 % de l’ensemble des logements du Plateau et environ au tiers du total des logements offerts à Montréal. (photo : catpure d’écran du Top 20 des locations AirBnbn sur le Plateau au 29 novembre 2016.)

Le Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR) dévoile aujourd’hui une étude sur les impacts d’Airbnb.

Réalisée en parallèle à une étude similaire menée par le Comité logement de La Petite-Patrie (CLPP), la recherche fait état d’un phénomène « extrêmement inquiétant » qui n’est pas reflété dans les données publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement cette semaine, souligne Martin Blanchard, organisateur communautaire du CLPP, lors d’une conférence de presse conjointe avec le CLPMR.

« Peu d’auteur-e-s ont analysé les conséquences d’Airbnb sur le parc de logements locatifs, que ce soit ici ou ailleurs », peut-on lire dans l’introduction du document d’une trentaine de pages. « Pour quelques locataires heureux et heureuses d’arrondir leurs fins de mois avec de l’hébergement touristique, combien d’autres ont à subir la pression à la hausse sur le prix des loyers, la perte d’une vie de quartier riche et harmonieuse et la disparition de logements dans leur arrondissement? »

Perte de logements locatifs

Au pic de la saison touristique de l’été 2015, ce sont près de 3000 annonces qui étaient listées sur la populaire plateforme de location, ce qui équivaut à 5 % de l’ensemble des logements du Plateau et environ au tiers du total des logements offerts à Montréal. « En constatant ces chiffres, on ne peut que s’inquiéter de la perte de logements locatifs dans le quartier, au détriment des locataires, des résident-e-s de longue date et des personnes à faible revenu », s’inquiète le comité logement.

D’autant plus que sur Airbnb, « un grand nombre de locations sont proposées par des “super-locateurs”, soit de grands propriétaires immobiliers qui retirent des logements du marché locatif traditionnel afin de faire davantage de profit, souvent par des évictions. »

Le capitalisme de partage?

Contrairement à l’image qu’affiche l’entreprise en se revendiquant de l’économie du partage, les activités d’Airbnb ne s’appuient pas sur les « principes de la solidarité et de l’échange », mais tendent plutôt à renforcer la spéculation immobilière, « solidement ancrée dans le système d’exploitation capitaliste ».

« Plusieurs résident-e-s de la ville de Montréal et du Plateau Mont-Royal ont déjà manifesté leur insatisfaction envers le phénomène Airbnb », souligne le rapport qui fait écho aux plaintes répétées formulées concernant des nuisances dans certains secteurs du Plateau.

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