Publicité

La musique swing sur le Plateau!

Culture, Commandité
Les Royal Pickles se produisent demain soir au Bootlegger, l'Authentique, à 20h. (Photo: Courtoisie)
Les Royal Pickles se produisent demain soir au Bootlegger, l’Authentique, à 20h. (Photo: Courtoisie)

La musique swing témoigne d’une époque charnière de l’histoire nord-américaine: celle de la Grande Dépression des années 1930. Et elle sera en vedette sur le Plateau demain, à 20h, au Bootlegger, L’Authentique.

Le mot le dit: la musique swing incite les gens à faire balancer leur corps dans l’espace. Le swing apparaît dans les années 1920 dans les états du sud des États-Unis, notamment autour de la Nouvelle-Orléans. L’époque est celle du jazz traditionnel, surtout issu des musiciens Noirs américains. Le swing va bouleverser tout cela.

« Le swing s’inspire de la musique populaire américaine de l’époque, mais pas juste du jazz. Il y a des influences du blues, du country bues, du ragtime, sous l’effigie du jazz, raconte Louis Lévesque, banjoiste et chanteur du groupe Royal Pickles, qui se produit demain soir au Bootlegger, l’Authetique. Le swing puise ses origines chez les Afro-Américains, mais aussi chez les Créoles et l’ensemble de la population. Certes, il y a une influence des muciciens Afro-Américains qui travaillaient dans les plantations, des anciens escalves, mais aussi des dockers créoles de la Nouvelle-Orléans. Le swing a relié toutes ces communautés dans une musique joyeuse, destinée à faire oublier les problèmes sociaux de l’époque, pour permettre à tout le monde de festoyer ensemble.»

La musique swing racontait tout de même les conditions de vie et les coutumes des laissés-pour-compte du deep south. Musicalement, des musiciens extraordinaires créaient de petits chef-d’oeuvres ou réinterprétaient des standards , avec les moyens du bord. «La musique swing est devenue immensément populaire, aussi populaire que le hip hop à notre époque, reprend M. Lévesque. Il a permis l’éclosion de nombreux big bands à une époque où ce genre de formation avait le vent dans les voiles.»

Autre innovation liée au swing: des orchestres multiraciaux. Avant le swing, les grandes vedettes du jazz évoluaient dans orchestres de musiciens 100% Noirs ou 100% Blancs. «Puis, on a vu Benny Goodman s’entourer d’Afro-Américains, poursuit Louis Lévesque. Et il n’était pas le seul. Louis Armstrong a joué avec des Causasiens. C’était tout un changement! Le mélange s’est fait sur scène mais aussi dans la salle, chez les spectateurs. »

La musique swing est également le fait de musiciens extraordinaires qui sont presque tombés dans l’oubli. «Je pense à Lonnie Johnson, dont le style de jeu s’apparentait à celui Django Reinhardt, reprend M. Lévesque. D’autres chansons, tout simplement exceptionnelles, ont été composées sans qu’on se souvienne leurs auteurs, comme Joshua Fits the Batlle of Jericho, qui figure sur notre album.»

Populaire

La musique swing a aussi influencé la mode. Et la danse. « On l’associe beaucoup au charleston, à cause de son tempo upbeat. Toutes les classes de la société se réunissaient pour danser le swing, ajoute M. Lévesque. On pense aussi à des danses comme le shag ou au lindy hop. L’origine de cette dernière vient de l’aviateur Charles Lindberg (lindy), qui fut le premier à traverser l’Atlantique en avion (hop). Aujourd’hui, la musique swing revient en force parce qu’elle est perçue comme authentique. Et nous jouons avec des instruments qui ne sont pas amplifiés. Ça va chercher l’émotion chez le spectateur.»

Louis Lévesque joue justement du banjo, un instrument emblématique de l’époque swing. «C’est un instrument très simple. On l’assemble ou on le répare facilement. Il n’y a que trois composants. Les musiciens très pauvres des débuts pouvaient se fabriquer un banjo avec une boîte de cigares ou une canne d’huile. C’est typique de l’époque du swing. On se fabriquait une basse avec une bassinette, on utilisait des gazous. L’important, c’était de jouer. Et de s’amuser!»

Le band de M. Lévesque, les Royal Pickles, est une formation swing typique: trois personnes aux instruments à vent et les autres à la rythmique. Le nom vient d’une situation cocasse et toute simple: «J’étais dans une petite fête entre amis et j’avais mon drink préféré, une vodka pickle, soit un shooter avec un cornichon. Les gens trouvaient ça rigolo. On a trouvé le nom du groupe de cette façon!»

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
Vos commentaires
loading...