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Cartes postales libératrices

Culture, Vie de quartier

Lors d’un marathon d’écriture organisé par Amnistie Internationale, citoyens et citoyennes sont invité(e)s à écrire et envoyer des cartes postales de soutien à différentes personnalités persécutées ou emprisonnées injustement.

Diane Ouellet, membre de la coopérative et du groupe Montréal-Outremont de Amnistie Internationale, organise un marathon d’écriture dans le cadre de la campagne « Écrire, ça libère » pour la deuxième année à la coopérative de co-travail ECTO, sur l’avenue Mont-Royal. Une dizaine de cas, tel Edward Snowden ou les Premières Nations West Moberly et Prophet River au Canada ont été mis en avant par Amnistie.

L’union fait la force

Diane Ouellet a décidé de s’impliquer dans l’organisation d’un tel évènement lorsque celle-ci a été témoin de la portée de son geste. Lorsqu’envoyée avec des dizaines de milliers d’autres, une carte postale fait bouger les choses.

« C’est ce qui m’a amenée à m’impliquer, explique t-elle. J’avais écrit une carte dans le cadre d’un marathon d’Amnestie Internationale pour Albert Woodfox, un ancien activiste des Blacks Panthers détenu en cellule d’isolement pendant 43 ans. Quelques mois plus tard après la campagne, il a été libéré! ».

Le groupe Montréal-Outremont est la section montréalaise d’Amnistie Internationale. Depuis une trentaine d’année le groupe participe activement aux grandes campagnes de l’organisme. La signature de pétitions demeure un levier privilégié par l’organisme, que ce soit avec les marathons d’écriture où lors de certaines projections de documentaires dans le cadre du Cinéma sous les étoiles.

Des effets directs 

Homa Hoodfar, professeur de sociologie et d’anthropologie à l’Université Concordia, a été libérée fin septembre après 4 mois d’emprisonnement en Iran. Bien que n’ayant pas eu d’écho du mouvement pour sa libération durant son emprisonnement, elle n’hésite pas à souligner l’importance fondamentale de la mobilisation internationale sur ses conditions de détentions.

« Si je n’ai pas souffert de torture physique durant ma détention, c’est à mettre sur le compte de la mobilisation de la société civile, raconte t-elle. Les dizaines de milliers de cartes envoyées, les nombreuses pétitions, les lettre ouvertes d’universitaires : cet activisme continu dont mes collègues emprisonnés et moi avons bénéficié nous a épargné beaucoup de souffrances. »

Selon Mme Hoddfar, tous ces outils permettent de faire pression tant sur les gouvernements étrangers que sur nos propres élus. « Pointer du doigt, demander des comptes à nos gouvernements est un outil important dans le cadre d’une telle campagne. Ils y sont très sensibles : pour une lettre envoyée, ils savent qu’au moins 1000 personnes pensent de la même manière », explique t-elle.

L’universitaire canada-iranienne souligne l’importance de ces mobilisations. «De nombreuses choses prises pour acquises au Canada ne le sont pas dans d’autres pays – lire, écrire, aller sur les réseaux sociaux- et peuvent mener en prison. » Les cartes postales représentent donc un moyen facile de faire un petit geste qui, combiné avec d’autres, fait la différence.

Le marathon d’écriture aura lieu le jeudi 8 décembre à partir de 17h30 à la coopérative de travail ECTO située sur l’avenue du Mont-Royal. Deux autres marathons auront lieu le 10 décembre dans l’après-midi au YMCA du Parc ainsi qu’à la bibliothèque Marc-Favreau dans l’arrondissement de Rosemont–La-Petite-Patrie.

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