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Une ruche et un fromage maison pour se démarquer

Économie
« Il faut constamment se différencier en proposant une expérience et des produits qu'on ne trouve pas ailleurs », dit Franck Hénot, qui récoltait son miel, il y a quelques semaines, à la fin de la saison. (Photo: Phil Bernard)
« Il faut constamment se différencier en proposant une expérience et des produits qu’on ne trouve pas ailleurs », dit Franck Hénot, qui récoltait son miel, il y a quelques semaines, à la fin de la saison. (Photo: Phil Bernard)

Les règles ont changé dans le commerce de détail. Pour se démarquer et prospérer, les commerçants doivent multiplier les initiatives, se rendre attrayants plus que jamais.

Un principe que Franck Hénot, propriétaire de la fromagerie Bleu Persillé, applique avec persistance, comme d’installer une ruche en vitrine arrière ou de lancer une marque de fromage maison.

insta-6721« On l’a baptisé le Bleu du Persillé, car c’est un bleu haut de gamme de Pyrénées, explique le propriétaire de la fromagerie, Franck Hénot. J’ai eu l’idée de lancer cette marque il y a quelques mois après avoir rencontré une productrice, Marie-Josée Coudray, qui dirige sa fromagerie depuis 1977 et qui est située au cœur du parc naturel Ariègeois. C’est donc un formage artisanal fabriqué à base de lait cru rigoureusement sélectionné. »

M. Hénot précise que l’affinage du Bleu du Persillé, de 12 à 14 semaines, sur planche de sapin, permet le développement de son croûtage typique et de son goût sucré et acidulé. « Une de ses caractéristiques est la croûte naturelle d’aspect rustique obtenue par les multiples lavages et brossages tout au long de l’affinage », ajoute-t-il.

Ce nouveau produit, disponible exclusivement chez Bleu Persillé, s’inscrit dans une tendance des boutiques spécialisées d’offrir des produits maison haut de gamme. Par exemple, la Fromagerie Hamel a lancé, il y a quelques années, toute une sélection de fromages maison, Le Pic, choisie par un fromager expert.

« On n’a pas le choix, reprend M. Hénot. Il faut constamment se différencier en proposant une expérience et des produits qu’on ne trouve pas ailleurs. Dans le commerce de détail, il faut devenir de plus en plus une destination. Beaucoup de commerçants se battent avec talent sur les rues commerciales partout à Montréal. Chacun y va avec son approche. Moi, je n’ai pas la science infuse. J’y vais surtout selon mes convictions. »

Le défi de se différencier

« Ce n’est pas juste une question de commerce, reprend M. Hénot. Nous vivons dans un monde de plus anonyme. Je me suis dit qu’en proposant des expériences, je participe à la qualité de vie du quartier. Avec la ruche, par exemple, les gens pouvaient venir la voir vivre. Car elle était sur le plancher des vaches, pas sur un toit, comme c’est l’habitude. Ils ont vu comment les abeilles étaient amicales. C’est rendu que les abeilles disparaissent à la campagne à cause des pesticides. Pas en ville. »

M. Hénot a vendu tout son miel à l’avance et a posé pour le calendrier d’Alvéole (l’entreprise avec qui il a installé sa ruche), en robe de chambre. « Ce projet n’était pas élitiste. On a organisé des ateliers avec Alvéole. On a extrait du miel, un soir, avec des clients. On propose ainsi quelque chose de différent au public. »

Pour Franck Hénot, un magasin comme le sien ne peut vivre qu’avec les passants, car l’investissement est trop important : « Oui, nous sommes devenus une fromagerie de quartier, mais, en même temps, nous n’avons pas le choix de nous démarquer avec des offres uniques, originales. »

M. Hénot participait récemment à un salon du cadeau à Toronto et des inconnus l’ont plusieurs fois apostrophé : « C’est vous, la fromagerie avec les abeilles! »

« Au début, j’avais peur que ma boutique ne soit trop belle et qu’elle fasse peur aux clients, reprend-il. Mais les gens ont apprécié le décor et nous ont adoptés. Je ne voulais pas être un magasin élitiste. Oui, on vend des produits de luxe, mais aussi du fromage en grains. Et on soigne notre service. Je veux que les clients viennent nous voir parce qu’ils nous trouvent gentils et prévenants. Ces temps-ci, je passe mes journées à faire des emballages cadeaux. Je pourrais avoir d’autres choses à faire vu que c’est moi le patron, mais je le fais juste pour rendre service. C’est ça, le commerce de détail en 2016-2017. »

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