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Chansons yiddish oubliées à la Maison de la Culture

Culture, Histoire
Henri Oppenheim (photo : gracieuseté de l'ensemble)
Le fondateur de l’ensemble Magillah, Henri Oppenheim (photo : gracieuseté de l’ensemble)

L’ensemble Magillah vient présenter son projet Tur Malka, une mise en chanson de poèmes yiddish écrits à Montréal, à la Maison de la culture, dimanche prochain.

À l’origine du projet, Henri Oppenheim, fondateur de l’ensemble Magillah, voulait retrouver cette langue, le yiddish, langue des juifs d’Europe de l’Est, les Ashkénazes. Ce dialecte s’ancre selon lui profondément dans sa famille et ses racines. « C’est quelque chose d’indéfinissable, qui résonne en moi et qui réveille des choses enfouies », raconte-t-il.

Poètes oubliés

Le « doctorant en mathématique défroqué », comme il aime à se présenter, est donc allé à la recherche de la poésie yiddish de Montréal, qui demeure aujourd’hui oubliée. « J’ai découvert Chava Rosenfarb, rescapée d’Auschwitz, qui a écrit des poèmes très sensuels. » Le projet compte alors sept poètes différents que le musicien revisite, arrange, met en musique et chante durant le spectacle, accompagné de son ensemble.

« Le yiddish est une langue d’opprimés, considérée pendant longtemps comme arriérée, et qui a presque disparu pendant la Seconde Guerre mondiale, raconte-t-il. Les juifs d’Europe de l’Est ont quitté l’Europe pour s’installer en Amérique du Nord et ailleurs. Ils construisent une nouvelle vie en arrivant et la langue est alors petit à petit abandonnée. »

Le Plateau Mont-Royal a accueilli la communauté juive alors que le quartier était encore très pauvre. « Le yiddish était la troisième langue parlée à Montréal! » ajoute Henri Oppenheim. La littérature et la poésie yiddish ont été conservées grâce aux archives de la communauté juive. « C’est une porte ouverte vers une richesse infinie grâce à la sensibilité des poèmes et de la littérature yiddish », explique-t-il.

Mise en scène et mise en musique

Henri Oppenheim mélange cette langue millénaire et musique populaire. À partir des poèmes, il fait des chansons auxquelles il ajoute une trame musicale. « Hard rock, reggae, pop, je fais ça hors des sentiers battus, tout en conservant les standards de la chanson yiddish, poursuit-il. La culture juive est une culture de diaspora, en constante évolution, qui s’imprègne du lieu et de la société dans laquelle ses membres vivent. »

Pierre Labbé, musicien qui s’occupe de la mise en scène pour le spectacle de l’ensemble Magillah rappelle l’importance parfois sous-estimée de mettre en scène la musique. « À travers le placement, l’éclairage, les entres-tounes, j’essaye de faire en sorte que le spectateur entre dans un univers dès le début, puis en sorte à la fin. »

Le spectacle De l’autre côté du poème, Nouvelle chanson yiddish, sera présenté à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal ce dimanche 15 janvier, à 15 h. Les billets sont disponibles en ligne via le réseau Accès culture.

 

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