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Chorale africaine à Dazibao

Culture
(photo : Pierre de Montvalon)
(photo : Pierre de Montvalon)

Le Dazibao, centre d’art situé dans le Pôle de Gaspé, invite samedi 14 janvier à 15h30 la chorale de chants africains Afrika Intshiyetu pour clore l’exposition de l’artiste originaire d’Afrique du Sud, Dineo Seshee Bopape.

« Par la chanson, l’Afrique dans son entièreté pouvait traduire sa peine, sa révolte, son mécontentement mais plus encore sa joie de vivre en famille ou en communauté», raconte Flo Lundombe Pubuni, fondateur et directeur d’Afrika Intshiyetu, contacté par courriel. Constituée d’une quinzaine de choristes de différentes nationalités, les chanteurs interpréteront un répertoire typiquement africain et à la suite de cela partageront les histoires des origines des différents chants.

L’ensemble chantera en écho de la Polokwane Chorale Society, chorale sud-africaine dirigée par la mère de l’artiste pour laquelle son père chantait aussi. Cette chorale est venue se produire à Montréal dans les années 1990. « Le chant chorale a été un vecteur d’espoir pour la liberté future de l’Afrique du Sud avec l’histoire du leader Nelson Mandela, explique Flo Lundombe Pubuni. La chorale avait une grande place pour témoigner et réclamer l’indépendance ou la paix. »

Histoires en parallèle

Une grande frise chronologique s’affiche tout le long du mur du Dazibao. D’un côté et de l’autre de celle-ci est écrit à la main et directement sur le mur l’historique de la Polokwane Chorale Society.

Cet ensemble musical est au coeur du travail de l’artiste pour cette exposition présentée dans le cadre de la Biennale de Montréal. « Il s’agit pour Dineo Bopape de garder vivante la mémoire de la chorale à travers un travail autour de l’archive », explique France Choinière, directrice du Dazibao. Des témoignages vidéo sont présentés à même le sol par des téléviseurs, certains datant du siècle dernier, d’autres plus récents, dont les câbles et fils parcourent la salle d’un bout à l’autre.

(photo : Marilou Crispin)

(photo : Marilou Crispin)

Des fleurs parsèment la frise, dont l’installation a donné du fil à retordre à l’équipe du centre. « Alors que nous étions dans le rush du montage, coller les autocollants de fleurs le long de la paroi s’est révélé être un long processus, raconte la médiatrice culturelle du centre. Dineo Bopape s’est alors mise calmement à dessiner et écrire à même le mur. C’était très fort comme manière de se l’approprier. »

Viennent se superposer des dates importantes allant de l’apartheid aux évènements familiaux, en parallèle de l’histoire du choeur familial. « L’artiste vient doubler la frise chronologique de la chorale par un recensement d’évènements qui dépassent le cadre de l’apartheid, explique Mme Choinière. C’est toute l’idée de recension de l’histoire de l’Afrique du Sud qu’expose l’artiste par le biais de cette chorale. » L’artiste mélange ainsi souvenirs, jalons historiques et annales de l’ensemble musical.

Le Dazibao présente en parallèle le travail audiovisuel des artistes Em’kal Eyongakpa et Nathalie Melikian. La performance de la chorale Afrika Intshiyetu a lieu à Dazibao le samedi 14 janvier à 15h30.

 

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