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Corps mort et chaises (sus)pendues au Théâtre La Chapelle

Culture
(photo : gracieuseté de 14 lieux)
(photo : gracieuseté de 14 lieux)

Martin Messier, artiste remarqué pour ses mises en scène d’œuvres électroacoustiques, présente Corps Mort, ballet de chaises, de corps et de lumière au Théâtre La Chapelle.

Sept chaises flottent dans les airs, suspendues au moyen de cordes et de poulies. Certaines sont activées mécaniquement, d’autres à force humaine. Trois danseurs et le metteur en scène lui-même entrent en contact avec elles, les manipulent et entament ainsi un dialogue. « La chaise est une chose inanimée. Je la réanime, jusqu’à un certain point, pour en faire un objet vivant », explique Martin Messier.

La pièce renverse alors les notions d’être vivant et d’objet inanimé. Les chaises ont leur propre volonté tandis que les corps s’affaissent sans vie. « On peut y voir une référence au corps qui meurt, au corps qui spasme, qui est peu énergique », explique t-il. L’artiste pose ainsi la question de la résurrection de la matière inanimée.

« Quand je vois une chaise flottant dans les airs, et au vu du titre du spectacle, je peux me dire qu’elle est suspendue et ainsi pendue dans les airs, explique t-il. Lorsqu’un danseur se retrouve au sol et qu’une chaise lévite dans les airs, je vois un esprit qui monte jusqu’au ciel puis qui redescend sur terre. Est-ce que les gens vont se poser le même genre de question ? » C’est un défi que Martin Messier relève grâce à sa mise en scène.

(photo : Juliette Busch)

(photo : Juliette Busch)

Danse lumineuse et macabre

Malgré un titre sombre, le propos de la pièce n’est pas lugubre; au contraire, Corps Mort est une pièce lumineuse. Que ce soit par les ombres projetées des chaises sur le sol et formant des arabesques ou par l’ensemble de lumières DEL suspendues et clignotantes qui effectuent un ballet stroboscopique, le travail sur l’éclairage est impressionnant.

Martin Messier est reconnu à l’international pour ses performances d’œuvres électroacoustiques, dont Machine_Variations, œuvre qu’il avait présentée en septembre à la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal. Avec Corps Mort, celui-ci se tourne vers la danse. « J’ai toujours eu deux cordes à mon arc : l’art numérique d’une part, la danse et la performance d’autre part », explique t-il.

Malgré une chorégraphie par moment fade, l’intégration entre ces chaises réanimées, les corps névrosés des danseurs et le jeu sur la lumière rend cette pièce forte et importante. Par ses contours flous – est-ce un spectacle de danse ? Une performance visuelle et théâtrale ? Un ballet mécanique  ? – Martin Messier défriche un nouvel univers à l’intérieur duquel objets animés, art numérique et corps humain entrent en dialogue.

Corps Mort, un spectacle de Martin Messier, du 23 au 27 janvier au Théâtre La Chapelle. Billets disponibles en ligne.

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