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La réalisatrice Alanis Obomsawin au Cinéma du Parc

Culture
Enfants autochtones sur le perron d'un pensionnat (photo : ONF)
Enfants autochtones sur le perron d’un pensionnat (photo : ONF)

La réalisatrice de renom Alanis Obomsawin vient présenter au Cinéma du Parc son documentaire On ne peut pas faire deux fois la même erreur, qui retrace le combat des Premières Nations contre la discrimination des services sociaux fédéraux envers leurs enfants.

Alanis Obomsawin sera accompagnée de Cindy Blackstock, directrice la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada (SSEFPNC). Mme Blackstock, une figure de proue du combat contre le traitement injuste des services sociaux fédéraux envers les enfants autochtones, présentera le film et animera ensuite un débat avec la salle.

Saga judiciaire

Cindy Blackstock (photo : ONF)

Cindy Blackstock (photo : ONF)

En 2007, l’Assemblée des Premières Nations du Canada et la SSEFPNC déposèrent une plainte contre le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien pour discrimination envers les communautés autochtones. Les deux organismes arguaient que les services d’aide aux familles et à l’enfance offerts aux enfants des Premières Nations des réserves et du Yukon étaient sous-financés et inférieurs à ceux offerts aux autres enfants canadiens.

Le documentaire relate les démarches juridiques qui ont suivi la plainte qui a abouti 9 ans plus tard, en 2016, par la victoire des plaignants. Alanis Obomsawin et son équipe ont suivi le long et lent processus juridique dès son début. « Le tribunal a autorisé l’enregistrement vidéo des audiences, explique-t-elle. C’est une grande chance : nous avons donc pu filmer la majorité des audiences du tribunal. Au final, nous avions plus de trois cents heures de matériel brut. »

De ce long reportage, la documentariste en présente presque trois heures. Le documentaire On en peut pas faire deux fois la même erreur fait d’ailleurs référence à une citation du chef Gwawaenuk Robert Joseph, survivant d’un pensionnat autochtone, interrogé à titre de témoin lors d’une audience.

Le chef Robert Joseph durant une audience (photo : ONF)

Quel épilogue?

D’après les leaders autochtones, le sous-financement systématique des services de santé envers les enfants autochtones a brisé de nombreuses familles. « Des enfants étaient enlevés à leur foyer pour être placés dans des familles d’accueil, loin des réserves, raconte la documentariste. Ça ne règle rien et crée au contraire des problèmes. » Le documentaire met en avant des témoignages poignants de personnes ayant vécu ce traumatisme. Lucy Francis, de la communauté Mi’kmaq, a été enlevée à 6 ans pour être placée en foyer d’accueil. Elle retrouvera ses frères et sœurs à l’adolescence, mais regrette de n’avoir pas eu plus de contact avec eux durant son enfance. Elle ne les fréquente plus aujourd’hui.

Alanis Obomsawin (photo : Cosmos)

Alanis Obomsawin (photo : Cosmos Image)

Toutefois, les choses tardent à changer et les problématiques restent les mêmes selon Alanis Obomsawin. « Il se passe certains changements, mais l’éducation et les services de santé demeurent les principaux combats pour les communautés autochtones, explique-t-elle. Il faut maintenant que le gouvernement fédéral donne les fonds adéquats pour que tous les enfants autochtones aient accès aux services de santé. » La documentariste est par ailleurs en train de préparer un documentaire sur les suites de cette longue saga judiciaire.

Au cours de sa carrière, Alanis Obomsawin a signé plus d’une trentaine de documentaires et de courts-métrages, réalisés pour l’Office National du Film (ONF). Membre de la nation abénaquise, la documentariste est très engagée envers l’amélioration des conditions de vie des Premières Nations et la protection du patrimoine autochtone.

La projection gratuite de On ne peut pas faire la même erreur deux fois a lieu au cinéma du Parc le jeudi 19 janvier, à 17 h. Elle sera précédée d’une mise en contexte de la réalisatrice et de Cindy Blackstock.

 

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