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Le Lutin qui bouffe

Histoire
Les clients se faisaient photographier en donnant le biberon au cochonnet.
Les clients se faisaient photographier en donnant le biberon au cochonnet.

Une ancienne chronique nous a présenté le noyau villageois du Côteau Saint-Louis qui était situé principalement sur la rue Berri (ancien Chemin des Carrières), entre Laurier et Saint-Grégoire.

Dans sa partie nord, le chemin des carrières bifurque vers la droite pour poursuivre en direction des nouvelles carrières qui se déplacent plus au nord-est et vers Rosemont. Dans les années 1950, on procède à la construction du viaduc Saint-Hubert, ce qui oblige certaines acrobaties de la part du fameux chemin.

Avant de quitter le quartier, le chemin accueille un établissement très particulier. C’est un restaurant dont l’histoire nous dit qu’il y est établi depuis 1897.

Le fameux restaurant avant son grandissement. (photo : Archives de la Ville de Montréal)

Le fameux restaurant avant son grandissement. (photo : Archives de la Ville de Montréal)

 

C’est un restaurant dit « français », appellation chic à cette époque. Montréal n’est pas encore sorti beaucoup ni bien loin et il y a pas mal plus de « light lunch » ou de petits restaurants plus traditionnels sur son territoire. L’Expo 67 viendra changer cela à tout jamais.

La photographie suivante nous montre le restaurant à la suite d’un agrandissement qui s’est fait au détriment du petit duplex voisin. Le nombre de convives doit être important et la notoriété du commerce doit s’étendre assez loin.

Le restaurant agrandi et dont l’entrée principale a été réaménagée. (photo : Collection carte postale de Christian Paquin)

Le restaurant agrandi et dont l’entrée principale a été réaménagée. (photo : Collection carte postale de Christian Paquin)

Outre le cuisinier, la véritable vedette de l’établissement est un cochonnet qui est promené à travers l’établissement et que les clients peuvent nourrir au biberon. Le folklore nous dit qu’il est aussi de mise de lui tirer gentiment sa queue en tire-bouchon. Autre temps, autres mœurs ; je ne pense pas que ce serait toléré longtemps aujourd’hui.

Les clients se faisaient photographier en donnant le biberon au cochonnet.

Les clients se faisaient photographier en donnant le biberon au cochonnet.

Le propriétaire, un Monsieur McAbbie, aussi cuisinier, avait développé son concept avec soin. La prise de photos des clients avec le petit cochon se concluait par une offre de copies à la fin du repas. La petite histoire nous dit qu’on retrouva des milliers de photos non achetées, lors de la fermeture définitive de l’endroit.

Le propriétaire du « Lutin qui Bouffe » Bertram McAbbie. (photo : collection Christian Paquin)

Un drame frappe les lieux et son propriétaire en 1953, lors d’une tentative de vol qui a mal tourné. Dans le tumulte et la bagarre, les voleurs assènent un coup de pistolet à la tête du propriétaire et le coup part et blesse McAbbie à la tête. Il mourra deux jours plus tard, mais après avoir eu l’opportunité de décrire les suspects.

L’histoire qui s’en est suivie est rocambolesque et mérite d’être lue. Vous pouvez le faire dans un des bulletins de la SHP ici.

Un incendie vient finalement clore la fabuleuse histoire de ce restaurant en septembre 1972. 75 années de souvenirs se terminent ici.

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