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L’humour de la relève

Culture, Commandité
Claudy-Marc Moreau adore l'humour polico-social. (Photo: Jean-Desjardins - Bootlegger, L'Authentique)
Claudy-Marc Moreau adore l’humour polico-social. (Photo: Jean-Desjardins – Bootlegger, L’Authentique)

Claudy-Marc Moreau est humoriste. Il organise, un dimanche sur deux, des soirées d’humour au Bootlegger. Les humoristes sont payés, mais le show est gratuit. Pas de farces!

« Je suis très fier que les humoristes soient rémunérés pour leur performance. Parce que des spectacles d’humour gratuit, il en pleut à Montréal. Finalement, il n’y a que moi qui ne suis pas payé. Mais, je passe le chapeau deux ou trois fois dans la soirée, explique M. Moreau en riant. C’est une contribution volontaire. Si vous aimez, vous payez ce que vous voulez. Si vous détestez, ben, c’est pas grave! »

Le finissant 2013 de l’École de l’humour, qui vient d’entamer des études au cégep en techniques cinématographiques, invite plusieurs humoristes sur la scène du Bootlegger, un bar qu’il qualifie de beau et chaleureux. « Nous sommes sept sur scène, dit-il. Il y a aussi une chroniqueuse, Catherine Thomas, qui écrit pour le blogue humoristique Les Populaires.com, qui parle de sa semaine et de son quotidien. Les autres sont des humoristes de la relève, mais qui ont déjà une certaine reconnaissance. Et on réserve un cinq minutes pour un humoriste sur le départ, qui vient tester ses jokes. »

L’humoriste a réussi à attirer Jean-François Provençal et Julien Corriveau, deux membres des appendices qui commencent à faire du stand-up. Ils seront de la partie le 26 février prochain (le spectacle commence à 20 h), ainsi que Jonathan Guérin, ou Jo le mécano. « Il y aura beaucoup d’humour absurde ce soir-là, mais pas seulement ça, reprend M. Moreau. Certains de mes invités font du stand-up pur, d’autres des observations de la vie courante, des blagues de couple… Un gars comme Alex Roos donne dans le trash, un peu comme Mike Ward. Mais il y aussi Daniel Pinet, qu’on a vu à Vrak TV, Maxime Lacoste Lachance, qui est un auteur connu, Richardson Zéphir, gagnant de “En route vers mon premier gala” de l’an dernier, des gars comme Fred Dubé, qui est très politique. Louis T aussi. La relève de l’humour est très forte au Québec. »

Cette situation ses avantages et ses inconvénients. S’il y a beaucoup d’appelés, il y a peu d’élus. « À plusieurs endroits, les humoristes ne sont pas payés, reprend-il. C’est parfois dur pour le moral. On attend longtemps avant d’être reconnu. Mais le public apprécie cette abondance, les gens choisissent leur style d’humour, ils suivent les humoristes sur Facebook pour voir leurs shows. »

Tous les sujets sont abordés

Claudy-Marc Moreau adore blaguer sur la politique : « Comme je suis haïtien-québécois, j’ai quelques jokes de black. J’ai même un numéro historique sur Olivier Le Jeune, le premier esclave noir du Québec. C’était mon numéro de tournée de l’école de l’humour. Je cherchais une vraie histoire, qui remontait dans le temps. J’ai entendu parler de Le Jeune, qui avait été amené à Québec en 1629 par le commandant britannique David Kirke. Après la conquête, il vend son esclave à un notable français. En 1632, avec le traité de Paris qui restitue le Québec à la France, les Anglais sont partis, mais ils ont laissé Le Jeune sur place. Avec le temps, il a gagné un meilleur statut. Les Français l’ont éduqué, il a fini par faire partie de la société comme les autres. J’ai adapté cette histoire pour la scène. Les gens l’apprécient. »

Les humoristes sont critiqués par les temps qui courent, surtout depuis l’affaire Mike Ward. « Personnellement, tout le monde a droit à ses opinions, mais que la justice embarque là-dedans, c’est too much. Si t’aime pas un artiste, va pas le voir! Mike Ward est encore plus populaire à cause de ce dossier; il a gagné l’Olivier de l’année. Ceux qui le critiquaient l’ont propulsé plus loin. J’ai trouvé intense qu’il perde son procès et qu’il doive verser de l’argent au Petit Jérémy. Mais ce dernier avait tout de même le droit de le poursuivre. Prenez Dieudonné, il va trop loin, il va dans la haine, ça fait réagir. Par contre, chaque humoriste doit fixer ses limites en fonction du contexte, de son message, de ses convictions. Je n’irai pas poursuivre Dieudonné… sauf s’il parle de moi tout le temps! »

Catherine Thomas est la chroniqueuse du spectacle.

Catherine Thomas est la chroniqueuse du spectacle. (Photo : Jean-Desjardins – Bootlegger, L’Authentique)

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(Photo : Jean-Desjardins – Bootlegger, L’Authentique)

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(Photo : Jean-Desjardins – Bootlegger, L’Authentique)

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(Photo : Jean-Desjardins – Bootlegger, L’Authentique)

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(Photo : Jean-Desjardins – Bootlegger, L’Authentique)

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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